‹ Du spasme de l'accommodation chez l'enfantChapitre 9 sur 25 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Méthode suivie dans nos observations

La skiascopie est un procédé actuellement trop répandu dans la pratique courante de l’ophtalmologie pour que nous ayons à la décrire. Elle est considérée à juste titre comme supérieure à toutes les autres méthodes; elle est, en effet, d’une grande simplicité et de tous les procédés le plus aisé à connaitre, elle possède l'avantage qu'on ne doit pas se préoccuper de la réfraction ou de l’accommodation de l'observateur. La skiascopie permet d'étudier facilement l’astigmatisme ; de plus, elle est une méthode objective : «En procédant subjectivement au contraire, on fait toujours un examen contingent dont l’exactitude est fonction de l'intelligence ou de l'attention du malade, et dont le résultat ne saurait satisfaire un esprit rigoureux » (Chibret).

Très simple à première vue, la skiascopie est cependant d’une application assez délicate, surtout chez les enfants; son exactitude relative est liée à l’observation stricte d'une technique qui doit être invariable, si l’on veut obtenir des résultats comparables entre eux.

En premier lieu, l'observateur doit se placer à peu près exactement à un mètre de l’observé; bien que l’erreur soit peu notable pour une différence de quelques centimètres en plus ou en moins, cette condition doit être remplie si nous recherchons une certaine précision. En deuxième lieu, les verres correcteurs doivent toujours être placés à la même distance de l'œil examiné ; on réalise cela très facilement avec la règle de Parent ou les

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palettes de Trousseau. C’est d’ailleurs ce dernier instrument que nous avons utilisé. Enfin, la direction de l'axe visuel de l’observé doit être invariable: voilà les trois règles que l'on doit suivre scrupuleusement.

Mais quelle doit être la direction du regard du sujet? On devrait théoriquement skiascopiser le pôle postérieur de l'œil, c’est-à-dire la macula ; si nous voulons agir ainsi, il faudra que le sujet regarde le centre du miroir de l'ophtalmoscope distant d'un mètre, et, s'il n’est pas atropinisé, il accommodera d’au moins À dioptrie, ce qui augmentera d'autant sa réfraction soi-disant statique. Pour éviter toute intervention du dynamisme de l'œil, il faut que le sujet puisse regarder au loin ce que nous obtiendrons en lui conseillant de regarder soit à droite, soit à gauche, en dehors de notre visage, et en faisant la skiascopie dans une chambre noire, longue d'au moins D mètres.

Mais si nous étudions des régions de la rétine trop éloignées de la macula, nous commettrons une erreur d'autant plus grande que la skiascopie portera sur des régions plus périphériques; en plus de la différence de réfraction sphérique due à l'examen d’un axe autre que l’axe visuel, nous aurons un astigmatisme par incidence oblique du faisceau lumineux. Si nous ne pouvons observer la macula, nous devons du moins étudier une région qui en soit aussi peu éloignée que possible, l'axe visuel du sujet étant toujours dirigé vers le fond de la chambre noire.

Pour cela, nous avons à choisir entre deux règles dont voici la première : « Pour l'examen de l’œil droit, cet œil regardera un peu en dehors de l'oreille droite de l'observateur qui skiascopisera avec son œil droit; pour l’examen de l'œil gauche, cet œil regardera un peu en dehors de l'oreille gauche de l'observateur qui skiascopisera avec son œil gauche ». En somme, l'œil est dirigé comme pour l’examen ophtalmoscopique de la papille; Druault trouve dans cette position une cause d'erreur, la région examinée présentant souvent une surface inégale et, pour Imbert, l'erreur qui en résulte est souvent très considé-

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