‹ Du spasme de l'accommodation chez l'enfantChapitre 21 sur 25 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Considérations tirées de l’étude de ros observations

Nous interpréterons dans ce chapitre les résultats de l'analyse faite au chapitre précédent. Nous rapporterons également les quelques constatations intéressantes que nous avons pu faire dans le cours de nos recherches : c’est pour celte raison qu'après avoir traité du spasme tonique et des contractions partielles du muscle ciliaire, nous dirons quelques mots sur le spasme clonique.

Spasme tonique. — Nous avons, dans les chapitres précédents, considéré comme réfraction statique vraie celle donnée par les mensurations sous atropine; en réalité, il faut tenir compte d’une légère diminution de la puissance de réfringence de l'œil sous l'influence du mydriatique. D’après Fuchs, « la petite diminution de la réfraction produite par l’atropine correspond au tonus du muscle ciliaire qui existe toujours et qui ne disparait que par la paralysie de ce muscle ». Ce tonus est une propriété physiologique commune à tous les muscles de l'organisme; c’est par lui que la plupart des yeux humains sont rendus emmétropes, sorte d'emmétropie dynamique qui cache une légère hypermétropie. Dans la vieillesse, cette hypermétropie devient manifeste par suite de la diminution simultanée du tonus et de la force réfringente du cristallin.

Il en résulte que la valeur du spasme, telle que nous l'avons comprise jusqu'ici, doit être diminuée d’une quantité représentant le tonus du ciliaire. Pour Fuchs, cette quantité ne doit pas dépasser 1 d.; toute diminution de la réfraction supérieure à

ID Le

1 d. serait une preuve de l'existence d'un spasme. Si, dans nos observations, nous estimons physiologiques Îles valeurs égales ou inférieures à À d., 79 */, des méridiens ne présentent pas de spasme en Lant qu'élal pathologique. Si nous considérons les 74 yeux que nous avons examinés, 12 seulement présentent du spasme dans leurs deux méridiens et 6 dans un seul de ces méridiens.

Mais pouvons-nous tracer une ligne de démarcation bien nette entre le tonus et le spasme? Nous ne le croyons pas. Il se pourrait que chez certains sujets le muscle ciliaire ait une tonicité un peu plus forte que la normale, sans ètre pour cela pathologique; il n'y aurait alors vraiment spasme tonique que si la différence entre les deux examens, pratiqués avant et après l'atropine, atteignait une valeur assez élevée telle que 3 d., 4. d., ou davantage encore, mais qu'il nous est impossible de préciser. D'ailleurs, les modifications de la réfraction qui constituent le spasme tonique seraient, à notre avis, toujours liées aux modifications du tonus el compiètement indépendantes de la fonction accommodatrice. Le spasme tonique d'un certain degré serait la mesure d’une hypertonicité du muscle ciliaire; en tout cas, on a constaté la présence de ce spasme dans deux affections, l'hystérie et l'épilepsie, dans lesquelles on observe souvent une hypertonie musculaire.

Quoi qu’il en soit, l'étude de nos observations nous montre sinon la rareté du spasme tonique idiopathique, du moins son peu d'importance chez les 37 sujets que nous avons examinés, et, à notre avis, on abuse du terme impropre de spasme, qui ne devrait s'appliquer qu'aux états vraiment pathologiques tels que ceux cités précédemment.

Nous avons dit, au début de notre travail, que le diagnostic de spasme tonique, ou plutôt d'absence de spasme clonique, était basé sur l’identilé des deux examens pratiqués le premier jour; nous pourrions, en réalité, nous dispenser dans beaucoup de cas du deuxième examen avant l’atropine, grâce au moyen sûr de contrèle de l’accommodation qu'est l’état de la pupille. A l'état normal, la pupille est continuellement en mouvement;

Page 1