‹ Du somnambulisme en généralChapitre 14 sur 17 · II. — Délire hystérique produit par la cannabine · texte numérisé non relu

II. — Délire hystérique produit par la cannabine

Nous avons donné à Marie H..., le 21 mai, à 11 heures du matin, 10 centigrammes de cannabine préparée à la pharmacie centrale de France. Des expériences faites depuis longtemps sur nous-mêmes et sur d’autres personnes nous avaient montré l’activité de cette préparation.

Chez notre malade, cependant, les effets du haschich n’ont pas été très remarquables et n’ont rien eu de spécifique. Tout s’est borné à un état d’excitation psychique et motrice qui ne diffèrent en rien des accès semblables qu’elle offrait souvent à notre observation. Remarquons, cependant, qu’alors que pendant les accès, lorsqu’ils surviennent spontanément où après une sommation trop prolongée, l’agitation choréique edouble d’intensité; elle s’est, au contraire, sensiblement calmée pendant l’accès que l’ingestion de la cannabine avait déterminé.

L’accès a commencé à 1 heure et demie, pendant que Marie chantait à la chapelle. « J’étouffais, dit-elle, je ne pouvais plus respirer, je « me disais: il m’a empoisonnée. » Nous la voyons à 2 heures et nous la trouvons assise sur son lit, faisant des efforts infructueux pour vomir et gémissant : « Mon Dieu, ayez pitié de moi, oh 1 j’étouffe. » Elle pleure, grince des dents, pousse des cris de rage, se cache Ja tète sous son oreiller, reste quelque temps immobile, puis semble se réveiller en sursaut: «Ah! quoi donc ! ah ! je dormais. Tenez, je ne sais pas ce que j’ai. » L’agitation choréique est beaucoup moindre qu’avant l’administration de la résine de chanvre.

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