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CHAPITRE III

SYMPTOMES ET FORMES DE LHYPNOSE ÉTUDIÉS SPÉCIALEMENT CHEZ LES HYSTÉRIQUES.

Les phénomènes du sommeil nerveux sont divers, non seulement en raison des variétés individuelles, mais surtout parce que l'état hypnotique comporte plusieurs phases ou degrés susceptibles, tantôt de se succéder, tantôt de se combiner jusqu'à un certain point.

De là résulte une certaine difficulté dans l'étude des symptômes de l'hypnotisme et une grande confusion dans les descriptions qu'en ont données les observateurs que ne guidait point une méthode sûre.

Le professeur Gharcot est le seul qui ait su dégager les faits essentiels du chaos des symptômes accessoires qui les masquent le plus souvent, et donner ainsi une base solide à l'étude de ces obscurs phénomènes.

Ses observations, résumées dans une note présentée le 13 février 1882 à 1" Académie des sciences, l'ont amené à distinguer dans le sommeil nerveux provoqué chez les hystériques trois phases distinctes, ayant chacune sa symptomatologie spéciale. Ces trois états sont :

1° L'état cataleptique.

2° L'état léthargique.

3° L'état somnambulique.

Ils peuvent dans certaines circonstances se présenter primitivement et persister isolément ; mais souvent aussi ils se succèdent l'un à l'autre chez le même sujet et peuvent être considérés comme représentant les phases ou périodes d'une même affection. Nous les décrirons dans l'ordre où on les voit d'ordinaire se succéder chez le même sujet, en nous guidant sur l'exposé magistral qu'en

a donné le professeur CharcoL dans la note à laquelle nous venons de faire allusion.

§ 1. Etat cataleptique.

Cet état qui présente avec la catalepsie spontanée une similitude presque parfaite peut, comme elle, se manifester primitivement sous l'influence d'un bruit intense et inattendu, tel que le son d'un gong chinois, d'une grosse caisse, d'un coup de feu, ou bien par l'action d'une lumière vive placée sous le regard (lampe Bourbouze, foyer électrique).

Il se produit encore, mais seulement chez certains sujets, parla fixation prolongée desyeux sur un objet quelconque.

D'autre part, la catalepsie se développe consécutivement à l'état que nous décrirons plus loin sous le nom d'état léthargique, lorsque, le sujet étant dans un endroit éclairé, on découvre les yeux en soulevant les paupières supérieures.

L'individu en catalepsie est absolument immobile ; ses yeux sont ouverts et sans clignements; les larmes, qui ne sont plus conduites versles points lacrymaux, tombent goutte à goutte sur les joues. Le regard est fixe, pas un trait du visage ne bouge, la physionomie est impassible, les mouvements respiratoires sont rares et supérficiels.

Les membres, parfaitement souples, se laissent déplacer dans tous les sens ; ils donnent quand on les soulève la sensation d'une grande légèreté et d'une docilité aux mouvements bien supérieure à ce qu'on a appelé la flexibilitas cerea. Ils gardent sans effort apparent toutes les positions les plus difficiles à maintenir, et le sujet placé dans l'attitude la plus forcée se maintient en parfait équilibre sans que le plus léger tremblement trahisse une fatigue des muscles. Il paraît comme pétrifié.

Dans cet état, les réflexes tendineux sont abolis ou

notablement amoindris. Le tégument externe est absolument anesthésique et l'on peut pincer, piquer, brûler le malade sans qu'il manifeste aucune sensibilité. Mais certains sens, notamment la vue et l'ouïe, conservent, en partie du moins, leur activité et cette persistance de l'activité sensorielle permet souvent d'impressionner le sujet par voie de suggestion et de susciter chez lui des impulsions automatiques.

C'est ainsi qu'il suffit parfois d'exécuter un mouvement en face du malade pour que ce mouvement soit aussitôt répété par lui; si l'expérimentateur se lève, le sujet se lève en même temps, s'il étend le bras, même répétition du geste, s'il marche à reculons, le sujet suit comme un automate, s'il fait le moulinet avec les deux poings, le sujet l'imite, et continue machinalement pendant quelques secondes. Mais cet état de fascination, comme on l'a nommé (Bourneville et Regnard), semble appartenir à une forme imparfaite de catalepsie (Brémaud); fréquemment observé chez les sujets mâles et surtout chez ceux qu'on hypnotise pour la première fois, il se montre rarement chez les hystériques de la Salpêtrière.

En revanche, ces dernières sont très aisément influencées à l'aide des attitudes provoquées et ce phénomène de la suggestion par le sens musculaire est un des plus curieux parmi ceux de l'état cataleptique. Déjà observé par Braid au début de ses études sur l'hypnotisme, il a été très bien mis en lumière par Charcot et ses élèves (Richer, Féré). Lorsqu'on place les membres du sujet dans une attitude caractérisée, celle du pugilat par exemple, on voit bientôt, sur la physionomie jusqu'alors impassible, se peindre l'image de la colère et du défi. Rapproche-t-on les mains des lèvres comme pour un baiser, les traits deviennent tendres et souriants. Faiton agenouiller le sujet dans l'attitude de la prière, aussitôt le visage prend l'expression du recueillement et

même de l'extase. — Inversement si, par l'électrisatton de certains muscles de la face, on communique à la physionomie telle ou telle expression, celle du dédain, de l'admiration, du ravissement, on voit peu à peu les membres réaliser l'attitude qui correspond le mieux avec le sentiment exprimé. Rien n'est plastiquementbeau comme ces tableaux vivants où la volonté n'est pour rien, et où l'harmonie spontanée des mouvements n'est troublée par aucune préoccupation psychique : on croit avoir sous les yeux un de ces types impersonnels et sublimes comme en ont créé les grands artistes du quinzième siècle. Mais au bout de peu d'instants, la vision s'efface, les traits redeviennent froids et impassibles, et le sujet retombe dans son immobilité marmoréenne.

L'état cataleptique peut persister très longtemps (plusieurs heures et davantage) quand on laisse le sujet livré à lui-même. Pour le faire cesser sur-le-champ, il suffit de fermer les yeux du sujet en abaissant doucement les paupières : les membres retombent alors dans la position qui répond aux lois de la pesanteur, le sujet demeure immobile, c'est une autre phase du sommeil nerveux qui commence.

§ 2. — État léthargique.

Cet état se produit, comme on vient de le voir, chez un sujet préalablement cataleptisé quand on pratique sur lui l'occlusion des deux yeux ou quand, après l'avoir exposé à une lumière intense, on le plonge subitement dans l'obscurité.

Mais le même état peut aussi se manifester primitivement sous l'influence de la fixation du regard, suivie ou non d'une légère pression sur les paupières fermées.

Quel que soit le procédé employé, le début de l'état léthargique est souvent marqué par une inspiration profonde avec petit cri révélant un léger spasme laryngé; la

figure du sujet se congestionne, un peu d'écume apparaît aux lèvres, la tète et le corps s'affaissent inertes. En cet état, les yeux sont clos, les paupières animées d'un frémissement incessant. Si on les relève, on voit les globes oculaires convulsés en haut et en dedans. Les membres sont flasques et retombent lourdement quand on les soulève, les mouvements respiratoires, étudiés à l'aide du pneumographe, sont profonds et précipités, d'ailleurs assez réguliers.

L'appareil musculaire, nous l'avons dit, est dans la résolution, mais les muscles présentent une propriété toute spéciale que le professeur Charcot, qui l'a découverte, désigne sous le nom d'hyperexcitabilité musculaire, et qui constitue le phénomène le plus saillant de l'état léthargique. Si on vient à palper ou à malaxer un peu fortement le corps charnu d'un muscle, à percuter ou à tirailler son tendon, on le voit entrer aussitôt en contracture et cette contracture provoquée offre tous les caractères de la contracture hystérique à son degré le plus prononcé ; elle résiste à tous les efforts qu'on fait pour la vaincre. Mais il est un moyen facile de la faire disparaître aussi rapidement qu'elle est venue : il suffit pour cela de malaxer à leur tour les muscles antagonistes; aussitôt on voit le corps charnu perdre sa dureté et rentrer dans la résolution.

La contracture léthargique s'obtient avec la même facilité à l'aide d'une légère pression exercée sur un tronc nerveux moteur. On produit alors la contracture simultanée de tous les muscles animés par ce nerf, et il en résulte une attitude vicieuse d'une physionomie caractéristique : c'est ainsi que la pression sur le nerf cubital dans sa gouttière épitrochléenne est suivie de l'apparition de la griffe cubitale, constituée par une légère flexion du poignet, par la flexion des deux derniers doigts, l'adduction du pouce, l'extension et l'abduction de l'index

et du médius; de même une pression sur le nerf médian au pli du coude détermine la griffe médiane (pronation de l'avant-bras, flexion du poignet, flexion des doigts à des degrés variables, opposition du pouce avec flexion de ses phalanges) ; enfin la pression sur le nerf radial au sortir de la gouttière de l'humérus produit la griffe radiale (supination de l'avant-bras, extension du poignet avec flexion des premières phalanges). Ces attitudes ont été étudiées avec beaucoup de soin par Charcot et P. Richer (1), qui les indiquent non sans raison comme un excellent moyen de dépister les simulateurs.

En effet, rien n'est plus difficile à reproduire, môme pour l'observateur prévenu, que ces attitudes forcées, dans lesquelles un certain nombre de muscles, toujours les mêmes, sont contractés au maximum, pendant que leurs antagonistes demeurent en repos. La rapidité, l'instantanéité pour mieux dire, du phénomène n'est pas moins spéciale ; il semble absolument qu'on ait mis le doigt sur la détente d'un ressort.

Fait remarquable: si après avoir produit l'une de ces contractures localisées on vient à réveiller le sujet, très souvent la contracture ne disparaît pas, elle persiste dans l'état de veille avec tous les caractères de la contracture hystérique ordinaire, et alors la malaxation des muscles antagonistes est impuissante à la détruire; il faut, pour la faire cesser, replonger d'abord le sujet dans l'état hypnotique (Charcot et Richer).

Autre fait, non moins intéressant, dont la découverte est due aux mêmes auteurs : la contracture léthargique provoquée peut être transférée d'un côté à l'autre par l'influence d'un aimant. « Si après avoir déterminé la griffe cubitale à droite, on place à peu de distance de

(1) Charcot et Richer. Contribution à l'étude de l'hypnotisme chez les hystériques. Archives de neurologie 1881.

l'avant-bras gauche un aimant d'une quinzaine de livres, on voit au bout de deux ou trois minutes une série de petits mouvements se produire à la fois dans les deux mains, puis les muscles cubitaux droits se relâchent peu à peu, pendant que ceux du côté gauche se contractent, et la griffe cubitale se trouve transférée du côté gauche avec ses mêmes caractères (Charcot et Richer) ».

Le phénomène de l'hyperexcitabilité neuro-musculaire n'existe pas au même degré chez tous les sujets; il en est beaucoup qui ne le présentent qu'à l'état d'ébauche, mais il est tellement développé chez certaines malades qu'on peut faire contracter isolément non seulement tous les muscles des membres, mais ceux du tronc, de la face (Charcot), de la langue (Berger); il suffit pour cela d'appuyer légèrement sur le corps charnu avec l'extrémité d'une petite baguette, et rien n'est plus curieux que cette dissection physiologique, qui permet de reconnaître, aussi bien que la faradisation de Duchenne, le rôle fonctionnel de chaque muscle. Les belles photographies annexées au mémoire de Charcot et Richer en disent plus long à ce sujet que toutes les descriptions.

Chez une malade nommée Wittm..., qui est encore actuellement à la Salpêtrière, on peut ainsi faire contracter isolément, par pression directe, chacun des peauciers de la face, les muscles auriculaires postérieur et supérieur, le canin, le risorius de Santorini, etc. On peut aussi obtenir la contraction séparée de chacun des muscles hyoïdiens, mais en approchant du larynx il faut user de précaution, car une pression trop vive déterminerait une contracture des muscles de la glotte, suivie d'apnée complète et d'accidents de suffocation formidables.

Par une exception assez curieuse, les muscles de la face, excités de cette manière, ne donnent que des contractions momentanées qui ne se transforment jamais en

contracture durable. Rappelons à ce propos que les contractures, comme les paralysies spontanées des hystériques, respectent généralement la face.

L'hyperexcitabilitô musculaire dont nous venons de tracer rapidement le tableau n'est point mise en jeu par les excitations purement cutanées : les attouchements légers, le pincement, le souffle ne déterminent dans l'état léthargique aucune contraction des muscles sousjacents. Nous verrons plus loin qu'il n'en est pas de même dans une autre phase de l'hypnose.

Chez le sujet en état léthargique, l'analgésie paraît complète, le tégument externe est aussi insensible que chez le cataleptique. Cependant quelques sens, notamment ceux de la vueetde l'ouïe, paraissent conserver un certain degré d'impressionnabilité: la meilleure preuve de cefait, c'est qu'il suffit de soulever les paupières du sujet et d'exposer ses yeux à une lumière un peu vive pour le faire retomber aussitôt en catalepsie.

Quant à l'activité cérébrale, elle est complètement paralysée et les tentatives faites pour entrer en communi cation avec le sujet, pour attirer son attention ou pour l'influencer par voie de suggestion auditive, restent vaines la plupart du temps.

Pour compléter le tableau de l'état léthargique, nous devons placer ici quelques détails sur les curieux phénomènes qui ont été décrits presque en même temps par Charcot et par Heidenhain sous le nom d'hypnose unilatérale.

Si, chez un sujet en état léthargique placé dans un endroit éclairé, on soulève, avec précaution, une des paupières, on voit se développer du côté correspondant à l'œil ouvert tous les symptômes de l'état cataleptique : dans toute la moitié du corps, l'hyperexcitabilité musculaire a disparu ; on peut impunément presser, malaxer

les muscles sans déterminer aucune contracture; d'autre part, les membres présentent la propriété de conserver les attitudes qu'on leur communique.

Quant aux membres du côté opposé, leur état n'a subi aucun changement.

Ferme-t-on l'œil de nouveau, l'état léthargique reparaît avec tous ses caractères et cette transformation, qui ne demande pas une seconde pour se produire, peut être répétée aussi souvent qu'il plaît à l'observateur.

Selon Féré etBinet(l), les phénomènes d'hémi-catalepsie dans l'état léthargique seraient susceptibles d'être transférés par l'action de l'aimant, tout comme la contracture provoquée : on verrait, en l'espace de quelques minutes et sans que l'état des yeux fût modifié, l'hyperexcitabilité musculaire disparaître dans le côté léthargique dont les muscles prendraient, en revanche, l'aptitude à conserver les positions communiquées ; simultanément les caractères de l'état léthargique apparaîtraient dans le côté cataleptisé. Nous aurons à revenir sur ces faits et sur leur interprétation.

Pour faire cesser l'état léthargique, plusieurs moyens peuvent être employés: en ouvrant les yeux du sujet, on le fait, comme nous l'avons vu, passer en catalepsie ; en soufflant deux ou trois fois sur les paupières on le réveille ; enfin, en frictionnant légèrement le vertex on fait apparaître la troisième phase de l'hypnose : le somnambulisme provoqué.

§ 3. — Etat somnambulique.

Cette troisième phase de l'hypnose est celle qui a le plus attiré l'attention des expérimentateurs. Beaucoup d'entre eux n'ont su voir que celle-là qui répond plus particulièrement à ce qu'on a appelé jadis le sommeil

(1) Féré et Binet. Bull, de la Soc. de biologie, 1884.

magnétique. On peut la déterminer directement chez certains sujets par la fixation du regard ou par l'influence d'une excitation sensorielle faible, répétée et monotone telle que le tic-tac dune montre (Heidenhain), ou le chatouillement réitéré de la peau du visage par des passes dites magnétiques (Charles Richet). On peut encore obtenir l'état somnambulique, en commandant au sujet de fermer les yeux et en lui répétant plusieurs fois impérativement : « Dormez, vous allez dormir, vous êtes endormi » (Bernhcim).

Lorsqu'on emploie cette dernière méthode et qu'on a affaire à des sujets médiocrement impressionnables, ou qui n'ont pas encore été endormis, l'hypnotisation est graduelle et pendant les premières phases l'individu a encore vaguement conscience de ses actes et de ce qui se passe autour de lui; il ne présente d'autres phénomènes qu'un peu d'obnubilation des sens, une certaine impuissance musculaire souvent accompagnée de rigidité et une paralysie plus ou moins complète de la volonté, en raison de laquelle il semble soumis à l'influence de l'expérimentateur et incapable de résister à ses ordres.

Hack ïuke (1), qui a surtout eu l'occasion d'étudier des cas de ce genre a raconté les observations faites sur eux-mêmes par les sujets ainsi endormis. Tous signalent l'impuissance où ils se sont trouvés d'agir volontairement dans cet état, malgré leur vif désir d'y réussir, et à peine le magnétiseur avait-il déclaré à son sujet qu'il nepouvait pas faire tel mouvement, aussitôt ce mouvement devenait impossible en dépit de tous les efforts, et cependant le même acte était exécuté un instant après, sur l'ordre de l'expérimentateur, sans qu'il fût possible au sujet de s'en empêcher. Le sujet une fois réveillé se souvenait

(1) Hack Tuke. Sleep-walking and hypnotism. London,

assez exactement de ce qui s'était passé, mais sans pouvoir comprendre quelle influence il avait subie; il lui semblait avoir assisté en témoin passif aux extravagances qu'on lui faisait commettre.

Cet ensemble de phénomènes, qu'on pourrait qualifier avec Cullerre (1) de petit hypnotisme, offre un certain intérêt, parce qu'il nous renseigne sur les états intermédiaires entre la veille et le sommeil nerveux proprement dit, mais ce n'est pas le véritable état somnambuliquc; on peut même dire qu'il n'en représente que le rudiment. Celui-ci ne se montre sous sa forme complète que chez les individus très prédisposés et chez ceux qui ont déjà subi plusieurs fois les manœuvres de l'hypnotisation.

Pour étudier l'état somnambulique dans sa forme la plus développée, il convient de recourir encore aux hystériques. Chez celles-ci on peut souvent le produire directement par les moyens cités plus haut, mais il est encore plus facile de l'obtenir quand la malade a été préalablement plongée soit dans le sommeil léthargique, soit dans le sommeil cataleptique ; il suffit d'exercer sur le sommet de la tête une pression légère.

Le sujet en expérience pousse alors un ou deux soupirs, s'agite légèrement, passe la main sur son front comme s'il sortait à demi d'un profond sommeil. Les yeux s'entr'ouvrent et le visage perd l'impassibilité qu'il avait dans les états précédents.

Dans cette phase, l'hyperexcitabilité neuro-musculaire ne s'observe pas ; les réflexes sont normaux et la motilité volontaire semble s'exercer librement; mais un attouchement cutané léger, un souffle presque imperceptible suffisent à produire une rigidité des muscles sous-jacents, rigidité qui va jusqu'à la contracture et ressemble beaucoup, comme aspect, à la contractureléthargique.

(1) Cullerre. Magnétisme et hypnotisme. Paris, 1886.

Elle en diffère toutefois par un caractère très remarquable : elle ne cède pas cà la malaœation des muscles antagonistes; elle disparaît au contraire très facilement sous l'influence des mêmes excitations cutanées qui l'ont fait naître.

L'état de la sensibilité n'est pas moins paradoxal : il y a, d'ordinaire, une analgésie cutanée complète, et cependant le sens du toucher est exalté à un point remarquable ; le sens musculaire et les autres sens spéciaux sont également hyperesthésiés. La malade peut lire l'heure à sept ou huit mètres de distance, elle enfile une aiguille dans une obscurité presque complète ; en un mot elle exécute une foule d'actes analogues à ceux que nous avons signalés dans le somnambulisme naturel, et que le public épris du merveilleux prend volontiers pour des miracles.

Mais c'est l'état psychique du sujet en somnambulisme qui mérite le plus d'attention : dans cette phase de l'hypnose, la malade, qui paraît jouir de ses facultés intellectuelles, est absolument privée de volonté ; elle n'est plus qu'un automate obéissant, complètement soumis à l'autorité cle l'expérimentateur. L'empire que ce dernier exerce sur elle n'est pas seulement absolu, il est exclusif ; les autres personnes n'existent point à ses yeux: autant elle supporte patiemment le contact du magnétiseur (c'est le mot usité), autant elle repousse violemment tout contact étranger. Mais cette résistance ne tient pas devant un ordre émanant de celui qui la domine ; à sa voix elle accepte docilement l'autorité d'un autre, et cela d'une manière si complète qu'au bout d'un instant le premier maître est oublié, et repoussé avec force s'il tente de reprendre son influence.

Nous n'exagérons rien : l'hystérique en somnambulisme a si peu de volonté qu'elle voit, entend, raisonne par l'intermédiaire de l'expérimentateur qui peut lui faire

accepter, lui suggérer scion l'expression classique, absolument tout ce qu'il veut.

Les phénomènes de la suggestion dans l'état de somnambulisme ont été remarqués par tous ceux qui se sont occupés de cette question; ils ont été surtout l'objet d'une étude approfondie de la part du professeur Bernhcim (1), de Liégeois (2) à Nancy, de Féré (3) à la Salpêtrière. Nous ne pouvons que les indiquer brièvement en renvoyant le lecteur pour les détails aux travaux très intéressants que nous venons de citer.

Les suggestions les plus simples et les plus faciles à répéter sont celles qui s'adressent aux sens: on peut provoquer chez le sujet en somnambulisme toute espèce d'hallucinations ou plutôt d'illusions sensorielles.

On dit à une de ces malades : « Regarde ce bel oiseau que je tiens sur mon doigt ». Elle ne le voit pas d'abord, mais si on insiste, en faisant le geste voulu, aussitôt elle le voit, le prend, le caresse. On lui fait remarquer qu'il a un gros bec comme un perroquet et va la mordre ; elle le rejette en poussant un cri d'effroi.

On feint d'entendre la voix de quelqu'un dans la chambre voisine; si c'est une personne que la malade connaisse, elle l'entendra aussitôt; bien mieux, elle lui répondra, et souvent cette conversation sera la répétition textuelle d'une conversation tenue avec la même personne plus ou moins longtemps auparavant.

On donne au sujet un verre vide, en lui disant qu'il est plein d'excellent bouillon ; elle en reconnaît aussitôt l'odeur et le goût et elle boit avec délices. Au lieu d'un

(1) Bernheim. De la suggestion dans l'état hypnotique et dans l'état de veille. Paris, 1884.

(2) Liégeois. De la suggestion hypnotique dans ses rapports avec le droit civil et le droit criminel. Paris, 1884.

(3) Féré. Les hystériques hypnotiques. Arch. de neurol.

verre vide on peut lui donner un verre plein d'eau salée ou vinaigrée; avec un peu d'insistance on lui persuadera que c'est du sirop de groseilles, et elle l'avalera avec tout autant de plaisir.

Un des auteurs qui se sont le plus occupés des suggestions sensorielles, Charles Féré (1), s'est attaché à montrer qu'il ne s'agissait pas d'hallucinations proprement dites, mais d'illusions, c'est-à-dire non d'images conçues mais de sensations transformées. Il en a donné des preuves intéressantes : si on prend une feuille de papier blanc et si on suggère à la malade qu'il y a sur cette feuille un carré rouge, elle le voit aussitôt ; si maintenant, sans détournerson attention, oninterpose un prisme devant l'un de ses yeux, ou si on trouble la convergence des axes visuels en pressant latéralement sur l'un des yeux, la malade voit deux carrés rouges. Ce n'est donc pas une image virtuelle qui s'était formée dans son cerveau ; c'est l'impression réelle faite sur sa rétine par le papier blanc, qui est transformée par le sensorium.

Autre preuve non moins frappante : si toujours sur la même feuille de papier blanc on suggère à la somnambule l'idée d'un portrait, de la photographie d'une de ses amies par exemple, et si, en ayant soin qu'elle ne vous voie pas. on renverse la feuille en sens opposé, elle verra le portrait la tête en bas sans jamais se tromper. On peut varier ainsi l'expérience : avoir trente morceaux de carton pareils et suggérer le portrait sur l'un d'eux, qu'on a marqué d'avance d'un signe imperceptible ; les mêler ensuite ; la malade retrouve sans peine le soi-disant portrait parmi tous les autres cartons semblables ; preuve que sa rétine hyperesthésiée a saisi les inégalités du grain du papier, dont son imagination fait les contours d'un dessin (Ballet).

(1) Féré. Bull, de la Soc. de biologie, 1881.

Une expérience très élégante, que le professeur Charcot répète volontiers à ses cours, consiste à suggérer au sujet, toujours sur du papier blanc, un carré rouge. Quand elle s'en est bien persuadée, bien imprégnée en quelque sorte, on enlève brusquement la feuille et on la remplace par une autre. Le sujet y voit un carré vert. Si on s'est d'abord servi du bleu, il accusera la sensation du jaune orangé, et ainsi de suite, indiquant toujours et sans s'en douter la couleur complémentaire. Quand il s'agit d'une couleur que la malade, souvent affectée de daltonisme hystérique, ne voit pas à l'état normal, elle la signale comme grise ou noire selon qu'elle est claire ou foncée. Ainsi l'expérience réussit rarement avec le jaune parce que peu d'hystériques ont la notion du violet.

D'autre part, selon la remarque de Féré, quand la malade est amaurotique d'un œil, on ne peut obtenir d'hallucinations visuelles de ce côté.

On doit également à Féré (1) cette observation que lorsqu'on suggère à la malade un fantôme animé, un oiseau, par exemple, les pupilles suivent le vol de l'oiseau comme s'il existait réellement : elles se dilatent quand il s'éloigne et se rétrécissent quand il s'approche.

Il est presque inutile de dire qu'on peut suggérer à la malade toutes les sensations qu'on veut : l'influence de l'imagination clans le domaine de la sensibilité générale est trop connue pour que personne en soit surpris. Au gré de l'expérimentateur, le sujet a froid, a chaud, a mal à la tête, est pris d'une irrésistible envie d'uriner ou d'aller à la garde-robe. Mais ce qui paraîtra plus surprenant, c'est qu'on puisse provoquer ainsi des phénomènes viscéraux sur lesquels il semble que l'intelligence et la volonté n'aient aucune influence: non seulement on détermine une purgation à l'aide d'une pilule imaginaire,

(1) Féré. Progrès médical. 1881.

Barth.

mais on pourrait, selon Bcaunis (1) et d'autres observateurs, provoquer par suggestion le ralentissement ou l'accélération des battements du cœur, l'apparition des règles, et même, le développement sur la peau saine d'une ampoule de vésicatoire.

Nous n'avons pas été témoin de ces expériences et nous n'en prenons pas la responsabilité ; nous avons essayé une seule fois, de. concert avec notre ami le D'Féré, de suggérer à une hystérique de la Salpêtrière une brûlure de l'avant-bras ; après quelques minutes pendant lesquelles la malade déclarait beaucoup souffrir, l'on distinguait, au point que nous avions fait semblant de toucher avec un cigare allumé, une zone blanche grande comme une lentille entourée d'une auréole rouge irrégulière et ressemblant un peu à une brûlure récente au deuxième degré ; mais à ce moment la malade malgré nos efforts pour l'en empêcher trempa le doigt dans un encrier qui se trouvait là et couvrit d'encre la partie blessée (moyen populaire contre les brûlures). Nous abandonnâmes, bien qu'à regret, l'expérience, sans avoir pu nous convaincre de la réalité des brûlures par suggestion.

Nous le regrettons vivement, car la réalité des phénomènes de vésication ou d'hémorrhagie cutanée par suggestion nous fournirait si elle était confirmée la meilleure explication des stigmates si souvent mentionnés dans les vies des saints et aussi dans quelques histoires qui ont passionné récemment l'opinion (2).

Entre un miracle inadmissible et une supercherie peu probable dans certains cas, il y aurait place pour une opinion intermédiaire denatureà satisfaire tout le monde. En fait, il n'est certainement pas impossible que chez

[1) Beaunis. Etudes physiologiques et psychologiques sur le somnambulisme provoqué, in-8. Paris, 1886.

(2) Voyez Beurneville. Louise Lateau, la stigmatisée belge.

des individus d'un nervosisme très développé la concentration prolongée de l'esprit sur une idée fixe puisse provoquer des phénomènes vaso-moteurs ou nutritifs localisés en des points précis. L'influence de l'imagination a produit souvent des merveilles non moins grandes, comme l'a montré Hack Tuke (1) dans son remarquable ouvrage; mais n'est-il pas probable que chez la plupart des stigmatisés, des frictions répétées, faites volontairement ou non sur des points où le malade sentait ou croyait sentir une douleur (comme notre hystérique sentait sa brûlure), ont singulièrement aidé à la production des sueurs de sang, des plaies, etc.

Un fait mieux avéré et dont nous avons été témoin plusieurs fois à la Salpêtrière, c'est la production de paralysies localisées par suggestion. On déclare à la malade qu'elle ne peut remuer son bras droit par exemple : elle oppose à cette affirmation un démenti catégorique et pour prouver son dire elle commence à remuer vigoureusement le membre en question ; mais si on revient à la charge, on voit bientôt les mouvements devenir plus paresseux, plus difficiles; enfin ils cessent tout à fait et le bras tombe inerte le long du corps. Si alors on détourne l'attention de la malade en lui parlant d'autre chose, elle oublie ce qui vient de se passer et une minute après elle veut se servir du membre paralysé : grande est sa mortification de voir que tout mouvement lui est impossible. Si on étudie ces paralysies psychiques, comme l'ont fait Richer et Gilles de la Tourette (2), on constate qu'elles ont exactement le caractère des paralysies hystériques spontanées: flaccidité absolue avec abolition du sens musculaire, abolition de la sensibilité cutanée dans toute l'étendue du membre paralysé, exagération des réflexes tendineux et des réactions électriques, abaissement de la

(1) Hack Tuke. The influence of the mind upon the body.

(2) Richer et Gilles de la Tourette. Soc. de biol. 1884.

température locale avec tendance à la paralysie vasomotrice. — Ces paralysies sont aussi aisées à faire disparaître qu'à provoquer : il suffit d'ordonner au sujet de remuer son bras en lui affirmant qu'il peut le faire.

De même que l'imagination docile du sujet accepte les images et les sensations qu'on lui inspire, de môme sa volonté paralysée se laisse imposer des actes : toutes les démarches les plus sottes, les plus dangereuses ou lesplus coupables, on peut les faire exécuter au sujet en état de somnambulisme. Ce n'est pas qu'il n'oppose une certaine résistance ; plus l'acte qu'on exige de lui est contraire à ses idées ou à ses habitudes, plus il s'insurge contre la violence qu'on veut lui faire, mais il finit toujours par obéir si l'ordre est répété avec une autorité suffisante, et une fois soumis (ce qui ne tarde guère), il exécute ce qu'on lui a prescrit avec une promptitude et une détermination singulières; qu'il s'agisse de détruire un objet de prédilection, de commettre un acte contraire à la bienséance, un délit entraînant une punition, ou même de frapper quelqu'un, la malade n'hésite pas : elle va de l'avant avec une résolution aveugle. — On peut faire à cet égard toutes les expériences que l'on voudra, elles donneront toujours les mêmes résultats.

Mais nous n'avons pas encore abordé le point le plus curieux de l'histoire de la suggestion hypnotique. Ces illusions sensitives ou sensorielles qu'on a fait naître chez l'individu en état de somnambulisme, si on n'a pas soin de les effacer, elles persisteront après le réveil, comme les contractures, comme les paralysies provoquées. De même, les actes impulsifs qu'on aura suggérés à cet automate privé de volonté pourront, s'ils n'ont pas été exécutés sur-le-champ, subsister dans son cerveau à l'état d'intentions, ou pour mieux dire de tentations latentes, auxquelles il succombera au moment que l'expérimentateur lui-même aura fixé. Si vous avez

dit au sujet en somnambulisme, « un tel a un nez d'argent, » elle le verra le lendemain et les jours suivants avec un nez d'argent et ne cachera pas son étonnement à son approche. Si vous lui avez commandé : « Demain à dix heures vous irez prendre un pot de confitures dans l'armoire de la surveillante », réveillée, elle ne se souviendra de rien, mais le lendemain à l'heure dite un souvenir inconscient se réveillera, une tentation irrésistible se développera peu à peu et elle y succombera malgré la crainte du châtiment. Prise sur le fait, elle n'accusera pas la suggestion dont elle n'a aucun souvenir, mais donnera un prétexte quelconque, ou dira simplement « que quelque chose l'a poussée à faire cela ».

Car il faut bien le remarquer, le somnambulisme provoqué est suivi comme le somnambulisme naturel d'une perte complète de la mémoire au réveil. Le sujet n'a aucune idée de ce qui s'est passé pendant la durée de son sommeil hypnotique; il a entièrement perdu la notion et des images qu'on a pu faire naître dans son cerveau et des actes qu'on lui a fait exécuter. Dans quelques cas seulement, lorsqu'il reste une trace matérielle de ces actes, le malade par un grand effort arrive à rassembler quelques souvenirs confus. Une hystérique \ étant en somnambulisme, le Dr Féré feint de lui brûler son fichu avec la cendre incandescente de son cigare; elle est désolée et court tremper son vêtement dans le pot à eau. Réveillée aussitôt après, elle est toute surprise de voir son fichu mouillé et d'y trouver les traces (fictives) d'une brûlure ; comment la chose est-elle arrivée? Elle réfléchit longuement. C'est étrange! dit-elle après quelques minutes de méditation; il me semble que j'ai rêvé que quelqu'un m'avait brûlé mon fichu avec de la cendre de cigare. Quelquefois, selon Berger (1), les hallucinations pro-

(1) Berger. Hjpnotischc Zustilnde und ihre Genèse. Breslauer arztlischc Zeitschrift, 10-11-12 1880.

voquées pendant l'hypnotisme se répéteraient en eflet sous forme de rêves pendant la nuit suivante. Mais le fait est rare; la plupart du temps l'oubli est complet, absolu, et les images, les actes suggérés apparaissent au sujet comme des produits spontanés de son propre cerveau; c'est seulement dans un état de somnambulisme ultérieur que les souvenirs se réveillent et prennent aussitôt une netteté parfaite.

Nous avons déjà rencontré des faits semblables dans l'histoire du somnambulisme naturel ; nous n'y insisterons pas. Quant aux phénomènes de la suggestion, nous aurons à y revenir. Quittons donc pour le moment ce sujet, et achevons le tableau général de l'hypnose.

Si, chez le sujet en état de somnambulisme, on vient à exercer une légère compression des yeux à l'aide des doigts appliqués sur les paupières, l'état léthargique avec hyperexcitabilité neuro-musculaire remplace aussitôt l'état somnambulique. Si au contraire, relevant les paupières on maintient les yeux grands ouverts, l'état cataleptique ne se produit pas. Il y a doue un rapport plus étroit entre l'état léthargique et l'état somnambulique qu'entre ce dernier et l'état cataleptique (Charcot).

Les phénomènes de l'hypnose unilatérale, dont nous avons parlé plus haut, se présentent aussi dans l'état somnambulique.

Si on vient à fermer un œil, en exerçant une légère pression sur le globe oculaire, le côté correspondant tombe en léthargie, et chose remarquable, ici les effets ne sont pas les mêmes selon qu'il s'agit du côté droit ou du côté gauche. Si c'est l'œil gauche qu'on ferme, le malade conserve le pouvoir de converser avec les personnes qui l'entourent; si au contraire c'est l'œil droit, il est frappé d'aphasie psychique, et devient incapable de prononcer une parole (Heidenhain). L'expérience est surtout frappante lorsqu'on fait compterlc malade à haute voix ; l'oc-

clusion de l'œil droit l'arrête net; il reprend son compte où il l'a laissé quand on fait cesser l'hémiléthargie en frictionnant le côté correspondant du vertex (Ballet).

Ces phénomènes curieux, qui fournissent une nouvelle et frappante démonstration de l'indépendance fonctionnelle (au moins relative), des hémisphères cérébraux, ont été vérifiés par plusieurs observateurs-, MM. Dumontpallier (1) et Bérillon (2, en ont poussé plus loin l'étude : ils se sont efforcés de provoquer simultanément chez leur sujet deux ordres de manifestations psychiques, en rapport avec l'état différent des deux hémisphères; ils croient y avoir parfois réussi. Mais leurs expériences, qui ne nous semblent pas à l'abri de toute critique, ne sont ni assez nombreuses ni assez frappantes pour entraîner la conviction. En tous cas, il ne s'agit que d'activité cérébrale automatique, de phénomènes purement réflexes, et, quand même ces faits seraient démontrés exacts, on n'aurait pas le droit d'en conclure, comme le font quelques auteurs , qu'il puisse exister chez certains sujets deux états de conscience simultanés, appartenant l'un au cerveau droit, l'autre au cerveau gauche.

Au reste ce n'est point ici le lieu de discuter cette grave question. Pour en revenir à l'état somnambulique, disons que les expériences ne doivent pas être prolongées trop longtemps chez le même sujet, sans quoi on s'expose à provoquer une attaque d'hystérie, dont l'approche se manifeste par ses prodromes habituels : soupirs, mouvements répétés de déglutition, convergence des globes oculaires en haut et en dedans, roideur des membres. Ces phénomènes, que bien des magnétiseurs

(1) Dumontpallier. Bull, de la Soc. de biologie, 1882-

(2) Bérillon. Hypnotisme expérimental. La dualité cérébrale et l'indépendance fonctionnelle des deux hémisphères cérébraux. Thèse de Paris, 1884.

et môme des médecins ont confondus avec ceux de l'hypnose, ne sauraient tromper un observateur attentif. Dès qu'il en constate l'apparition, il devra donc se hâter de réveiller le sujet.

Pour faire sortir le malade de l'état hypnotique quelle que soit la phase, pour le réveiller en un mot, il suffit de souffler deux ou trois fois légèrement sur les globes oculaires. Le malade pousse quelques soupirs, se secoue, regarde autour de lui et se frotte les yeux comme s'il sortait d'un long rêve : même quand il a été déjà souvent hypnotisé, le plus profond étonnement se peint régulièrement sur son visage au moment où il reprend connaissance : il n'a aucun souvenir de ce qui s'est passé pendant la crise.

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