‹ Du siége et la nature des maladies, ou nouvelles considérations touchant la véritable action du système absorbant dans les phénomènes de l'économie animaleChapitre 19 sur 24 · CHAPITRE VI IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI IL

Les Vaisseaux absorbans sont les seuls a gens delà nutrition et de i’ accroissement , ainsi que du décroissement et de la décrépitude .

Ajoutons un nouveau poids aux considérations précédentes, en rapprochant les phénomènes successifs que présente la texture intime des organes , depuis les premiers instans de l’existence jusqu’au dernier terme de la vie. Le degré d’importance des parties pourra se trouver ainsi facilement évalué par la manière progressive dont elles se forment et s’organisent, et par l’influence que leur action plus ou moins précoce , plus ou moins prolongée, leur donne sur l’économie animale.

Aussitôt après la conception, l’ovule, descendu dans la matrice, se recouvre de petites villosités qui en rendent la surface velue ou cotonneuse; ces villosités pompent les humeurs épanchées autour de ce petit corps et le pénètrent de celles qui peuvent servir à l’alimenter (i).

(i) Haller, Physlol. , t. vin , pag. iSg.

De son côte, l'utérus se revêt cî’une sorte d’exsudation inflammatoire, servant de base à la membrane caduque deHunter(i). Cette membrane accideutelle se réfléchit sur l’ovule, et lui envoie des radicules qui, se rencontrant et se confondant avec les villosités projetées de la superficie de celte vésicule gélatineuse , forment les premiers élémens des canaux chargés de transmettre la nourriture que recevra le fœtus dans le sein de la mère. Les premiers linéamens de 'organisme, à peine ébauchés, présentent donc à l’observateur des radicules absorbantes dont l’action préside au rapide accroissement qu’on remarque alors dans le germe.

Ce germe lui-même, n’étant encore qu’une masse muqueuse , en apparence homogène , offre pourtant , dès cet instant, les prémices de la texture cellulaire, dont les toiles diaphanes ^ont tellement abreuvées de liquides, qu’elles se dérobent aux regards. On peut alors comparer î embryon au corps vitré, lequel semble tout fluide au premier coup-d’œil, parce que la transparence de ses lames cellulaires ne permet pas de les distinguer de l’humeur dont elles sont remplies (2), ou bien encore à ces sortes de mé^

'0 Blu membach , Inst, physiol., pag. , C Biciiaî , Anatomie générale*

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duses paraissant de simples masses d'eau coa^ gulee , quoiqu’elles se nourrissent, digèrent 9 et soient douées de mouvemens volontaires comme les corps animaux plus compliqués. D’ailleurs, les mouvemens intestins qu’exige la nutrition prou veut qu’il existe déjà des vaisseaux dans ce petit corps, tout pulpeux quil paraît, vaisseaux dont l'action, ainsi que celle des radicules absorbantes , pompe incessamment les sucs nourriciers; de sorte qu'il est de la dernière évidence que les premiers vaisseaux formés sont les vaisseaux absorbans, de même que les premières membranes sont évidemment ces toiles cellulaires , tissues par l'entrecroisement plus ou moins varié de ces sortes de vaisseaux.

La moelle épinière et les nerfs commencent à rompre le voile de mucosité qui cache le tissu cellulaire vers les premiers momens de la conception. Le cœur et les vaisseaux se montrent ensuite dans un ordre tel que le système nerveux et vasculaire réunis sembleraient suffire à la création de l'homme tout entier. D'abord on n’aperçoit que de petits faisceaux ou filamens arrondis , blanchâtres , et semblables à des filets nerveux qui paraissent sortir d'un tronc commun, regardé par Leuwenhoek, Malpighi, Haller , Buffon , comme la moelle épi-

nière(i). Ces corps filamenteux flottent dans une humeur mucoso-gélatineuse; ils croissent et se propagent en s’appliquant les molécules du fluide dans lequel ilssont plonges. Ainsi naissent successivement de ces germes nerveux toutes les parties solides du corps humain; ainsi commence avec la vie le jeu de l’absorption; ainsi les filets nerveux eux-mêmes ne peuvent croître et se nourrir qu’en absorbant.

Le fœtus, enveloppé dans son germe, est encore réduit à un espace circonscrit et borné lorsqu’il se développe un point obscur qui répond àla situation du cœur et qu’on appelle punctum saliens. Des lignes rouges partant de ce point indiquent le trajet des plus gros vaisseaux. L’embryon s'étend alors rapidement sans cesser de paraître roulé sur lui-même, et, ce qui est digne de remarque , la tête forme la plus grande partie de son corps.

Ce monstrueux excès de grandeur queprésente le cerveau n’est pas en proportion avec le volume du cœur, qu’on regarde pourtant comme le premier organe mis en action. Il doit étonner ceux

qui ne reconnaissent pas le cerveau comme susceptible d’une activité prématurée, parce que les

(r) Damas, Physiologie , t. ir ; Blumembach , Inst, fhj sioL

jdo du siï'ge et de la nature

deux fonctions relatives au sentiment et au mouvement paraissent d’abord presque nuîles. Mais n’est-ce pas une raison de croire que cet organe a d’autres fonctions plus essentiellement liëes avecla nutrition? Ce n’est pas d’aujourd’hui qu’il est question du rôle important que le système nerveux peut jouer dans cette fonction. Le premier, formé par la réunion des premières radicules absorbantes et des premières laminules cellulaires, n’est-il pas naturel de penser qu’il est doué d’une action nécessaire à la formation des autres parties? Cette question nous occupera dans le chapitre suivant , auquel nous la renvoyons pour ne point interrompre la suite des progrès de la nutrition et de l’accroissement du fœtus, dont les phénomènes doivent nous fournir de nouvelles données qui viendront à l’appui de nos premiers aperçus.

Une fois que le cerveau et le cœur sont formés, l’accroissement semble redoubler d’un instant à l’autre; bientôt tous les membres, tous les organes se distinguent facilement. Les parties qui sont le centre d’une nutrition plus active se remplissent de sang, et toujours on les voit approcher du terme de leur accroissement avec une rapidité qui est en raison de leur importance. Ainsi le tissu cellulaire conserve toujours une prédominance marquée chez le fœtus, et,

une activité remarquable qui lui donne une couleur rougeâtre , lorsqu’il ne renfermera plus dans la suite que des humeurs blanches ; ainsi le développement des nerfs, également rougeâtres à cette époque, présente un phénomène qui le distingue essentiellement. Pendant que les artères, par exemple, suivent toujours le développement des parties où elles vont se rendre , les nerfs sont indépendans dans leur accroissement, et sont bientôt par-tout aussi gros qu’ils doivent l’être uu jour (i).

D un autre côté , si l’on en juge par les glandes lymphatiques, le système absorbant doit être très-déveîoppé et très-énergique. Ces glandes sont volumineuses, et la rougeur qu’on remarque indique l'importance des fonctions qu’elles exercent dès les premiersinstansde l’existence.

Toutefois, lesystème vasculaire artériel et veineux a paru plus remarquable aux anatomistes , trompés sans doute par la coloration des parties. On lésa même vus beaucoup exagérer la contractilité du cœur à cette époque, dans l’idée quecefc organe est le premier mobile de la vie. Mais des expériences directes ont prouvé que la contractilité du cœur peut moins facilement être mise en jeu,etqu’elle est moins durable avant la naissance

(Y; Bichat , Analomie générale.

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qu'à tout autre moment , et Bichat a reconnu d’ailleurs que le mouvement des humeurs dépend alors autant des forces toniques du système capillaire général que de celles du cœur. Trèsactives à cette époque , ces forces , dit-il , précipitent le cours du sang , et le rejettent dans le système veineux , etc. Or , nous avons vu que ce système capillaire général auquel Bichat attribue avec raison la plupart des mouvemens du sanget des humeurs dans le fœtus, faitpartie du système des vaisseaux absorbans; de sorte que l'activité qu’on voit ces vaisseaux , rendus à leur véritable nature , déployer dans cette circon-r stance , détruit l’apparente contradiction que ce physiologiste trouvait entre le précoce dévelop^ peinent des glandes lymphatiques, et l’inertie dans laquelle il supposait tout le système absor-* haut dans le sein de la mère.

Voyons maintenant si ce qui se passe dans l’intérieur des membres, et concourt à la nutrition particulière de chaque partie, nous fournira des lumières capables d’éclairer encore la véritable marche de la nature , et pénétrons d’abord dans la profondeur des os.

Dans les premiers jours du développement de 1 embryon, les os sont dans un état muqueux, si par ce mot on entend un état où le tissu cellulaire, existant seul, est pénétré d’une si grande

quantité de sucs , qu’il a l’apparence d’un mucilage. A une époque plus avancée , les os se distinguent déjà , se dessinent à travers la transparence que conservent les autres parties du membre ; ils ont déjà une consistance bien supérieure à celle des parties qui les entourent : c’est le commencement de l’état de cartilage , et le parenchyme de nutrition s’approprie dès-lors de la gélatine. Ce premier acte de la nutrition osseuse s’accomplit indépendamment de l’influence du san^ ; on le voit commencer aussitôt que le système vasculaire contient de la gélatine, et que la sensibilité du parenchyme des os s’est mise en rapport avec cette substance de manière à 1 absorber. Lorsque ce parenchyme est devenu cartilagineux, et qu’il n’a plus quequeîques points encore muqueux , on voit l’état osseux s’y manifester. D’abord ce corps devient plus dense , puis d’une couleur plus foncée, enfin d’un jaune très-sensible dans son milieu. Petit à petit un point rougeâtre s’y fait apercevoir : ce sont des vaisseaux qui commencent à se remplir de sang , et non à se développer, comme l’ont prétendu certains anatomistes ; ce sont des vaisseaux que les sucs blancs pénétraient seuls auparavant. L’abord du sang dans les cartilages entraîne toujours l’exhalation du phosphate calcaire; on voit toujours daus les os , soit longs , soit courts , soit

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plats , une couche vasculaire très- rouge, intermediaire au cartilage et h la portion ossifiée.

Ainsi les vaisseaux des os qui, jusque là, recevaient des sucs blancs, admettent une grande quantité de sang, non parce que leur calibre augmente , mais bien parce que la somme de leur sensibilité s’accroissant, ou cette propriété se modifiant d’une manière qui nous est inconnue, ils se trouvent alors en rapport avec ce fluide , qui, jusque là, leur était étranger, et l’absorbent (i). Personne ne doute en effet que le sang ne porte dans le parenchyme des os la matière terreuse qui doit compléter la nutrition dans ces organes: mais il est également évident que si les artères charrient ces matériaux , les vaisseaux absorbans les mettent seuls en œuvre , absorbent d’abord la matière qui produit le cartilage, absorbent encore celle qui doit constituer la partie dure ou compacte , et font enfin, par l’action dont iis sont pourvus, que le cylindre osseux, d’abord solide ou plein, se creuse peu à peu pendant le travail de l'ossification (2).

Comparons maintenant l’état dans lequel se trouvent les muscles à celui que nous venons de

(1) Bicliat , Anatomie générale.

(2) Sœuimering , de Corp. hum. Fabr .

reconnaître dans les os. D’abord les muscles sont, dans le principe , confondus , comme toutes les autres parties, dans la masse muqueuse: c’est 1 instant où les parenchymes de nutrition existent seuls , et sont les mêmes pour tous les organes. Insensiblement on voit les muscles se prononcer et prendre une teinte plus foncée , à cause du sang qui s’y introduit. Toutefois, cette teinte n est pas uniforme, et reste , jusqu’à la naissance, moins foncée que chez l’adulte. Dans ce dernier, le dedans des os est moins rouge que le tissu musculaire : c’est le contraire chez le fœtus. La nature distribue le sang d’une manière inverse à ces deux époques de la vie, dans ces deux systèmes d’organes. Les muscles sont grêles et peu saiilans chez le fœtus; le système nerveux y prédomine alors sur le musculaire , ce qui fait dire à Bichat que les muscles ne sont pas une terminaison , un épanouissement des nerfs , deux espèces d’organes dont le développement est inverse ne pouvant appartenir au même système.

Mais il serait facile de se servir du même raisonnement pour nier aussi la participation du tissu cellulaire à la texture de la plupart des membranes ; car ce tissu se trouvant encore plus développé que le système nerveux , ne devrait, à ce compte, faire la base ni du système sé-

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reux, ni du système dermoïde, ni du système fibreux, dont le développement est bien moins précoce que celui du tissu cellulaire lui-même.

Convenons que Bichat s’est laissé, dans ce cas, entraîner à donner trop de réalité à ses divisions systématiques: n’aurait-il pas dû penser que le système nerveux est un système générateur qui sert de base à tous les autres , qui est , en quelque sorte , à lui seui toute l’économie animale , ce q u.i n écess i l a i t ce p réco ce d é ve 1 o p pe m e n t q u ’o n lui a reconnu ; tandis que les muscles ne sont que des organes secondaires dont F exercice est trèstardif, au moins dans les membres , car le cœur prouve que certaines parties de ce système peuvent avoir un développement et une activité prématurés, selon l’importance des fonctions auxquelles la nature les appelle. D’ailleurs , la partie solide des muscles , celle qui est formée par l'expansion nerveuse , le tissu cellulaire , les vaisseaux, en un mot, celle qui dépend de cette nutrition opérée, selon l’expression de Quesnay, dans les cylindres primitifs , est aussi avancée dans sa croissauce que toute autre partie : seulement ces élémens du muscle restent inactifs ou dans une langueur manifeste , parce qu’ils n’ont pas encore rencontré dans les fluides circulans îe stimulant qui doit ranimer leur activité. Ils vsont ce qu’ils doivent être un jour , mais à-peu-

près vicies de cette grande quantité' de fluides qui leur donnera par la suite le volume et la coloration qui les distinguent. La teinte livide qu’ils présentent avant la naissance ne vient que des artères et des veines qui les parcourent ; mais leur système capillaire et fibrillaire , véritable faisceau de fîlamens cellulaires et nerveux, et de radicules absorbantes, ne contient encore que des fluides blancs, ou bien se trouve dans l'affaissement , non parce que l’accroissement des muscles est en retard, mais, au contraire, parce que la structure de ces organes est si simple qu’ils sont déjà ce qu’ils doivent être , et n’attendent que la présence de l’agent susceptible de les mettre en action.

La plupart de ces considérations s’appliquent aux différens tissus membraneux. La peau n’est d abord qu’une espèce d’enduit gluant qui semble se condenser peu à peu , et forme une enveloppe transparente au travers de laquelle on voit les organes subjacens. La ténuité en est extrême à cette époque, où l’on aperçoit déjà se former les fibres du cborion. Jusque là le tissu cellulaire la composait spécialement; et comme nous avons vu que ce tissu se trouve abondamment rempli de sucs pendant les premiers temps, il n’est pas étonnant qu’elle soit alors diffluente sous la moindre pression. A mesure que la peau

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s’organise, on la voit se pénétrer de sang; les nerfs y sont aussi très-développés comme partout ailleurs, et s’y confondent avec le tissu cellulaire et les vaisseaux absorbans. Il en est de même des autres membranes; leur origine est toujours une toile cellulaire d’une fiuesse extrême, et plus ou moins abreuvée de sucs visqueux; elles se condensent d’abord, et puis les modifications de la vitalité des petits vaisseaux qui les composent, jointes aux différens entrecroisemens qu'ils affectent, finissent par leur donner des caractères qui les distinguent entre elles, et les rendent propres à des fonctions de diverse nature.

Ainsi, depuis l’origine de l’embryon, depuis l’instant où il apparaît enveloppé d’une vésicule membraneuse, au milieu d'une gelée limpide et tremblante, jusqu’à la naissance du fœtus, on voit les systèmes absorbant, cellulaire et nerveux également doués de sensibilité, servir de base à tous les organes, s’approprier, en vertu de certaines modifications de cette sensibilité, les molécules qui peuvent opérer la nutrition des diverses parties dont ils forment le parenchyme primitif. On voit , dans le principe, ces systèmes se confondre sous la forme de tissu cellulaire, ou plutôt n’être encore que ce tissu élémentaire; on voit , de ce tissu , naître la

moeiïe épinière , Je cerveau , le cœur; on voit commencer 1 ensemble des fonctions sous l’empire de cette sensibilité élective qui a présidé à la réunion des premières molécules du corps, et doit en effectuer le renouvellement et l’entretien pendant la durée de la vie; on voit, enfin, la contractilité du cœur ne jouer d’abord qu’un rôle secondaire, et cet organe n’avoir que de faibles mouvemens , incapables d’être la source de cette active circulation que l’on remarque à cette époque dans les capillaires, quel que soit le fl uide qui les parcoure.

On peut dire, sans s’écarter de la vérité, que le fœtus, après avoir présenté l’image d’un zoophyte, d’un animal à sang blanc, dans ses premiers instans, remonte à la ressemblance d’un animal à sang froid , dont le cœur n’a qu’un seul ventricule, dont le sang et les humeurs ont des qualités moins stimulantes qu elles ne les auront par la suite ; comme si la sensibilité du solide animal avait besoin de passer par ces divers intermédiaires pour se préparer à recevoir la vive impression du sang imprégné des nouveaux principes que doit lui transmettre la respiration ; ou peut-être parce qu’une excitation plus vive, portée sur la sensibilité vierge de ces parties élémentaires, jetterait le trouble dans les préludes de l’action

vitale qui préside aux premiers travaux de l ac eroissement et de la nutrition.

Mais enfin le foetus voit le jour; il respire; la peau reçoit la vive impression de l'air, d’au» tant plus irritante qu'elle est nouvelle; cette impression exalte la sensibilité des vaisseaux absorbans cutanés, et leur fait attirer le sang, de manière à donner à toute la surface du corps une couleur rouge très-vive. C/est alors que la puissante sympathie qui lie cet organe à tous les autres s’exerce d’une manière manifeste et sans doute pour la première fois. Tout, au dedans, se ressent bientôt des excitations nouvelles appliquées au dehors. L’évacuation des urines , celle du méconium sont des indices de ce mouvement général , de cette agitation presque subite de tous les muscles involontaires.

D’un autre côté , l’on voit s’opérer un changement remarquable dans la circulation sanguine. Le cœur , désormais divisé en deux ventricules distincts , n’envoie plus dans les parties qu’un sang modifié par l’élaboration des poumons que le contact de l’air a mis en action ; et le sang qui revient des extrémités au cœur est le seul qui rappelle la couleur et les qualités de celui qui circulait dans le fœtus. L’abord de ce nouveau sang artériel dans les parties, et hors des voies de la circulation sanguine , donne une

DES MALADIES. l£t

aclu ito toule particulière aux mouvemens in» tesiins.

Le tissu cellulaire, dont les cellules, quelque temps avant la naissance , étaient devenues plus apparentes, diminue dans la masse totale qu’il présente. Toutefois , il est encore long-temps prédominant , comme le prouvent les formes «u i ondies de 1 enfance , la souplesse et la mul— tiplicité de ses mouvemens , de même que les maladies fréquentes dont cet organe est le siège à cet âge , parce qu’il conserve jusqu’à la jeunesse une energie vitale extrêmement marquée

Le système nerveux prédomine aussi sur tous les autres systèmes par un grand développement long-temps après la naissance et pendant toute la durée de l’accroissement. Le développement et l’action de ce système chez l’enfant l’exposent , ainsi que le système cellulaire , à de fréquentes maladies. Telle est alors la susceptibilité du cerveau pour répondre aux diverses excitations lointaines, que pour peu que ies douleurs soient vives dans une partie quelconque , il survient dçs convulsions; et non-seulement les fonctions nerveuses sont fréquemment altérées par sympathie chez les enfans , mais c’est spécialement à cet âge qu’on trouve le plus de maladies organiques dans le cerveau , la moelle épin ière , les nerfs et les organes qui en dépendent :

les fongus cérébraux, le spina bifida, 1 hydrocéphale, etc., en sont une preuve manifeste. La grande quantité de sang qui arrive encore alors au système nerveux influe beaucoup sur ces phénomènes. Or, cette surabondance de sang est ellemême appelée par un surcroît de forces vitales, qui n’abandonne ce système que vers le terme de l’accroissement, époque à laquelle les maladies y deviennent moins fréquentes, parce que ce système se met enfin au niveau des autres.

D’un autre coté , les mêmes physiologistes qui reconnaissent à peine l’absorption dans le foetus, conviennent que les vaisseaux et les glandes lymphatiques prédominent éminemment dans l’enfance. Mascagni a vu l’injection des lymphatiques réussir mieux sur les cadavres des enfans que sur ceux des jeunes-gens. Les glandes de ce système sont encore très-développées après la naissance ; on y remarque une vie propre beaucoup plus prononcée que par la suite, et une disposition plus grande aux maladies , circonstances qui doivent faire supposer dans le système absorbant , comme dans le système cellulaire et nerveux , un très-grand développement de forces vitales , et , par cela même , des fonctions plus énergiques.

Mais pendant que la prédominance du système absorbant est reconnue dans l’enfance par

tous les anatomistes, on ne laisse pas que d’accorder la même prérogative au système vasculaire à sang rouge. On répète qu’au-delà de la naissance il prédomine encore long-temps par un développement plus considérable et parmi plus grand nombre de rameaux. On assure qu’il y a dans l’enfance beaucoup plus d’artérioles oit le sang rouge pénètre qu'il n’y en aura par la suite , ce qui , dit-on , subsiste jusqu’à la fin de 1 accroissement. D où 1 on conclut qu’il y a dans les tubes artériels un calibre plus considérable à cette cpoque qu il ne le sera dans un âge plus avancé (i). Mais ici , nous ne craignons pas de l’assurer, on a été trompé par l’apparence. Les artères n’ont dans l’enfant , comme dans le fœtus , qu’une dimension proportionnée aux parties qui les reçoivent. Ces vaisseaux ne présentent pas, comme les nerfs et les lymphatiques, un accroissement prématuré. Le pouls de l’enfant est plus remarquable par la vitesse et la vivacité que par la force et la plénitude ; que si plusde sang pénètre les parties, colore certaines surfaces , certains parenchymes dans lesquels on ne verra bientôt plus que des fluides blancs, ce n’est pas que les artères soient plus nombreuses; on sait que ce genre de vaisseaux ne

ï) Bidiat , Anatomie centrale.

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saurait se multiplier et s’effacer d’un moment k l’autre; ce n’est pas que les artères soient plus remplies , c’est au contraire parce qu’une plus grande quantité de sang en a été retirée par les vaisseaux absorbans pour le travail de la nutrition , généralement précédé de l’abord de ce liquide dans cet ordre de vaisseaux. Voilà pourquoi les périodes de la vie où l’on peut regarder les vaisseaux absorbans comme dans la plus grande activité , présentent cependant une rougeur presque universelle dans la plupart des organes et sur les principales surfaces.

En effet , nous avons vu les os in jectés de sang chez le fœtus , et ils conservent cette teinte rougeâtre dans l’enfance et jusque vers la puberté ; car, lors meme que l’os a toutes les dimensions requises , il est encore le siège d’une nutrition très-active. Sans cesse l’exhalation y verse des substances gélatineuses et calcaires que la résorption en retire ensuite, de sorte que ceS organe est sans cesse composé et décomposé. L’expérience de la garance prouve cette assertion d’une manière évidente , ainsi que la formation et la résolution des exostoses , les phénomènes de la formation du cal et quelques autres de la même nature. Or , les os n’ont pas plus d artères dans l’enfance qu’ils n’en auront quelques années plus tard. 11 se passe alors dans

D ES MALADIES

leur inferieur ce qu’on remarque à l’occasion (l’une fracture : des vaisseaux qui ne font point partie du cercle circulatoire sanguin attirent le sang des artères dans leur intérieur et lui font subir un travail dont les détails échappent à notre faible intelligence , mais dont les résultats nous sont parfaitement connus par la formation du cal. Si dans les fractures le sang restait dans les artères au lieu de colorer les bourgeons charnus, il n y aurait pas de production nouvelle ; d où 1 on peut conclure que, malgré l’apparence , ce n est pas le système sanguin qui est développé dansl’enfance et contient cette grande quantité de sang artériel répandu dans toutes les parties , mais bien le système absorbant , éminemment occupé de la nutrition, et dont la sensibilité se modifie de telle manière , il faut sans cesse le redire , qu’il peut admettre et conserver toutes sortes de fluides, et même de mole eu les solides, suivant les divers besoins de la vie.

muscles nous présentent encore une preuve de ce que nous avançons. A la naissance, on voit le sang rouge en pénétrer l’intérieur, non Pas fouf'à-coup, mais peu a peu, parce que la couleur qui les distingue ne dépend pas du sang circulant aans les artères , mais de celui que la nutrition attire et combine dans les fibres. La

présence du sang artériel ranime la vitalité de cette multitude de petits canaux qui , dans le fœtus, étaient affaissés el inactifs. La sensibilité de ces canaux étant en harmonie avec cette espèce de sang , ils s’en pénètrent, le modifient sans doute, et les muscles n’ayant en quelque sorte pour tout, travail nutritif que cette ampliation des fibres , croissent et se nourrissent d’abord après la naissance beaucoup plus rapidement que les autres organes. Ils prennent une teinte de plus en plus foncée jusqu'à l’àge mur, et cette couleur des muscles , indépendante du sang circulant dans les artères, dont la teinte est uniforme , varie beaucoup dans les différens sujets, et quelquefois d’un membre à l’autre, sous Lin-s lluence d’une multitude de causes étrangères à la circulation sanguine.

Il ne serait pas difficile d étendre plus loin ces déveioppemeus ; mais il suffit de ce qui précède pour eu inférer que , si dans le sein de la mère , Je système absorbant était seul chargé de tout le travail de la nutrition et de l’accroissement , les pliangemenssurvenus depuis la naissance, loin de faire cesser le rôle important qu'il jouait dans le fœtus, n’ont fait que lui donner une activité plus grande. Egalement occupé à choisir et à distribuer les matériaux nécessaires au développement du corps, recevant dans l'enfance, de la

part du sang artériel, une excitation d’autant plus forte qu’elle est nouvelle, il est, à cet âge, au plus haut degré de puissance et d’énergie.

I) un autre coté, la connexion naturelle qui se trouve entre le système nerveux et les systèmes absorbant et cellulaire n’acquiert-elle pas un nouveau degré de certitude , quand ou voit dans le premier âge les forces habituellement tendues et dirigées vers le cerveau comme vers les glandes lymphatiques ; quand on suit avec une scrupuleuse attention cette parfaite simultanéité de d éveloppement et d’affections qui se montre constamment, depuis la naissance jusqu’à la fin de 1’ accroissement, entre le système nerveux et le système absorbant et cellulaire ?

Enfin ce qui précède ne nous dissuade-t-il pas déjuger de la nature des vaisseaux capillaires d après le fluide que ces vaisseaux contiennent 9 puisqu'on a pu se convaincre que le même vaisseau pouvait tour-à-tour porterie nom de capillaire lymphatique ou filet cellulaire, de capillaire sanguin, de fibre musculaire , de fibre osseuse, selon les différentes phases de l’accroissement ? d où il suit qu’il faut beaucoup restreindre le nombre des capillaires sanguins , et réduire ces vaisseaux au rôle circonscrit qui est l’apanage du système artériel , rôle qui consiste à présenter incessamment à l’artisan de la vie, le système

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absorbant , les molécules alimentaires dont le choix et le renouvellement constituent la nutrition et entretiennent l'existence.

Jetons maintenant un rapide coup-d’œil sur les phénomènes que présentent l’adolescence et les dernières périodes de ia vie , et cherchons à voir comment s’opère le décroissement dont l’influence amène la dissolution totale , et l’exi;inction des fonctions auimales parla décomposition successive des organes.

Dans l’adulte, le tissu cellulaire se condense et se raffermit , les lames de ce tissu prennent une texture plus serrée > moins de fluides , moins de sang les pénètrent , une partie des vaisseaux qui le composent se vident et se retirent sur euxmêm es. Celle diminution des fluides, ce premier degré de dessèchement est le prélude des mouvemens de résorption qui vont prédominer dans le système absorbant , et se mettre insensiblement à la place des mouvemens d exhalation qui avaient jusqu’ici présidé à l’accroissement. Le système nerveux perd aussi de sa prépondérance, de meme que le système cellulaire; mais le système vasculaire sanguin semble prendre, au contraire , plus d'amplitude lorsque la croissance est arrivée à son terme. Dans les sujets de trente-six à quarante ans, les artères sont constamment plus grosses que dans ceux

de seize à vingt. Ces vaisseaux sont en même temps plus remplis, et vont toujours en augmentant de densité et d’épaisseur. Les veines participent à cette pléthore générale qui semble se manifester à cette époque; on y remarque plus de développement, plus de saillie, et tout Prouve que plus de sang les parcourt habituellement. D un autre cote , la couleur des muscles commence à devenir d’un rouge moins vif au-delà de la trentième année , les os blanchissent , tout, en un mot, annonce l’affaiblissement oe cette force qui avait jusque là puisé de si nombreux matériaux dans le sang.

L’espèce de lassitude que commencent à éprouver les vaisseaux absorbans d’exhalation, le réveil , au contraire, des absorbans de résorption, dont le jeu tend à faire passer dans les veines les fluides qui imbibaient les tissus dans l’enfance et la jeunesse , donnent l’explication naturelle de cette pléthore artérielle et veineuse qui survient à la fin de 1 accroissement. Moins les absorbans d exhalation puisent dans les vaisseaux sanguins, plus, au contraire, les absorbans de résorption enlèvent de fluides à nos parties pour les dégorger dans les veines, et plus il doit s’eu trouver dans le cercle circulatoire sanguin. Aussi voit-on que I âge adulte et celui qui lui succède sont les l ‘us exposés aux maladies que peut entraîner

îa trop grande abondance du sang, jointe à une activité vitale dont l’énergie est encore entière ou se trouve à peine tempérée.

Toutefois, à mesure qu’on avance en âge, les particularités que nous venons de signaler vont toujours en augmentant. Le tissu cellulaire , qui s’était raffermi chez l’adulte, se dessèche et se durcit chez le vieillard. Beaucoup moins de fluides s’y exhalent, beaucoup plus en sont résorbés , ce qui donne aux mouvemens une sorte de rigidité qui les rend difficiles. La flétrissure que cet organe éprouve concourt à la diminution générale que le corps subit à cette époque. Une partie des filets cellulaires restent vides et inertes; le sang ou les fluides ne font plus sur les orifices de ces petits vaisseaux qu’une faible impression, peu capable de mettre en jeu leur vitalité presque éteinte. L’action du cerveau diminue dans la même proportion. Cet organe devient terne et consistant; les vaisseaux s’y affaissent et s’y désemplissent, et les phénomènes qu’il présente sous l’action des réactifs s'obtiennent plus tard que chez l’adulte. On pense bien que les nerfs subissent les mêmes changemens que le cerveau. Les glandes, de leur coté, cessent d’être pulpeuses et rougeâtres; l’humeur dont elles étaient imprégnées, après ^voir diminué peu h peu, s’est entièrement

épuisée; ces organes s’affaissent même quelquefois et disparaissent avec l’àge (i).

La peau , qui a de si intimes liaisons avec le système nerveux et le système absorbant et cellulaire , devient, aussi , dure et coriace; elle perd sa couleur rosée pour prendre une teinte jaunâtre et foncée. Les forces vitales s’y affaiblissent, l’inhalation y devient languissante. Les sueurs sont moindres, tandis que les surfaces muqueuses, surtout les pulmonaires, entraînent au dehors des flots de mucosités.

L’intérieur des os présente des changemens encore plus remarquables. Les absorbans d’exhalation avaient apporté dans ces organes les matières gélatineuses et calcaires qui leur donnaient la cohésion et la dureté nécessaires à leurs fonctions; les absorbans de résorption enlèvent peu à peu ces matières chez les vieillards : aussi les os sont, à cet âge , d’une difficile conservation , et présentent moins de dureté, moins de pesanteur que dans l’age adulte; la substance compacte a diminué d’épaisseur, les ceilules des tissus spongieux sont devenues plus amples, la cavité médullaire s’est agrandie, les vaisseaux sanguins ont pris plus de calibre ; en un mot, les parties constituantes des os,

(i) Ruisch.

X'J'l DU SIEGE ET DE LA NATURE

dissoutes et divisées, rentrent, vers le terme de la vie, dans le torrent de la circulation, engorgent les vaisseaux sanguins, se déposent avec la plus grande facilité, tantôt sur une partie, tantôt sur l’autre, et produisent souvent d’une manière inattendue de funestes ossifications (x). Ainsi, tandis que de certaines parties, maintenues d’abord dans un heureux étal de souplesse, au moyen des sucs qui les abreuvaient, se dessèchent et se racornissent par le double effet du sommeil des vaisseaux absorbans d’exhalation , et de l’activité toujours continuée des absorbans de résorption, les os, de leur côté, par l’effet des memes causes, perdent, au contraire, leur dureté, tendent, en quelque sorte, à reprendre le premier état de mollesse, et à se trouver réduits au simple parenchyme nutritif, lequel serait à son tour desséché comme le tissu cellulaire, s'il était possible que la vie se maintînt assez long-temps dans des organes plus essentiels, pour atteindre ce dernier degré de résorption.

Le tissu musculaire change également d une manière remarquable dans les dernières années de l’existence; les fibres en deviennent dureset résistantes comme les tissus cellulaire et der-

(i) Toyez l’interessant Mémoire de M. Ribes ; A îém* de la Soct méd . d' îLmul . , t. viu, pag. 619 et suiv-

moi Je, et pourtant on les trouve, comme ces organes , avoir perdu toute cohésion ; les fibres sont lâches, flasques, se fatiguent facilement, et ce défaut d’énergie s’accompagne delà décoloration. Les muscles perdent la belle couleur rouge qui les distinguait et deviennent jaunâtres, exactement comme ceux de ces organes qui s’atrophient par accident chez l'adulle. La partie colorante du sang se retire des fibres musculaires, rentre dans le torrent de la circulation , et laisse ces parties à-peu-près dans le meme état de vacuité qui s y faisait remarquer avant la naissance.

Cependant le système vasculaire sanguin se remplit de plus en plus. Le pouls des vieillards bien portans étonne par la plénitude et la dureté qu’il présente, en même temps que le calibre des artères est très-considérable chez eux. Cette dimension forme un tel contraste avec l’état de déssèchement qui survient presque toujours à cette époque, qu’on a peine à concevoir comment Bichat a pu n’y pas faire attention, et fonder certaines de ses théories sur une assertion tou t-a* fait contraire. Toutefois, avant ce physiologiste, Bordeu , à la sagacité duquel cette vérité ne pouvait échapper, assurait positivement que le pouls des vieillards est beaucoup plus fort, beaucoup plus dilaté, beaucoup plus

dur que celui des enfans, et que le pouls dea adultestientle milieu entre ces deux extrêmes (i). Et qu’on ne dise pas que la grande dureté du pouls du vieillard tient à la densité des parois artérielles; car il ne faut qu’une diarrhée, qu'une causé quelconque d’affaiblissement pour voir le même individu qui présentait cette dureté ne plus offrira l’observateur qu’un pouls mollasse et sans ressort.

Tandis que les artères présentent les dispositions que nous venons de signaler , les veines deviennent extrêmement prononcées, sans que ce développement plus grand suppose autre chose qu’une simple ampliation accompagnée de la dilatation et de l’afTaiblissemenl des parois de ces vaisseaux : aussi les vieillards sont-ils sujets aux varices , comme ils sont exposés , par la trop grande plénitude des vaisseaux sanguins, aux apoplexies qui viennent de 1 injection passive ou de la déchirure des capillaires du cerveau.

Les traits rassemblés dans ce faible tableau des altérations produites sur nos organes parla succession des âges, nous montrent donc les vaisseaux absorbaus chargés des premiers comme des derniers mouvemens qui s'opèrent dans l'économie animale, et nous présentent ces va:s-

(1) Traité du pouls , t. i.

D E S M A LADIES

seaux toujours eu action , ne cessant de composer ou de décomposer. Nous aurions pu même les faire voir agissant encore lorsque déjà la vie générale est perdue sans retour. Quelle plus forte preuve donner de l’importance de cet ordre de vaisseaux? Quel autre système pourrait-on lui comparer? L’embryon vit déjà , croît et se nourrit sans autre secours que les vaisseaux absorbans; car l’absorption suffit à tout dans les premiers jours de l’existence.Tanrlis que la circulation sanguine, loin d être une fonction aussi essentielle qu’on le dit communément, loin d être une fonction mère dont toutes les autres dépendent, ne saurait s’établir si les travaux préparatoires de l’absorption ne lui fournissaient pas les organes qui lui sont nécessaires ou les' formaient imparfaits , et n’est qu’un phénomène secondaire qui ne s’exécute pas de la même manière chez tous les animaux et manque dans un grand nombre. Nous venons de voir celle circulation sanguine uniquement chargée , dans i homme, de présenter aux bouches absorbantes les matériaux de la nutrition, et de recevoir les molécules ou les fluides enlevés aux parenchymes ou aux cavités par les vaisseaux absorbans; nous venons de la voir , en un mot, n’ètre qu un vaste réceptacle sans autre action que celle qui suffit à la progression lente et me-

surëe du fluide quelle pousse du cœur aux extrémités et qu’elle ramène des extrémités au cœur.

Mais ce qui , surtout , est remarquable dans le tableau que nous venons de tracer, est cette révolution qui s’opère dans le système des vaisseaux ahsorbans, révolution qui , changeant en quelque sorte la direction des impulsions et des courans , amène inévitablement la dissolution des parties et le terme de la vie; révolution qui fait supposer que le système des vaisseaux absorbans n’est pas un tout dont l’ensemble et les parties se trouvent nécessairement liés et dépeudans; mais que les vaisseaux de ce système se ressemblant tous par les propriétés qui les caractérisent, produisent néanmoins des effets différens et même tout-à-fait contraires , vérité du plus grand intérêt , qui trouvera des preuves et des développemens dans la suite de cet ou¬

vrage.

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