‹ Du spasme de l'œsophage dans le cancer de l'estomacChapitre 9 sur 17 · OBSERVATION III · texte numérisé non relu

OBSERVATION III

Observation de M. le Dr Lacombe.

(Bulletin de la Société médicale des hôpitaux de Paris, 1885).

Spasme de l’æœsophage lié à un cancer de l'estomac.

I1 s’agit d’un homme d’une cinquantaine d'années qui se plai- gnait de vomir immédiatement tout ce qu'il ingérait; cependant, les liquides tels que bouillon et lait étaient déglutis et absorbés, mais les aliments demi-liquides et a fortiori les solides, étaient rejetés aussitôt, et sans descendre dans l'estomac.

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Les conditions bien établies dans lesquelles se produisait le vomissement, et les renseignements fournis par le patient semblaient impliquer nécessairement un obstacle œæsophagien.

On passe un cathéter, une olive de moyen volume rencontrait un obstacle infranchissable un peu au-dessous du larynx, au moment de pénétrer dans le thorax. Avec une olive plus petite, le même obstacle se faisait sentir, mais en insistant un peu on pouvait le franchir et descendre sans heurt jusqu’à l'estomac.

Les jours qui suivirent on put passer des olives plus volumineuses, la stricture arrêtait toujours la sonde, mais elle se laissait dilater, au grand bénéfice du malade qui, pouvant prendre une alimentation semi-liquide, reprenait des forces.

Le diagnostie, dit M. le D' Lacombe, ne laissait aucun doute, un rétrécissement organique sur la nature duquel on ne pouvait se prononcer, tout en inclinant beaucoup vers la tumeur maligne, semblait seule capable d'expliquer et les symptômes et le résultat obtenu.

Or, un jour, quelques heures après le cathétérisme habituel, qui n'avait rien ce jour-là présenté de spécial, le malade est pris d’un grand frisson et vomit ce qu’il avait ingéré. Ce frisson fut le début d’un état fébrile intense qui persista jusqu’à la fin.

On crut à une blessure, même une perforation de la paroi œsophagienne, pendant le cathétérisme, d’où les accidents septicémiques auxquels on assistait. La fièvre ne céda point, le malade eut des régurgitations sans prendre aucun aliment. Il accusait une douleur profonde et continue dans la paroi sus-ombilicale. Trois jours après il était mort.

À l'autopsie, on constate avec surprise l'intégrité absolue de l’œsophage en tous points, pas la moindre érosion de la muqueuse pas le moindre épaississement des parois.

Par contre, la cavité péritonéale était remplie de pus, et la muqueuse de l'estomac était sur les deux tiers au moins de son étendue, surtout la face postérieure, remplacée par une vaste ulcération végétante, pleine d’anfractuosités, et recouvrant des tissus prodigieusement épaissis. La lésion confinait au cardia, mais l’orifice lui-même n’était pas intéressé,

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La forme des derniers accidents, l’état de l’estomac et du péritoine, portaient àcroire que la péritonite ultime avait été le résultat de quelque perforation qu’il eût fallu chercher dans les anfractuosités de l’ulcération, mais l’estomac avait été ouvert sans précaution, et on ne put rien affirmer.

« Ce que je voulais surtout mettre en relief, dit M. le D' Lacombe, c'est que ce cancer de l’œsophage était un vaste cancer de l’es” tomac, »

OBsERvVATION IV (nersonnelle),

E..., Jean Pierre, cinquante-huit ans, cultivateur, entré le 22 octobre 1894, à l'asile Sainte-Engénie, après un séjour de trois mois environ à l’Hôtel-Dieu, salle Saint. Bruno.

Mort à l’Hôtel- Dieu, salle Saint-Bruno, le 5 février 1895,

Antécédents héréditaires. — Père mort d’une pneumonie à cinquante-six ans, mêre morte à quarante-cinq ans d’affection inconnue : sept frères ou sœurs dont trois morts à la suite d’accidents.

Marié à trente-cinq ans, sa femme est morte en 1893, âgée de cinquante-neuf ans. Elle aurait eu un rétrécissement œsophagien et serait morte d’inanition après six mois de maladie. Le malade ne peut donner aucun autre renseignement à ce sujet.

Trois enfants vivants et bien portants.

Antécédents personnels. — Rien de spécial à noter, jamais de maladie antérieure ; le malade à toujours été fort sérieux et vigou-reux, buvait modérément et n’a eu ni syphilis, ni rhumatisme, ni impaludisme.

Il prenait toujours ses repas d’une façon régulière, avait une bonne dentition, mâchait bien ses aliments, et, jusqu’à ces deux dernières années, ne s’était jamais plaint d'aucun trouble dyspeptique.

Au mois de janvier 1893, il éprouve pour la première fois une sensation de poids au niveau du creux épigastrique. Cette sensation qui devint bientôt douloureuse et augmenta d'intensité progressivement était presque continue, et n’était ni augmentée ni

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