‹ Du sort des aliénés dans la Basse Normandie avant 1789, d'après des documents inéditsChapitre 3 sur 5 · SUR LA TOUR CHATIMOINE · texte numérisé non relu

SUR LA TOUR CHATIMOINE

La Tour Châtimoine, autrement appelée Grosse Tour ou Tour aux Fols, était une tour ronde, lourde, massive. « Elle est fort spacieuse et d’une solidité qui ne permet pas de craindre les évasions, » disaient dans un rapport les magistrats municipaux. Un détail que je trouve dans un procès-verbal de visite de l’an 1600 peut donner, en effet, une idée de sa grandeur. Au deuxième étage ou Salle de la Tour, on constate la présence de « seize pièces de canon de fonte, plus une petite pièce, cent boulets, trente-et-un barils de poudre à canon en contenant 8164 livres, quatre cent trente-cinq barils de poudre grenue pour l’arquebuse, de grandes pièces de bois, des affûts, etc. »

Elle se divisait en trois étages : la salle haute, la salle du concierge, les prisons souterraines ou basse-fosse.

Elle avait été construite sous Charles VII, à l’endroit autrefois le plus mal défendu de la ville , à celui par où les Anglais l’avaient attaquée en 1417 , et par où les Français, à leur tour, l’avaient abordée et prise en 1450, les Anglais s’étant contenté de réparer à la hâte les brèches qu’ils

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avaient faites eux-mêmes et n’ayânt pu donner suite à leur projet d’établir là une solide fortification, et le connétable de Riehemond ayant fait sauter, au moyen d’une mine, une vieille tour qui faisait toute la force de la ville de ce côté. C’est ce que constatent les « lettres royaux », qui permettent aux habitants de s’imposer pour relever les murailles détruites. « Nos bien amés les bourgeois, manants et habitants de notreârille de Caen nous ont fait remontrer que la muraille de la ville du côté de l’abbaye de St-Étienne avait été fort rompue et estonüée par bombardes et canons du temps que dernièrement y fîmes tenir le siège, et qu’elle fut par nous prise sur nos anciens ennemis et adversaires les Anglais. » En conséquence, en 1453 (1) le roi avait permis de « mettre sus et imposer par sept années, sur les habitants de Caen , la somme de 500 livres par quartier ou 2,000 livres par an, pour employer et convertir à faire un pan de la dite muraille et une grosse tour pour la sûreté et défense d’icelle du côté de St-Étienne. »

L’imposition avait été levée , en effet, pendant sept ans, et la ville y avait encore joint plusieurs autres sommes .de ses deniers sans que l’œuvre fût achevée. Aussi de nouvelles lettres de 1460 « octroyaient auxdits bourgeois et habitants de Caen que ladite somme de 500 livres, soit du consentement desdits bourgeois et habitants ou de la plus grande et saine partie d’iceux, mise et imposée sur eux par chacun quartier d’une année entière. » Grâce à ces sacrifices

(1) Archives de la ville, lettres royaux de 1400. Un mémoire justificatif de 1740, au sujet des tours, etc., voudrait en faire remonter la construction plus haut. On y lit : Au nombre de ces fortifications, il y a une tour nommée la tour Châtimoine, qui doit son existence à la première entreprise que les Anglais firent sur cette ville, sous le règne de Philippe de Valois. Il y a évidemment ici confusion entre la tour Châtimoine et la vieille tour qu’elle avait remplacée ou tour d’Haucourt.

et malgré le mauvais vouloir de l’abbé de St-Étienne, qui défendit même à ses vassaux du Bourg-l’Abbé d’y travailler, la tour s’était enfin complètement élevée en 1461, et au lieu du nom de tour d’Haucourt, qu’elle avait hérité de la vieille tour qu’elle remplaçait, le peuple lui avait donné le nom de Ghâtimoine, en souvenir du chagrin qu’elle avait causé à l’abbé (1),

La. ville, qui l’avait payée, entendil'Lien en conserver la propriété, et nous voyons qu’elle la revendique à plusieurs reprises,, soft contre le parlement, soit contre l’autorité militaire , qu’elle repousse par exemple avec vivacité la prétention du procureur général du parlement de Rouen d’intervenir dans, la nomination du concierge de la tour, de le nommer ou tout au moins de l’accepter , qu’elle nié également ce droit aux représentants du pouvoir royal. Le maire et les échevins assuraient que la tour était un hôpital pour les fous, ce qui ne regarde que la police, que ni le parlement ni l’autorité militaire n’ont droit d’intervenir. La ville,-à plusieurs reprises, avait déjà revendiqué contre cette dernière, qui les réclamait au nom du roi, seul possesseur des fortifications du pays , la possession de la tour et de ses fossés, remparts et contrescarpes, à l’exception de ceux du château. Dans un mémoire justificatif au sujet des tours , murailles, fossés, remparts et contrescarpes fie la ville de Caen, du 23 avril 1740, ils déclarent que la ville a payé ces fortifications de ses propres deniers; que les murailles et les tours, qui dataient pour la plupart du XIV e siècle (car auparavant la ville était peu fortifiée), avaient été faites par les habitants sur des fonds qu’ils avaient aequis, ou plutôt aux dépens de ceux qui les avaient pris en constitution.

Que les rois Philippe VI, Jean-le-Bon et Charles V dit le Sage, leur avaient accordé la per mis sion de lever un

(1) Huet, Origines de Caen , 2 e édit., p. 50-51.

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octroi sur les boissons, dont le produit était employé au paiement de ces intérêts et à l’entretien des fortifications. Que sous les règnes suivants la ville obtint la permission de compléter ses fortifications , qu’elle acheta les fonds qui convenaient à cet usage, et fournit â cette dépense nouvelle au moyen d’un nouvel octroi sur le sel.

La ville, en effet, faisant de tout temps acte de propriétaire sur ses fossés, remparts et contrescarpes, « en avait fieffé la meilleure partie, à condition de les abandonner lorsque la sûreté l’exigera sans aucun dédommagement. » Elle affermait le surplus au moyen d’un certain loyer par an, et les deniers en étaient employés au paiement des dettes de la communauté, et spécialement des rentes dues à cause de l’acquisition des fonds occupés par ces fortifications.

La propriété avait été parfois contestée. En 1564, le gouverneur de Caen, M. de Lago, s’en était emparé par force ; mais son successeur, M. de La Vérune, en avait fait la remise aux maire et échevins par un acte du 2 mars 1568.

En 1671, nouvelle entreprise de M. de Vieuxfumé , lieutenant* du château. Il avait été débouté de ses prétentions par un arrêt du Conseil du 20 novembre de la même année.

Un arrêt de décembre 1710 avait renouvelé les décisions du précédent. Il avait été reconnu que tout le pouvoir des gouverneurs, lieutenants de roi, majors et commandants du château, se bornait à obliger les habitants à tenir les fortifications en bon état lorsqu’elles n’y sont pas et que la sûreté exige qu’elles y soient.

La tour ne semble avoir servi d’abord qu’à des usages militaires, bien que la disposition de l’étage inférieur semblât la destiner à servir aussi de prison. On se demande si le nom même que lui avait donné le peuple n’indiquait pas une semblable destination. La présence de

ces canons et de toutes ces munitions que nous y avons déjà signalées en 1600 indique qu’on en avait fait une sorte d’arsenal.

C’est en 1659 (1) que je vois la première trace de son attribution au logement des fous. Plus tard (2), la ville accorde la jouissance de la tour aux directeurs du bureau général des pauvres valides de la ville pour y renfermer les pauvres, jusqu’au moment où elle leur donna en échange « le Lieu de Santé pour faire ledit renfermement (3). »

En 1673, la tour se trouvant vide, Guillaume Brodin et Allain Auber, maître maçon et charpentier de la ville, représentent qu’ils ont besoin d’un lieu pour rentrer et mettre à couvert leurs outils servant à travailler pour la ville. On leur permet de se servir de la tour à cet effet, « à charge de la tenir nette et de la quitter toutes fois et quantes qu’il sera jugé à propos. On leur donne, de plus, à ferme pour neuf ans le jardin proche la tour, le long du mur de la ville, pour le prix et somme de 30 livres par an. »

Ils ne devaient pas, du reste, en garder longtemps la jouissance. En 1676 (4), les directeurs du bureau général des pauvres représentent que le Lieu de Santé, qui leur a été donné par la ville, n’est plus suffisant pour leurs’ services, et ils, demandent « qu’il plaise à la ville leur accorder la jouissance de la tour Ghastimoigne, laquelle sera même plus commode pour enfermer les vagabonds. » Ce qui leur est accordé.

En 1678 (5), il se fait à la tour des travaux auxquels on

(4) Arch. de la ville. Reg. 70, fol. 30.

(2) Ibid. Reg. 69, fol. 56. 19 juin 1673.

(3) Ibid. Reg. 70, fol. 30.

(4) Le samedi 25 janvier 1659. J’ai déjà parlé de cette autorisation donnée à un certain André de L., curateur de son frère Antoine de L., d’y faire enfermer celui-ci.

(5) Arch. de la ville. Reg. 70, fol. 103.

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consacre une somme de 800livres, mais ce n’est pas pour l’amélioration du sort des détenus. La ville y fait établir une glacière, « parce que c’est le lieu qu’on a trouvé le plus commode. » Et le conseil paraît avoir donné beaucoup plus d’attention à la surveillance de sa glacière qu’à celle des divers prisonniers qu’a renfermés la tour. Nous voyons, en 1751 (1), le conseil en grand émoi. Le maire a représenté que le maître d’hôtel de « M. de Mathan, lieutenant de roi des ville et château de Caen, a envoyé chercher de la glace et a prétendu en avoir sans en demander à aucun des officiers du corps de ville, ce qui est contre l’usage, et sur le refus du concierge, il a répondu que son maître était libre d’en faire prendre lorsqu’il le jugeait à propos, sans en demander à personne. » En présence d’un pareil empiétement de pouvoir, on décide en hâte qu’un échevin et le procureur du roi se transporteront au château pour représenter de la part de la compagnie à M. de Mathan les inconvénients qui pourraient arriver, « et le prier d’envoyer des billets signés de lui au concierge. »

Heureusement cette grave affaire s’arrange, et M. de Mathan accueille avec une parfaite bonne grâce les réclamations de la ville.

C’est au XVIII e siècle que la tour est régulièrement assignée au logement des fous (2). On trouve, en 1718, une requête d’un certain Gaspard Lemaître, bourgeois de Caen, demandant « à être nommé à la garde de la tour et des fous renfermés en icelle. » Il est admis auxdites fonctions « aux profits et émoluments y attachés. »

Cependant, malgré les services de toute sorte qu’elle rendait, la tour Ghâtimoine était menacée de démolition.

Un arrêt du conseil, du 13 juin 1765, porte que la ville

(1) Arch. de la ville. Reg. 95, fol. 60.

(2) Ibid. Reg. 84, fol. 90.

sera tenue d’évacuer, dans les six mois de la notification, la tour Châtimoine, en transférant ailleurs les insensés et autres sujets qui y sont détenus ; de faire construire dans le même délai , où il appartiendra, une ou plusieurs glacières , et que les matériaux de la tour seront employés à la construction d’une intendance qui doit occuper la place de la tour et des terrains adjacents. Mais la ville réclama contre cette décision. Elle assurait que « les pauvres malades de l’Hôtel-Dieu et les revenus de la ville étaient rop obérés pour pouvoir fournir aux travaux considérables qu’exigeait le transport et établissement des insensés et autres sujets renfermés à la tour Châtimoine. Et M. de Fontette demandait, le 20 décembre 1765, qu’on laissât sans exécution l’arrêt du conseil pour bâtir un hôtel d’intendance.

Ce n’est qu’en 1785 que la Tour devait enfin tomber et ses horreurs disparaître. On songeait alors à construire de nouvelles prisons, et on avait pensé à utiliser la tour Châtimoine sur laquelle elle devait s’appuyer, et ses cachots. Mais nous avons vu que l’intendant la visitant pour savoir si elle pouvait servir à cette destination, l’avait trouvée si horrible qu’il avait déclaré au. ministre qu’il était impossible de la conserver. Ainsi avait dit le maire, ainsi l’inspecteur général des hôpitaux. Tous avaient d’une seule voix demandé la suppression de cette monstruosité.

En conséquence, un brevet royal était intervenu, 2 avril 1785. On y lisait : « Sur ce qui a été présenté au roi que la vieille tour, appelée tour de Châtimoine, faisant partie des anciennes fortifications de Caen , n’offre plus que des cachots aussi affreux que malsains, qu’elle tombe en ruines de toutes parts, qu’elle tient à d’anciens murs dont la démolition a été ordonnée, que restant isolée elle formerait l’aspect le plus désagréable , que d’ailleurs elle nuisait aux constructions des nouvelles prisons et des bâtiments destinés aux juridictions, qu’enfin elle est devenue absolu-

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ment inutile au moyen de l’établissement de la maison de Beaulieu, qui est arrangée pour recevoir les personnes qu’on y renfermait, S. M. ordonne qu’elle sera démolie. »

— On ajoutait que les matériaux paieraient les frais.

La démolition, commencée le 42 octobre 1785, ne fut achevée que le 28 novembre 1787. Le vieux donjon tenait bon. Il y fallut trois mille journées de travail ; il en coûta 3,054 livres à 1 livre par journée. La dépense fut loin d’être couverte. La vente des matériaux de la tour Silly et de la tour Châtimoine produisit 2,727 livres ; la dépense fut de 5,713. Tout le monde, du reste, fut convié à prendre part à ses dépouilles. La ville donna une partie des matériaux : les uns pour des réparations municipales, d’autres « pour raccommoder le tort fait à des maisons voisines », d’autres à des particuliers : à M. de M., trois voitures de pierre ; au comte du R., une couverture de puits en pierre dure; au comte d’O., des « chaussins » ; à celui-ci, de la pierre de taille pour faire deux fenêtres et trois portes; à celui-là, des marches d’escalier en pierre dure; à tel autre, trois cents de vieilles tuiles ou des tombereaux de sable de la démolition ; au commandant de la maréchaussée , vingt charretées de moellons ! Lui trouvait-on, en vertu de son titre, des droits spéciaux sur les débris de la prison ? Aux Capucins même, vingt voitures de moellons., douze aux Dames de l’Hôtel-Dieu, quatre aux Sœurs grises de St-Nicolas; aux Cordeliers, huit toises de pierre et de la pierre de taille. Il y a trente-huit permissions de ce genre accordées.

Pour en finir avec la vieille tour, nous donnons ici in extenso , d’après les archives de l’hôtel-de-ville, la pièce à laquelle nous avons fait tout à l’heure quelques emprunts et qui contient tout l’historique de la question.

Mémoire instructif au sujet des tours, murailles , fossés, remparts et contrescarpes de la ville de Caen. —

« Avant le XIV* siècle, la ville de Caen étoit peu fortifiée. Les murailles et les tours qui subsistoient alors avoient été faites par les habitans sur des fonds qu’ils avoient acquis de leurs propres deniers, ou plutôt aux dépens de ceux qui les avoient pris en constitution.

« Pour payer les intérêts de ces deniers, les roys Philippe VI, Jean-le-Bon et Charles V dit le Sage, leur avoient accordé la permission de lever un octroy sur les boissons, dont le produit étoit employé au payement de ces intérêts et à l’entretien des fortiffications.

« Sous les régnes suivans, la ville, manquant de fortiffications en plusieurs endroits, obtint la permission d’en faire faire et elle acheta les fonds qui convenoient à cet usage.

« On luy accorda un nouvel octroy sur le sel pour subvenir à ces fortiffications, et cet octroy subsiste encore.

« Au nombre de ces fortiffications, il y a une tour nommée la tour Châtimoine, qui doit son existence à la première entreprise que les Anglois firent sur cette ville sous le règne de Philippe de Valois.

« Cette tour sert depuis un temps immémorial à renfermer les pauvres habitans dont l’esprit est dérangé. Ils y sont nourris , aux dépens des revenus de l’Hôtel-Dieu , par un concierge, que les maire et échevins y placent, et sur la conduite duquel ils veillent continuellement, afin que ces malheureux ne soient pas négligés. ( On a vu ce que valait cette surveillance continuelle qui ne s’apercevait pas que de pauvres gens étaient oubliés là depuis dixhuit ans. )

« Depuis quelques années on y a reçu (en conséquence des lettres de cachet addressées à M. le Maire ) des personnes furieuses des villes voisines.

« De toute antiquité connue, les maire et échevins sont en possession des fossés, remparts et contrescarpes de la ville, à l’exception de ceux du château ; ils en ont fieffé la

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meilleure partie, à condition de les abandonner lorsque la sûreté l’exigera, sans aucun dédommagement.

« Ils afferment le surplus au moyen d’un certain loyer par an, et les deniers en sont employés au payement des dettes de la communauté et spécialement des rentes dues à cause de l’acquisition des fonds occupés par ces fortiffications.

« En Tannée 1564 ou à peu près, M. de Lago (qui étoit pour lors gouverneur de Caên) s’empara de force et de violence de ces fossés, remparts et contrescarpes ; mais M. Pellet de La Vérune, qui lui succéda, en fit la remise aux maire et échevins, par un acte du 2 mars 1568 qui se trouve au folio 13 recto du 28 e registre de l’hôtel-de-ville.

« En 1671, M. de Vieuxfümé, major du château, eut des prétentions sur les mêmes fossés, etc. ; mais il en fut débouté par arrêt du conseil du 20 novembre de la même année, qui est dans la 33' boete des archives communes, sous le n° 625, avec un autre arrêt du 20 décembre 1710, qui maintient les habitans de cette ville dans la propriété et possession de ses murailles, fossés, remparts et contrescarpes.

« Il est donc bien certain que MM. les gouverneurs, lieutenants de roy, majors et commandans du château n’ont aucun droit sur les fortiffications de la ville de Caen. Tout leur pouvoir se borne à obliger les habitans de les tenir en bon état lorsqu’elles n’y sont pas et que la sûreté exige qu’elles y soient.

« La tour Châtimoine en particulier est un hôpital pour les foux, ce qui ne regarde que la police et non pas les militaires ; aussi aucun de MM. les gouverneurs ne s’est meslé dans aucun temps d’y placer des concierges : ce droit appartient aux maire et échevins seuls, à l’exclusion de tous autres.

« Autant du présent remis à M. le major du château pour envoyer à M. le maréchal de Coigny, le 23 avril 1740. »

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