‹ Du somnambulisme en généralChapitre 12 sur 17 · Excitations sensorielles monotones, faibles et répétées · texte numérisé non relu

Excitations sensorielles monotones, faibles et répétées

a. Vue. Fixation d’un objet brillant ou non

brillant.

b. Ouïe. Son ou bruit. Montre (W einholt),

diapason, etc.

c. Toucher. Contact. Pression. Tempéra-

ture. Frictions. Chocs ( Heidenhain ).

d. Excitation cutanée déterminée par les

passes (Heidenhain).

d. Sens génésique. Excitation légère des régions cutanées érogènes. Attouchement et compression légère de la région ovarienne.

3U Actions mécaniques, a. Modification de la pression intra-oculaire.

a . Par convergence des axes optiques.

b. Par compression du globe oculaire.

4° Actions physiques. Actions de l’aimant (Landouzy). Armatures métalliques. — Electrisation statique.

5o Actions toxiques, a. Anesthésiques. Ether. Chloroforme, etc.

ë. Inebriants. Alcool. Haschich, etc.

§ 2. — CONDITIONS PRÉDISPOSANTES.

Hérédité similaire. — Sexe et âge.

Gomme toutes les manifestations de la diathèse névropathique, le somnambulisme est une affection héréditaire et résulte tantôt de la transformation d’une génération à l’autre

d’une affection nerveuse différente, tantôt de la transmission directe du somnambulisme, des ascendants aux descendants. Les cas de ce genre sont loin d’être rares : nous en connaissons plusieurs parmi lesquels celui d’une dame dont la mère était sujette à des accès de somnambulisme spontanés et qui présente elle-même, indépendemment de toute autre affection nerveuse, une sensibilité bypnogénique extrêmement remarquable et l’on en trouvera un autre dans une curieuse observation de« doublevie, » publié en 1877, par M. Berthier dans les Annales Médico-psychologiques.

Le somnambulisme étant une affection névropathique par excellence, et relevant le plus souvent de l’hystérie, il n’y a pas lieu de s’étonner que les accès d’hypnose spontanée soient beaucoup plus fréquents chez la femme, « cette partie sensitive de l’humanité» selon l’expression d'ttalle, que chez l’homme qui en est selon le même physiologiste la « partie musculaire» et que la sensibilité hypnogénique chez celle-ci soit infiniment plus développée que chez celui-là. Nous ne possédons pas à ce sujet de statistiques dont l’établissement serait d’ailleurs, hérissé de difficultés, mais nous pouvons affirmer que chez toute femme un peu « nerveuse » les accès de somnambulisme spontané sont moins rare qu’on ne serait porté à le croire et que presque toutes peuvent être arificiellement hypnotisées : Telle est également l’opinion de M. Ch. Richet.

Les névroses ne s’adressent pas indifféremment à tous les âges : le somnambulisme, l’hystérie, la chorée sont avec certaines formes de vésanie que ce n’est pas le lieu d’étudier ici, des affections nerveuses du jeune âge, et les différences qui séparent les deux sexes au point de vue de la prédisposition aux affections névropathiques, étant moins prononcées alors qu'elles ne léseront ioIus tard , il ne faut pas s’étonner de constater la fréquence du somnambulisme nocturne chez les enfants de l’un et l’autre sexe qui n’ont pas

encore atteint l’âge de la puberté et de le rencontrer presque aussi souvent chez les petits garçons, que chez les petites filles. Nous pourrions en donner des raisons qui se rattachent au développement même des facultés intellectuelles chez l’enfant, et qui nous entraîneraient, par conséquent, dans de longues digressions. Il est une affection bien connue des médecins qui se sont occupés de la pathologie infantile et que l’on connaît généralement sous le nom de «Terreurs nocturnes des enfants. » « Certains enfants disent MM. Picot et D espine sont pris, pendant leur sommeil de terreurs subites qui les réveillent en sursaut, et causent une frayeur à tout leur entourage. Ces terreurs atteignent de préférence, les enfants d'une grande impressionabilité nerveuse et sujets à des troubles digestifs. Ces terreurs ne sont parfois accompagnées d’aucun dérangement dans les fonctions delà digestion et s’expliquent suffisamment par l'effet d’une surexcitation cérébrale chez des enfants d’un tempéramment nerveux et d’une constitution délicate. Des récits effrayants sont souvent la cause occasionnelle de l’accident. Les terreurs noc ■ tûmes se manifestent en général au commencement de la nuit. Deux à trois heures après s’être endormi, l’enfant se réveille en sursaut, pousse un cri d’angoisse et appelle ses parents. On le trouve assis sur son lit, le front en sueur, pleurant, criant, se tordant les mains; ses traits sont empreints de la plus vive terreur, il ne reconnaît personne, il est étranger à tout ce qui se passe autour de lui, ne connaît personne et parait dominé par une hallucination qui le terrifie. On ne peut réussir à le rassurer, ses pleurs continuent à couler pendant un quart d’heure à vingt minutes, puis il se rassure peu à peu et finit par reconnaître les gens qui l’entourent, mais il supplie qu’on ne le quitte pas et qu’on n’emporte pas la lumière. Enfin, il se rendort jusqu’au matin. h’ enfant est alors gai et ne garde aucun souvenir de ce

qui s' est passé. » Ce passage montre avec évidence que si dans certains cas de terreur nocturne des enfants, la conscience est conservée, et M Despine en admet lui même l’existence, d'autres peuvent offrir des attributs du somnambulisme ainsi qu’on peut le voir d’après les pasages soulignés delà description que nous avons reproduite et ne sont autre chose que des accès de somnambulisme nocturne remarquables par les conceptions et les hallucinations terrifiantes qui lui donnent un cachet spécial.

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