CHAPITRE PREMIER
« A côté des cas de spasmes de l’œsophage qu’on peut facilement rattacher à l’hystérie, l’hypocondrie, la neurasthénie ‘, il en est d’autres moins simples où le spasme est produit et entretenu par des circonstances matérielles, par quelque lésion agissant par action réflexe ; en un mot, le spasme est alors un phénomème sympathique d’une lésion organique siégeant plus ou moins loin, d’un cancer de l’estomac par exemple, quelle que soit la région de cet organe atteinte de dégénération cancéreuse. IL en est de même de certaines affections du pharynx, de maladiesde l’intestin, des helminthes des voies digestives. »
Mondière ? avait déjà attiré l’attention sur les cas de lésion localisée ayant donné des spasmes en d’autres points ou sur toute la longueur de l’œsophage ; et alors même que la lésion occupe un point inférieur, il semble
1 Potain, Gazette des Hôpitaux, 1883, 2 Mondière, Arch. gén. de méd., 1833.
DES aux malades qu’elle siège en un point plus ou moins rapproché du pharynx.
Une observation de Lacombe ! met bien en évidence cet œsophagisme sympathique et les difficultés que sa présence amène dans le diagnostic du siège véritable de la lésion. . Les cas où cet œsophagisme réflexe s’est manifesté dans des affections non cancéreuses de l'estomac, ne sont pas très rares dans la littérature médicale.
Observation de spasme œsophagien lié à un cancer œsophagien situé loin de l'obstacle.
Observation de M. le D' Lacombe (résumée) (Bulletin de la Société médicale des hôpitaux de Paris.)
Le malade est âgé de quarante-neuf ans, ayant fait longtemps des excès alcooliques et présentant depuis six mois des vomissements d’abord intermittents, puis réguliers. Il est très émacié, et prétend ne pouvoir déglutir que les liquides. Au bout de quelques jours les liquides eux-mêmes étaient rejetés aussitôt déglutis.
Le malade après l’ingestion d’un liquide accusait aussitôt la sensation d’un obstacle derrière l’épigastre, et rejetait le liquide au bout d’une à deux minutes.
L’obstacle semblait être au cardia ou dans la portion contiguë de l’œsophage, et un ganglion isolé dur et peu douloureux, trouvé dans la région sus-claviculaire gauche laissait présumer une lésion maligne.
Pour en préciser le siège, on passe un cathéter à olive moyenne
! Lacombe, Bulletin de la Société médicale des Hôpitaux, 1885,