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(12 millimètres environ). Après avoir franchi la région cervicale, on rencontre un léger obstacle; mais on passe outre facilement en provoquant toutefois, une faible douleur. Arrivé au niveau du cardia, on se heurte à un obstacle plus sérieux, la sonde ne passe pas; on insiste sans résultat, on la retire et on l’arme de la plus petite olive (7 millimètres environ). Mêmes résultats ainsi d’ailleurs que les jours suivants,
Le premier obstacle parut négligeable; le second semblait, à n’en point douter, lié à une tumeur maligne.
Le malade ne pouvant plus déglutir même les liquides, commençait à se mourir d’inanition et, les lavements nutritifs n’aÿant pas donné de résultat appréciable, il mourut, faute d’alimentation, huit jours après le premier cathétérisme.
A l’autopsie. — On constate facilement sur l’æsophage un renflement fusiforme de 3 centimètres au moins de longueur, et dont la limite inférieure atteignait le niveau de la bifurcation trachéale. Ce renflement était dur, et se liait certainement à un épaississement néoplasique des parois.
Le fait devenait évident par une section longitudinale ; dans sa partie moyenne l’épaississement de la paroi atteignait près de 15 millimètres et s’éteignait progressivement au-dessus et audessous ; la lumière du canal se trouvait d'autant diminuée, et pouvait avoir au point le plus étroit 5 à 6 millimètres de diamètre, susceptible du reste, d’une facile dilatation.
Au-dessus de la tumeur le canal était un peu dilaté, au-dessous “il était normal. L'examen microscopique de la tumeur a révélé un
. épithélioma.
Le premier obstacle rencontré par la sonde était done expliqué, mais tout autrement qu’il n'avait été prévu. IL en était bien pis encore du deuxième et véritable obstacle pendant la vie, Ni dans les portions inférieures de l'œsophage, ni au cardia lui-même, on ne voyait rien d’anormal; pas trace de rétrécissement.
L’estomac était vide, de couleur jaunâtre, les parois un peu épaissies,
ras
Observations de spasme œsophagien dans les affections non cancéreuses de l'estomac.
I, — Observation de W. Poot (Dublin Journal, V LVIT) (traduite et résumée in thèse de Bertrin, Paris, 1885).
Femme de quarante-trois ans, se plaignant de dysphagie telle que, à ce qu’elle rapporte, elle n’aurait pu, depuis huit jours, prendre même aucun liquide.
Pas d’amaigrissement ; l’état général, au contraire paraît assez satisfaisant.
Légère teinte ictérique.
Six mois auparavant la malade avait vomi du sang à trois reprises différentes, le même jour et sans effort; une semaine avant son entrée, nouvelle hématémèse, |
Il lui est impossible de rien déglutir, quelques gouttes d’eau passent à grand’ peine, elle éprouve un sentiment de constriction au niveau du corps thyroïde, qui n’est pas augmenté de volume,
Guérison par emploi d'HCI,
II.— Observation de W. Poot, consécutive à la dyspepsie (Ibid).
Le malade, âgé de vingt-quatre ans, se plaignait de difficulté à déglutir les solides ; seuls, les liquides pris isolément et en petite quantité pénètrent dans l’estomac. Pris après ou avec les solides, ils s’arrétaient à peu de distance de l’estomac et étaient aussitôt rejetés sans effort.
Sentiment de constriction se faisant parfois sentir en dehors de la déglutition.
Intermittence du spasme. Le passage dela sonde se fit librement et sans faire sentir aucun rétrécissement.
Le spasme a débuté il y à trois ans par du hoquet, et divers phénomènes dyspeptiques tels que : douleurs à l’épigastre, pyrosis, éructations.
Maladie intercurrente suspendant l’œsophagisme, qui réapparaîit pendant la convalescence : Traitement par sous-nitrate de bismuth et HCI. Pas d'amélioration.
III. — Morell Mackensie cite un cas de spasme œsophagien lié à un état dyspeptique durant depuis deux àns.
IV. — Observation d’Abernethy (in thèse de Bertrin, Paris, 1885.)
Il s’agit d’une malade qu’on supposait avoir un rétrécissement de l’œsophage; elle ne pouvait prendre les aliments que très divisés, et était obligée de boire après chaque: morceau pour en faciliter la descente dans l'estomac. Vomissements habituels après la déglutition et accompagnés de mucosités et de sang.
Région épigastrique très douloureuse. Les intestins fonctionnent mal.
On établit le traitement des troubles de l'intestin ‘et de l’estomac l’œsophage partagea l'amélioration et la guérison est devenue complète.
V. — Spasme æœsophagien lié à une affection de l'estomac (thèse de Bertrin, Paris, 1885).
Gastrite développée à la suite d’ingestion exagérée de capsules de térébenthine, au point de faire suspendre toute nourriture pendant quinze jours ; les boissons glacées seules étaient tolérées.
Sensation de constriction au niveau de l’appendice xiphoïde. Quelquefois douleur intense; en ce point sensation d’obstacle, régurgitation immédiate.
VII, — Observation de Bouilly (ir thèse de Bertrin). Spasme æsophagien lié à la dyspepsie et à un état nerveux.
Cas de dyspepsie accompagnée de dysphagie extrêmement douloureuse ; les liquides même ne passent pas à certains moments. On crut à un néoplasme de l’œsophage, et on tente le cathétérisme. La plus grosse olive passe sans rencontrer d’obstacle ne déterminant que des nausées,
AL Traitement par des douches et bromure.
Traitement de la dyspepsie.’ :
Amélioration du spasme œsophagien.
VII, — Observation de Peter (Gazette des hôpitaux, 1883) - Spasmes œsophagiens causés par une gastrite chronique (observation résumée).
Le malade vomissait immédiatement, surtout après l'ingestion de liquides et sans qu’ils aient pu pénétrer dans l'estomac.
Avant l'expulsion, pesanteur, malaise, siégeant vers la base du thorax, c’est-à-dire bien évidemment vers l'extrémité inférieure de l’œsophage. Peter diagnostiqua spasme œsoghagien arrêtant Jes aliments au-dessus du cardia, et amenant les mêmes résultats fonctionnels qu’un rétrécissement organique.
On voit par les faits que nous venons de rapporter que l’œsophagisme à été assez fréquemment observé dans les lésions de l’appareil digestif, principalement dans les affections de l’œsophage et de l’estomac {. On en a encore cité la présence dans quelques autres cas, tels que l'existence de parasites dans l'intestin. Bertrin dans sa thèse rapporte une observation de ce genre ?.
Mais, on a bien plus constaté qu’expliqué cet œsophagisme réflexe.
Lannegrace a appelé l’attention sur l’association existante entre les deux extrémités de l’œsophage, la lésion de l’une des extrémités pouvant produire au niveau de
! Nous avons conservé dans la désignation de ces affections, le terme vague de dyspepsie, parce que, n’apportant pas de faits . personnels, les observations que nous relatons sont antérieures aux travaux récents sur la pathologie de l'estomac. £ ? Observation dè Legendre (in thèse Bertrin, Paris, 1885).
l’autre des phénomènes douloureux. Cette association sympathique douloureuse se produit dans d’autres affections du tube digestif, et de même qu’un calcul vésical provoque une douleur à l’extrémité de l’urètre, de même une affection d’un point quelconque de l’estomac ou de l'intestin sera ressentie au cardia ou en un point de l’æsophage, et en provoquera le spasme.
On ne devra donc, dans le pronostic du siège d’une lésion des voies digestives, ne prêter qu'une attention secondaire à une douleur même nettement localisée.
! Lannegrace, Etudes expérimentale des fonctions de l'œsophage.