A CN CAMÉLIA
Kleurtft'Aîver, yousêtesbelle, Votre coroHe étincelle
Deblandieur; Mois là , sur cette fenêtre, La contrainte vous fit naître ,
Pauvre fleuri
Pour TOUS, fleur dépaysée, Le printemps n'eut ni rosée Ni chaleur ;
DU SONIIEIL. 91
La serre, Moleii factice,
Eiitr*ouvril yotre calke.
Pauvre fleuri
Avant que â^étre fanées
Lei feun ont qudqueâ journées
De9i0imuri Mais rhiver est froid; il gèle.
Il pleut, ie vent saugU^ U grtte,
Pauvre .fleuri
Hélas I vous veniez d^éelore , Pour vous f espérais encore ,
Mais malheur!
Une femme vous demande , Faut-il déjà qu'ion vous vende.
Pauvre fleur!
Ce soir, —c'est une coquette, r- Vous serez -pendant la fête
Sur un cœur Que le plaisir seul agite , Et le plaisir flétrit vite.
Pauvre fleur!
G. M ANCEL.
Ces stances ont été composées après un bal auquel l'auteur avait assisté. L'idée lui en vint pendant son sommeil qui la rima d'un bout à l'autre ; mais y à son réveil , il ne retrouva que ce qui en est imprimé en caractères ordinaires ; tout ce qui est en italique a été ajouté dans l'état i de veille. Je remarque seulement qu'au premier vers le rêve
avait donné « Pleur d'Orient, » ce qui, si le mot « Orient > pouvait être pris comme un disyllabe , vaudrait beaucoup mieux que l'expression « Fleur d'hiver , » que le besoin de
92 XW.MMIMEU..
la mesure y a fait substituer. Pierre Cally , professeur d'éloquence et de philosophie à ranciennâ Université de Caen , admire, non sans raison , cette élégante traduction du dicton vulgaire : « Les maladies viennent à cheval et s'en retournent à pied »
Aocedunt équités inorU peiil*9qee recedunt,
trouvée en rêve par un de ses compatriotes. Voyez Anthropologia, in-4-., Caen , 1683 , lib. III, c. Il, artic. 2, p. 258.
(96) P. 46.— Voyez Macnish , Phihsophy of sleep, p. 108.
(37) P. 46. — Je ne retrouve, pour le moment, ni dans mes papiers , ni dans ma mémoire , le nom de Técrivain à qui je dois ce détail, mais j*en garantis l'exactitude. Casimir Bonjour a raconté lui-même cette circonstance de sa vie dans un morceau lu par lui à T Athénée eu 1849 ou 1843, et mon collègue, M. Hippeau , qui assistait à la réunion où cette lecture eut lieu, se rappelle le fait comme je l'ai raconté. — Lorsque Lavalette , condamné à mort, attendait en prison l'heure fatale où la sentence devait être exécutée , il eut ce rêve qu'il noqs a conservé dans ses Mémoires, « Une nuit, dit-il^ pendant mon sommeil, l'horloge du palais de justice sonna minuit et m'éveilla. J'entendis la porte s'ouvrir pour relever la sentinelle, mais je me rendormis immédiatement. Je rêvai alors que j'étais debout dans la rue St.-Honoré , au coin de la rue de TEchelle. Une sombre obscurité régnait autour de moi ; tout était silencieux. Cependant un bruit faible et incertain s'éleva bientôt. Tout-à-coup j'aperçus à l'extrémité de la rue et s'avançant de mon côté une troupe de cavaliers entièrement écorchés , hommes et chevaux. Les hommes tenaient dans leurs mains des torches, dont les feux rougeâtres éclairaient leurs faces dépouillées et leurs muscles sanglants. Leurs
OtJ SOMIIEIL. 9)
creuses prunelles roulaient d'une manière effrayante dans leurs larges orbites ; leurs bouches s'ouvraient d'une oreille à l'autre , et des ctitques de chair pendante couvraient leurs tètes hideuses. Les dievaux traînaient leurs peaux dans des ruisseaux de sang qui coulaient des deux côtés. Des femmes pâles, échevelées, paraissaient aux fenêtres et disparaissaient alternativement danrs un affreux silence ; de faibles sons, inarticulés et plaintif, remplissaient Vhit, Je restais seul dans la rue , pétrifié d'horreur , et n'ayant pas assez de force pour dxercher mon salut dans la faite. Celte horrible troupe continuait à passer au grand galop , et en jetent sur moi des regards glacés. Leur mardie, dans ma pensée, durait depuis mnq heures. Ils furent Biftivis d'une immense quantité de chariots d'artillerie remplis ie cadavres couvert» àer sang , dont les membres palpitaient encore ; une odeur fétide de sang et de bitume m'étouffait. Cependant la porte de fer de la prison , roulant sur ses g<»d8 avec un grand brait, m'éveilla de nouveau'. Je fis sonner ma montre : il n'était encore que minuit* Toute cette horrible phantasmagorie n'avait pas duré phis de deux ou trois miputes, c'est-à-dire le temps nécessaire pour relever la sentinelle et refermer la ports. » -^ Je n'indique point le volume, ni la page des Mémoires de Lavalette où se trouve ce pacage, n'ayant pu me prooiurer l'ouvrage; je dois même ajouter que les lignes qu'on vient de lire ne sont pas de l'auteur lui-même, coaune je l'aurais voulu , et qu'il m'a fallu- les remettre en fieançaissurla traduction anglaise que Macnish en adonnée à la page 71 de sa PkHoBophde dn sammeiL
(88)i Le roman, que je ri^ppelle ici, est intitulé : Le blâme et le notr.
(3B> P, 47. --. PkOosephy oftleep , p. 7L
(40^ c Time , in fact , seems to be in a great mesure annihilated. > PhU. ofsUep , p. 69. Ce qu'il ajoute est plu*
SA DU somiEiu
pràs dé la rérité. c An extensive period is reduced* a&it were, to » single point, or rather a single point is made to embrace an extensive period. » Quant à Tidée du temps , Joseph de Maistre va jusqu'à prétendre que jamais nous ne l'avons dans nos songes {'Soirées de St.-Pékre^ bourg ,5®; édit., t. II, p. 276); c'est une erreur : qiMlques expénences prises au luisard , entre mille , ne me kissent pas le moindre doute sur ce point, ici , c*es( une voiture que. je manque, parce que j'arrive trop tard; là, c'est lie retour d'un personnage qui 8*est absenté et que j'attende avec plus ou moins d'émpaUence; ailleurs r c'est un ami que je trouve encore levé à une heure irèt-cwaneSe et à qui je demande pourquoi il ne s'est pas couché comme à son ordinaire ; cette nuit même ( 30 mars 1851 ) j*arrivats à 8 heures moins 20 mimites du matin à la Faculté où mes collègues m'attendaient depuis 7 heures ; et je les priais de me psurdonuer ce retard bien involontaire ; j'étais convaincu que nous ne devions nous réunir qu'à 8 heures , et, me croyant en avance, j'avais fait le trajet- des Viâlles- Carrières à la rue de la Chaîne aussi lentement que possible , afin de ne pas arriver par trop tôt. Je citerais une foule d'autres rêves du même genre . s'il en était besoin ; mais je puis faire mieux , et renvoyer ceux qui penseraient comme De Maistre à tous les rêves , de quelque nature qu'ils soient; tous , sans exception, distinguent des scènes dont les unes précèdent , dont les autres suivent : cette idée de priorité et de postériorité, qu'est-ce donc, sinon celle du temps? Ainsi je verrais partout ce que quelques observateurs malheureux n'ont aperçu nulle part. (41) « N'est-il pas vrai' que vous pouvez lire en une heure l'abrégé de l'Histoire des Perses écrit par Zoroastre ? Cependant cet abrégé contient huit cent mille années... etc. , etc.... » Le blanc et le noir^ à la dernière. ou avantdernière page.
(42) P. 4^. — tJû écrivain allemand , \& Docteur G. H. de Schubert, conseiller aulique et professeur & Munidi , dans son livre intitulé : La nfmholique du rêve fJHe SymhoHk dêt Traumes, in-^., Leipzig, 1840, 3*. édit., n*. 3 , p. 7 ) cite , d'après le Moritx Magaxin , deux rêves dignes de remarque. Dans le premier , le brave homme (wacker mann) qui les avait eus Tun et l'autre, s'était retracé , en quelques instants , tous les événements de sa vie , qu'autant de tableaux divers lui représentaient ; le second , non moins rapide que le premier, avait fait passer successivement sous ses yeux , dans plusieurs séries de scènes figurées par autant d'images , l'histoire de toutes les personnes encore vivantes ou déjà mortes avec lesquelles il avait eu quelques rapports.
(43) P. 49. — Voyez l'ouvrage mentionné dans la note précédente, p. 6-21. Le n*. qui remplit ces 15 pages est intitulé : Le Umgage du rêve (Die Sprache des TraumesJ, Peutêtre d'ailleurs Schubert n'avait-il en vue que des faits analogues à ceux que nous citons nous-même ; voici du moins un passage qui semblerait l'indiquer : « Dans le rêve et même dans cet état de délire qui ordinairement précède le sommeil , l'âme parait en partie parler un langage tout autre que celui qui lui est habituel. Certains objets naturels , certaines propriétés des choses nous représentent alors tottt-à-coup telle ou telle personne , et par contre telle ou telle personne nous représente certains objets ou certaines actions. Aussi long-temps que l'âme parle ce langage , ses idées suivent une loi d'association qui n'est plus celle à laquelle elles sont habituellement soumises , et on ne peut nier qu'alors cet enchaînement de nos idées ne prenne une marche ou un vol beaucoup plus rapide et plus dégagé que pendant la veille où nous pensons plus avec des mots. Grâce à ces images hiéroglyphiques , bizarrement enchaînées l'une à l'autre, nous entassons
pl|i|s 4«^ cba9f s <ia¥)s qc^lquçs i»&titixta que #0129 n'en poiurnoxm léupic a^oç des mots da»^ dçs heufes en-n
(44) Une. autre fqi* , j'avjMjS devant qooi un «oprd^^iqnet qui av^ 80ufiEej:t je ue saia quel dcmipage ; il me semblait ^'fl pouvait ^voir son recoui^ eu justice oçntre Vboinmet q^i r<iTaLt l^é • çt f^ire valpir eii ^ foreur un 9J^ic(e dn- Code civil. Pour loi commui^iqucur ma pensée, je planta dans la terre une baguette que j^^vais à la m^ia ; mon sourd-muet avait djevant lui , éigslement plantée en terie •. ux^e baguette analogue à la mienne. Je lui ûg signe d'imiisr/ mes mouvements. Nous tirions alonç de terre nos ô/^w^, baguettçs jusqu'à ui^ certaine hauttaur ;. je lui montrais: une entaille sur la partie du bois qu^ nous venions de mettre à découvert* Cette observatioii fait^ , nous foulevitns de nouveau nos baguettes , et je lui indiqui!Ûs un peu plu» bas une marque semblable à la première; j'acconipegnaU. ce^. indications de certains gestes qui rendaient si clei^e* ijoent n\a pensée* que mon sourd-muet s-écri^^ tov;t-icoup, s'^idfessan^ à quelques personnes qui nous regardaient faire : « Voyez I II n*a p^s appris notre languie ; cependant il la^ parle parfaitement. » — M, Alphgpse Le Fli^uais me coj;itai.t , ces jours derniers , qu'une jeune personne de sst oonnaissance , traosCormée en prédicateur dan^unrévo, débitait du haut de la chaire évangéUque un «ermon qui se. composait de pelottes de laine qu'elle agençait et combinait de diverses manières : c^était, comme ]une tapisserie demoi^ale religieuse qu'elle présentait à ses auditeurs»
(45} En voici uu exemple digne de l'état où le métçipl\jsicLen se trouvait. -^ J'assistais à un grand repas : au dessert , on servait des giteau^ crus. Je me demands^s la raison de cette singularité , et je me répondais qu'on, avait sans doute voulu s'assurer du gQi!^t des convives, 9^ de faire cuire ensuite et dç^ servir à cb«tç,un c^ qu'.il ai^r^t
préféré.-^ Dans u»9 «kutro ooopsion, je vojrais autour de QKâ des dames q^l, gênées par la fai^e au nâlieu de laqual)e elles se trpuvaieni • levaient leurs botUnes au-dessus de leurs t^tes, eu s'éoriaut : « Vire la liberté l i» Qu'esi-G6 que <^a signifie» lue diaais^je? et aussitôt je croyws ocm<« piandi» qu'elles léclawiient la Hhmrté dm fHds , e'est-à-» dipe la faoulté de mevcber à leur aiae donjt eUee ne jouiai^Uei^t g^ère en e^ moment*
(46) P. SO.-^PiciMfm* phdUmpK., aux mots Sounaii- 9U^«S IT Soir«Bi^ , section IV,
(47) P. 51. *^ Ces ez«4[;ér«Ai<ms 4u rêve ont été 9ema«quée& par iine foule d'obienraiears* « S'il arrive que Tafition de qudqne oljet. qui toucbe les sens puisse passer jusqu'au cerveau pendant le sommeil , fi^e n'y formera pas U même idée q^'elle {ersvit peiiidant la veille , mais quel* qu'autre plus remai^able et plus sensible : qomme quel-* quefois I qiiand nous donnons |. si nons sommes piqués par une mouobe » nous songeens qu'on nous donne un coup d'é|ée;si nous ne sommes pas du tout assee couverts , nous nous imaginons étce tout nus ; et si nous le sommes queJque^ peu trop , nous pensona être accablés d'une mon* tagne, » Descartes » édit. Cousin , t. IV , p, 483. UhomtM, 9ift. 102. « Un ami m'a conté qu'à l'occasion de quelque légère indisposition , il mit à ses pieds en se coucbanlune bouteille pleine d'eau cbaude; et qu'en conséquence il rêva qu'il disait le voyage au sommet du mont Etna et qu*il y tifouvi^it le sol siiir lequel il marchait d'une clialeur insup^ portable- lltug^ Ste^art » Eléments àa ia phUosophie de Vefprit hwnaint trad- P. Prévost, Genève , 1808, t. II , p, 9.^. » Cf. Mapnish , p, 6^. -^ Quant à cette faculté que nous donne parfois le sommeil de uous soutenir et de nous mou.yoii: dans l'air, de nombreuses expériences, faites sur moi d'abord et eusuite sur quelques personnes dont les coQfidenoQs m«^ sent d'autant moins suspectes qu'elles
98 DD sommit.
ne soufiçoDiiaîeiit pas les conséquences que j*en poorais tirer, m'ont démontré que c*était bien la yanité satisfaite dans le jour qui la nuit nous donne ainsî des ailes et nous élève physiquement au-dessus de nos semblables. — • « Les jeanes gens , dit J. de Maistre ( Soirées de Saint-Pétertbourg, t. II , 10*. entretien ; 5*. édit. p. 240) , surtout les jeunes gens studieux , et surtout encore ceux qui ont eu le bonheur d'échapper à certains dangers, sont fort sujets à songer durant le sommeil qu'ils s'élèvent dans les airs et qu'ils s*y meuvent à volonté. » C'est qu*en général la jeunesse et le succès nous disposent singulièrement à cette estime exagérée de nous-mêmes. Ainsi fait l'ivresse ; et nous ne nous étonnons point de voir le docteur Macnish fPhilO' sophy of sîeep, p. 111), qui n a ici que le tort de prendre la partie pour le tout et l'accident pour l'essence , rap> porter exclusivement à cette circonstance toute matérielle un effet qu'elle peut bien aussi produire , mais seulement parce qu'elle détermine chez nous la disposition morale qui en est la véritable cause. — Le phénomène lui-même qui sans doute varie, plus ou moins, dMndividu à individu , me semble exactement décrit dans ce passage d'une lettre de M^®. Bettina à la mère de Goethe : « J'avais la certitude que je volais et que je planais ; j'en étais fière intérieurement et je me complaisais dans cette conviction. Une simple pression élastique de la pointe des pieds, et j'étais dans les airs ; je planais silencieusement et avec délices à deux ou trois pieds de terre; je redescendais, je remontais encore ; je volais de c6té et d'autre , puis je revenais» Je dansais ainsi, à ma grande joie, dans 1® jardin , au clair de la lune ; je glissais sur les escaliers ; quelquefois je m'élevais à la hauteur des branches d'arbres, et je passais à travers le feuillage,en le faisant frissonner.» Correspondance inédite de Goethe et de M^, Bettina d'Arnim , trad. de l'allemand par Séb. Allein , in-8*. , Paris 1843 , p. 67.
DU nemirjLé 9%
(48) P. 53.^ Note de St.-- Victor» 5*. édit. des SoMet de Siam^Pétarshourg t t. II , p. 76.
(48 bis) Je croyais aroir inrenté ce mot; ou plutôt (car je l'ai réellement iu^enté ] je orojaia être le premier à le proposer aux psychologues et même aux physiologistes ; mais j'avais été deraucé : il existe une brochure in -4*. de 50 pages publiée k Paris , en 1808, par Viofor^Arsène Choquet et qui a pour titre : Hypnologie, ou Du sommeil considM dam Tétat de santé et de maiaàie. Peut-être est-ce là que ce nom s^est m<mtré pour la première fois ; depuis il a dû être assez fréquemment employé par les médecins , puisqu'on le trouve dans nos dictionnaires. Yoyez entr'autres Napoléon Landais et le complément du Dictionnaire de l'Académie française.
(49) Ce chapitre a été lu à l'Académie le 38 février 1851 ; les pages précédentes lui avaient été communiquées le 24 mai 1850.
(50) P. 57. — Les deux premiers faits me sont personnels. — Le troisième m'a été confié par un de mes auditeurs, sur la parole duquel on peut compter. Le docteur Moreau pense , sur ce pœnt , avec Darwin , qu'ordinairement une femme ne rêvera pas qu'elle est soldat , ni un soldat qu'il est en couches ; il reconnaît néanmoins que , dans plusieurs circonstances, des perturbations de ce genre ont eu lieu dans le sommeil / BicU des sciences méd- , au mot RâvB , art. IV , p. 255). — Le quatrième est un rêve de mon enfance qui a laissé chez moi un profond souvenir : c'était mon père que je voyais ainsi étendu et glacé à la porte de notre demeure. — Le cinquième appartient au docteur. Macnish. « I dreamed that I was couverted into a mighty pillar of stone , v^ich reared its head in the midst of a deseii , where it stood for âges , till génération after génération melted away before it. Even in this state , ihough unconscious of possessiug any organs of sensé , or