CHAPITRE VI
Nous venons de voir combien, lorsqu’intervient ce spasme réflexe, le diagnostic du siège de la lésion présente de difficultés et pourtant de l'exactitude de ce diagnostic dépend absolument le traitement.
Quand une tumeur perçue dans la région épigastrique, permet de considérer ce spasme comme symptomatique de la lésion de lestomac, le traitement du spasme luimême n’aura que peu d'effets ; la dilatation mécanique, à l’aide de bougies œsophagiennes, qui peut avoir raison des spasmes idiopathiques, aura bien pour effet de permettre au moment même l’alimentation, mais elle n’aura qu’une action passagère, le spasme ne tardera pas à reparaître.
Les spasmes de l’œsophage cessent naturellement moins
vite quand une irritation chronique de lestomac ou de
l’œæsophage les a provoqués ; ils ont alors, en effet, tendance à se renouveler à bref délai tant que subsistera la cause qui les a produits par action réflexe.
Si on considérait le rétrécissement spasmodique comme
SR
tenant à la présence à son niveau de la lésion cancéreuse, on établirait alors le traitement du cancer de l’œsophage, la gastrostomie ou la méthode de la sonde à demeure, l'introduction par l’une des narines d’une sonde molle au moyen de laquelle on alimente les malades, On a pu lutter ainsi quelque temps contre les effets de l’inanition chez des malades atteints de cancer de l’œsophage ; mais dans des cas où le spasme est symptomatique d’un cancer de l'estomac, ce traitement palliatif semble inutile et absolument irrationnel.
Si le diagnostic a pu se faire, c’est au traitement du cancer de l’estomac que l’on devra avoir recours. Nous ne parlerons pas du traitement médical qui est, on le sait, une ressource bien précaire. C’est au traitement chirurgical qu'il faut s'adresser, Quand la tumeur est nettement localisée au pylore, les faits en ont jusqu'ici justifié le traitement, la gastro-entéro-anastomose.
Dans les cas, et ce sont eux surtout sur lesquels nous désirons appeler l'attention, où le spasme est bien symptomatique d’une lésion cancéreuse de l’estomac, mais dont on ne peut préciser le siège, on aura recours à une laparotomie exploratrice.
Nous n’insisterons pas sur la technique de l'opération ni sur son innocuité aujourd’hui bien connue.
Non seulement cette laparotomie exploratrice permettra dans les cas difficiles d'établir un diagnostic certain et autorisera alors une intervention plus complète s’il est nécessaire, mais elle exerce par elle-même une action tellement favorable qu’elle doit être tentée lorsque l’état du malade le permet.
On s’est aperçu il y a quelques années que la simple