‹ Du sort des aliénés dans la Basse Normandie avant 1789, d'après des documents inéditsChapitre 2 sur 5 · COMPLOTS ET ÉVASIONS.—DÉCLARATION DU PRIEUR · texte numérisé non relu

COMPLOTS ET ÉVASIONS.—DÉCLARATION DU PRIEUR

« Sur la fin de février 1784, les sieurs d’E., d’El., R., de L. et de G., demeurant dans le même quartier, il fut formé un complot d’assassiner le domestique M. Ch., préposé à leur garde, de s’emparer des clefs, d’aller ouvrir aux autres détenus, de se porter ensuite chez le prieur , de lui voler ce qu’ils auraient pu trouver d’argent, d’aller de là dans l’église enfoncer la grille du trésor, prendre une crosse que le sieur d’E. leur avait dit être d’or, et ils devaient massacrer tous ceux qui s’opposeraient à leur évasion.

« M. de G., témoin de cette conspiration, en eut horreur et menaça les conjurés de tourner ses forces contre ceux qui voudraient faire mal à quelqu’un, leur disant : pour l’évasion j’en suis, mais pour les assassinats, je m’y oppose. Les sieurs Rj et d’El., encore détenus dans cette maison , voyant que le projet était manqué par la résistance du sieur de G., prirent le domestiqué en particulier, et pour écarter le soupçon qui aurait pu naître contre eux, ils accusèrent le sieur d’E. d’avoir formé le projet et dirent qu’ils étaient trop honnêtes gens pour donner la main à un pareil complot. Ils engagèrent ce domestique à conter l’affaire au

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prieur, et pour qu’il ne restât aucun doute sur leur franchise, ils demandèrent à être séparés des autres. Le sieur prieur voulant découvrir quel était l’auteur du complot, les fit appeler séparément ; il reçut leurs dépositions par lesquelles il demeurait constant que ni M. de L., ni M. de G. n’étaient coupables ; les sieurs d’E., d’El. et R. s’accusèrent mutuellement.

« Le sieur prieur ne pouvant reconnaître la vérité, les engagea de faire chacun leur mémoire sur cette affaire. Les mémoires ne présentaient que des doutes sur l’auteur du complot, mais ils en constataient la réalité ; les choses restèrent en cet état, le sieur prieur ayant pris les précautions de prudence nécessaires dans la circonstance, faisant distribuer les logements différents et sans communication aux trois conjurés présumés, et le sieur prieur resta saisi des mémoires respectivement faits. Après quoi le sieur prieur nous a fait le récit suivant :

« Le 8 septembre 1784, les pensionnaires étant dans la cour de l’exil, le sieur d’El. s’avisa de tenter une évasion ; il y avait pour lors des échafauds suspendus à la hauteur de 20 pieds : y étant parvenu, il trouva des échelles au moyen desquelles il s'introduisit dans la maison. Les religieux chantaient les vespres. Le sieur d’El. parvenu à la porte du monastère, engagea le portier de lui ouvrir en lui promettant 25 louis de rente. Le portier, fidèle à son devoir, refusa et vint promptement en donner avis. Le nommé F., commis engagé à vie à la congrégation de St- Maur, se porta promptement du côté de la porte, il engagea le sieur d’El. à rentrer dans le devoir. Celui-ci, armé d’un compas ouvert, s’élança contre F. avec rage, lui en porta un coup dans le ventre, lequel fit peu d’effet ; il lui en porta un second dans la lèvre supérieure, et sans le secours qui arriva fort à-propos, c’en était fait de la vie dudit F. — Le sieur prieur s’étant transporté aussi vers la porte de la maison, y vit le sieur d’El. se débattant en

furieux contre les personnes qui approchaient de lui ; on fut obligé de le tirer pour le reporter à l’exil, où il fut mis dans une chambre dont la fenêtre était défendue par une barricade et on lui mit- les fers. Cependant ayant entendu qu’on reportait leur camarade à l’exil, et l’ayant entendu vomir des imprécations contre le prieur, les exilés firent révolte de leur côté. L’un d’eux, qui n’est plus dans cette maison, menaça même le prieur d’attenter à sa vie. Ils quittèrent leurs bas, mirent des pierres dedans et -menacèrent de tuer le premier domestique qui entrerait dans la cour. Le sieur prieur crut qu’il était prudent de faire monter la garde bourgeoise de la ville, qui, ayant été introduite dans la cour de l’exil, parvint à arrêter les uns après les autres. On mit aux fers celui qui avait témoigné le plus d’emportement et qui avait menacé le sieur prieur... Le sieur d’El. eut les fers pendant huit jours , et le sieur F. pendant deux fois vingt-quatre heures. »

Les détails suivants ont trait à la tentative de résistance que j’ai rapidement indiquée plus haut et qui fut si brutalement réprimée. Ils sont tirés des dépositions du chevalier d’El... lui-même.

« ... Étant logé le 15 décembre (1794) avec le chevalier R. à l’exil, il descendit seul à, la cour pour prendre de l’exercice. Étant dans cette cour, il entendit marcher plusieurs fois sur le pont qui est placé sur cette cour, - et ayant entendu tousser, il regarda et vit tomber un morceau de papier : ayant été le ramasser, il entendit de nouveau tousser à une fenêtre grillée du corridor du prieur et crut y voir quelqu’un vêtu de noir. Ayant ouvert le billet, il y lut ces mots : « M. d’El. et M. R. défiez-vous du père prieur, car il vous en veut à la mort. Je vous préviens que si vous faites quelques tentatives pour demander votre changement ou pour vous évader, vous serez poignardés

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ou empoisonnés , dans la crainte qu’il a que vous ne portiez des plaintes contre lui. » Et au bas était écrit : « Je vous plains de tout mon cœur. » Ledit billet sans signature, paraphé et marqué de quatre points. Le répondant, aussitôt après cette lecture, alla vers son camarade lui montrer le billet; il en ressentit une vive impression. Dès lors ils firent ensemble le projet de se barricader et de se défendre si on venait les attaquer ; ils attendirent avec impatience le jour de l’an pour recevoir la visite du prieur, afin de démêler dans ses regards quels étaient ses projets. Le prieur étant venu les visiter le 5 janvier, ils lui firent plusieurs demandes : celle de n’être plus dépouillés , celle d’être mieux nourris, celle d’en imposer à ses domestiques. Voyant que le prieur ne voulait point accorder les demandes, ils lui déclarèrent que leur intention était d’en écrire au ministre et de lui faire des représentations sur la manière dure dont ils étaient traités. Le prieur répondit qu’il ouvrirait les lettres, qu’il ferait ses réponses à côté des demandes et qu’il serait plutôt cru qu’eux; que d’ailleurs le ministre n’avait aucun droit sur lui ; qu’il ne pouvait pas lui ôter son capuchon. Il sortit en disant qu’il saurait mettre le répondant et son camarade

à la raison et qu’il les séparerait.Le sieur prieur

étant sorti, le répondant et le sieur R. prirent la résolution de se barricader, et travaillèrent toute la nuit à faire des mémoires pour le ministre et pour leurs familles respectives, auxquels ils joignirent une copie du billet anonyme par lequel ils demandaient leur changement. Le lendemain, à midi, ils envoyèrent leurs paquets au prieur avec un billet pour lui, par lequel ils lui demandaient de mettre ses réponses à côté de leurs plaintes, mais de les envoyer, lui déclarant, qu’ils étaient résolus de ne point ouvrir leurs portes sans un ordre du ministre, ou sans qu’un commissaire vint recevoir leurs plaintes; que cependant ils lui donnaient leur parole d’honneur

d’être tranquilles et de ne faire aucune tentative pour s’évader. ».

Le surlendemain on les sépare et on enferme le chevalier avec un religieux détenu. Le soir, on enlève leurs habits. « Le religieux refuse de se laisser dépouiller sans « que le prieur lui en donnât l’ordre lui-même. Au bruit,

« le répondant vint frapper à sa porte et dire aux geôliers « que, s’ils n’abandonnaient pas son camarade, il allait « crier par la fenêtre. Les geôliers lui ayant répondu qu’ils « sauraient bien le mettre à la raison, il cassa son volet « et cria à l’assassin, auquel bruit le chevalier R., ne « pouvant ouvrir son volet, cassa un carreau de vitre et « cria aussi à l’assassin. Les moines se mirent aux fenêtres,

« menacèrent des fers ; le répondant voyant tout le monde « assemblé, dit tout ce qu’il savait des moines et. rapporta « la teneur du billet anonyme qu’il avait reçu, déclarant « hautement qu’il consentait à se rendre et ouvrir sa porte « si on voulait faire passer les lettres au ministre, ou faire « venir le subdélégué d’Avranches. Qu’après cette scène., « il mit son lit contre la porte, cassa ses chaises afin « d’avoir des bâtons, attacha avec le cordon de ses cheveux « le bouton de fer avec lequel le cadenas se fermait et « qu’il avait arraché, brûla le volet pour avoir la lame de « fer qui servait de penture et se fit ainsi des armes. Au « matin du 9 janvier, le répondant s’étant mis à la fenêtre, « appela le sieur Le R. et lui dit qu’il était résolu à tenir « ferme , jusqu’à ce qu’il fût venu un commissaire ou « jusqu’à ce qu’il y eût des ordres du ministre; qu’il « pouvait être tranquille sur le sort du billet, qu’il était « en sûreté. A l’heure de la grand’messe, le prieur vint « au guichet du répondant et lui dit que, s’il ne voulait « pas se rendre , il allait faire tirer sur lui. A quoi le « répondant dit qu’il consentait de se rendre, aux contt ditions qu’on ferait passer ses lettres sans les ouvrir,

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ce qu’on le remettrait avec son camarade et qu’on oublie- « rait le passé. — Le prieur répondit qu’il n’était pas fait « pour traiter avec le répondant, qu’il eût à obéir, sinon qu’il allait faire défoncer la porte. »

On sait ce qui arriva ensuite et comment le chevalier fut renversé d’un coup de fusil.

Le prieur déclare qu’après sa guérison il fut remis « comme les autres prisonniers dans une chambre où s’étant sagement conduit jusqu’au mois de séptembre, le sieur prieur lui accorda la liberté de la maison, même contre le vœu de ses parents. »

« Le sieur d’El., dans cette nouvelle position , ne laissa pas longtemps le sieur prieur sans inquiétude, celui-ci ayant été plusieurs fois averti qu’il méditait d’assassiner G. et de décamper ; il n’exécuta cependant pas ce noir projet ; mais, le 16 octobre, sur les six heures du soir, ayant simulé un grand mal de dents, il quitta ses confrères, disant qu’il allait se coucher. Au lieu d’entrer dans sa chambre, il alla dans l’endroit appelé le plan du four , où il trouva des échelles dressées pour l’usage des ouvriers qui travaillent aux réparations ; il s’en servit pour s’évader. Le jour n’étant pas tout-à-fait clos, il fut aperçu par les habitants du Mont- St-Michel qui le joignirent et le ramenèrent au sieur prieur, qui lui fit une réprimande et le fit conduire à l’exil. »

\ote B.

Nous croyons devoir donner ici le modèle des ordres en vertu desquels lés malheureux étaient enlevés.

Ordre du Roi. — A MM. les Administrateurs de la maison de Beaulieu. — Ghers et bien amés, nous vous mandons et ordonnons dé recevoir dans la maison de

Beaulieu, près Caen, le nommé.et de le garder

et détenir jusqu’à nouvel ordre de notre part, moyennant

pension qui vous sera payée par la famille. Si n’y faites faute, car tel est notre bon plaisir.

Signé : Louis.

Et plus bas :

Bertin.

A Monsieur le marquis de C., maréchal des camps et armées du Roy. — Monsieur le marquis de G., je vous fais cette lettre pour vous dire que mon intention est que vous demeuriez dans votre terre de G. et que vous ne vous en éloigniez pas plus que de deux lieues jusqu’à nouvel ordre de ma part. La présente n’étant à autre fin, je prie Dieu qu’il vous ait, Monsieur le marquis de G., en sa sainte garde.

Versailles, le 9 juin 1763.

Signé : Louis.

Et plus bas :

Phelypeaux.

Lettre de M. Bertin. —• Versailles, Si décembre i773. — Là famille de N. demande, Monsieur, par le mémoire ci-joint, des ordres pour le faire enfermer dans une maison de force. Je vous prie d’examiner avec attention si la conduite de ce jeune homme mérite une punition aussi sévère et si le mémoire est signé des parents paternels et maternels des plus proches. Dans le cas où il mériterait cette punition, il serait à propos que la famille indiquât dans quelle maison elle voudrait qu’il fût enfermé, et lorsque vous aurez pris à ce sujet les éclaircissements nécessaires vous m’enverrez, s’il vous plaît, votre avis.

Kote C.

Nous avons vu quelle part les passions les plus basses l’intérêt et la cupidité, avaient dans ces arrestations arbitraires. -

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C’est encore l’avidité d’une famille qui a fait enlever, en 1773, M me de B. et qui l’a conduite dans ce cachot de 5 pieds de large où elle se plaint d’être enfermée depuis six mois, couchée sur la paille. L’humidité, le mauvais air, la mauvaise nourriture, les mauvais traitements ont dérangé sa santé. En effet, lorsqu’elle est sortie de cette horrible geôle, on trouve, jointe au dossier, Une interminable liste de médicaments fournis journellement.

L’intendant avoue que le traitement est excessif, que le régime de la Charité, fait pour des filles de mauvaise vie, est très-sévère , que M me de B. doit avec peine se voir assimilée à elles. Malheureusement M. de Vergennes découvre qu’il est incompétent, vu que l’ordre a dû passer par les mains de l’intendant de Bretagne et être expédié dans le département de M. Amelot. Enfin, le 10 août 1780, M me de B. obtient d’être envoyée à l’Hôtel-Dieu de Caen.

De là elle écrit au ministre pour lui dénoncer les manœuvres des parents qui veulent la dépouiller, qui depuis huit ans n’ont pas laissé une lettre d’elle parvenir à son mari, détenu à Pontorson. Mais la lettre reste sans réponse jusqu’à ce que le comte de Faudoas s’intéresse à elle. C’est ainsi que se passent généralement les choses. Les gens languissent jusqu’à ce que quelque personnage puissant veuille bien s’occuper d’eux. Le comte écrit au ministre : « Les injustices et les mauvais traitements qu’elle a essuyés « pendant sa captivité ont été reconnus. » Il ajoute : « Elle « désirerait pouvoir jouir de son bien. Son mari, décédé « en 1781, lui a laissé de mauvaises affaires. Les parents « qui ont été la cause de sa détention ne sont pas pressés « dé lui rendre des comptes. Ils paient pour elle une mo- « dique pension qui ne peut suffire que pour son loge- « ment et sa nourriture, et elle est actuellement'dans le « plus grand besoin. M. Amelot a bien voulu avoir égard « aux représentations qui lui ont été faites et a promis

« de lui rendre justice ; mais elle a des parents à Paris « qui sollicitent vivement contre elle, dans la crainte n d’être forcés de rendre compte et d’être obligés de res- « tituer. »

Grâce à cette puissante intervention, les choses changent de face, et l’intendant s’aperçoit qu’il pourrait bien être temps de mettre un terme à sa captivité. « Ses infirmités,

« la régularité de ses mœurs et la douceur de son caractère « me font désirer, dit-il, qu’elle puisse rentrer dans la « société, ou au moins que l’on la mette à portée de se « présenter devant les tribunaux. » Enfin , le 20 mai 1782, la pauvre femme est mise en liberté. Mais ses épreuves n’étaient pas finies. Arrivée à Rennes pour régler ses affaires, elle trouve mille difficultés : « On ne m’attendait « pas, dit-elle, mes parents attestaient que je mourrais « dans leurs fers. » Elle s’est réfugiée, pour suivre un procès, dans un couvent d’Avranches. On essaie de l’en chasser. Son beau-frère fait dire qu’elle va produire des désordres affreux, qu’on va venir l’arrêter. Le secours lui vient de l’endroit d’où on l’attendait le moins, de l’administration repentante.

En effet, et ceci est un trait caractéristique, l'arbitraire ne garde pas rancune à ceux qu’il a persécutés. Dès qu’ils ont su se faire rendre justice contre lui, il se montre plein d’affabilité. Il s’intéresse à eux de tout le mal qu’il leur a fait, et ses anciennes victimes deviennent ipso facto ses protégés. En l’absence de l’intendant, son secrétaire écrit à l’abbesse du couvent où M me de B. a trouvé asile : « Depuis longtemps cette dame m’est connue par ses « malheurs, sa patience dans les maux qu’on lui a fait « éprouver, sa doueeur et sa bonne conduite. Il paraît « qu’il n’y a jamais eu que des motifs d’intérêt pour l’en « priver... J’ai actuellement sous les yeux des témoignages « non suspects de la manière dont elle a vécu dans la der- « nière communauté où elle a été reçue et où elle s’est

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« fait respecter par la régularité de ses mœurs et l’hon- « nêteté de ses sentiments. »

On doit remarquer ici l’impression singulière que produit la lecture de ces dossiers en prenant les pièces par ordre de date. On croit d’abord avoir sous les yeux un misérable rebut de la société, une peste publique, à la suppression de laquelle on ne saurait qu’applaudir. Puis vient l’intérêt pour des souffrances excessives , démesurées, l’objet de cet intérêt fût-il coupable. Puis quand enfin, après de longues tortures, le malheureux a pu faire entendre sa plainte ', on s’indigne de voir des innocents livrés à de semblables persécutions.

Ici, du reste, pour la consolation des âmes sensibles et amies des dénouements heureux, cette histoire commencée comme un drame finit comme une comédie. La main de l’administration s’est fait sentir. Les dernières pièces qui figurent au dossier sont deux lettres presque identiques avec les seules différences commandées par la position des deux destinataires où M me de B. reconnaissante fait part â M. l’intendant et à son secrétaire de son mariage avec un gentilhomme du diocèse de Lisieux, M. A. de M., ancien chevau-léger et chevalier de St-Louis.

Note ».

"Voici les prix de quelques-unes de ces maisons :

Mont-St-Michel, 800 livres avec le vin ; 600 livres sans le vin. On paie le premier quartier au moment de l’entrée.

Mesnil-Garnier, en 1775, 450 livres.

Au Bon-Sauveur de Caen , 950 livres pour une dame noble accusée d’adultère.

Au Bon-Sauveur de St-Lo , 400 livres.

A Beaulieu , 1,200 livres.

Le roi n’accorde de place gratis au dépôt qu’en faveur des mendiants, des vagabonds , et de ceux qui y sont ren-

fermés par ordre du ministère public, dans le cas toutefois qu’ils seraient sans ressources.

Dans quelques maisons, certains sujets sont reçus gratuitement lorsqu’ils peuvent rendre des services et payer par leur travail.

Voici la note d’une femme détenue en 1779 dans un couvent de St-Lo, sur la demande de son mari : « Pension de 200 livres payables par quart. Un petit cabinet avec une couche , des rideaux, une paillasse, deux chaises. Pas de draps, serviettes T ni linges. Blanchie à ses frais, éclairée, chauffée de même. »

Note E.

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