‹ Du spiritualisme et de la natureChapitre 13 sur 91 · PRÉFACE. XIII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XIII

heur, impatients de l'infortune, exagérant nos vertus, nous en créant de chimériques, atténuant, effaçant nos défauts, persuadés que tout avantage nous est dû, que tout accident nous vient à tort, peu frappés du bien-être, que la possession rend insensible, et jetés hors de nous-mêmes par la moindre douleur? Dans ces épreuves, le peuple demande ce que fait donc la Providence et pourquoi elle demeure témoin impassible de ce renversement, si elle dort, si elle existe.

Il va ainsi de la foi au doute, et du doute à la foi, inquiété jusqu'au milieu de sa foi par le souvenir du doute passé, et sa vie se partage entre l'adoration, la défiance et le blasphème.

On tâche de le rassurer. Oui, dit-on, si Ton s'enferme dans ce monde tout n'est pas dans Tordre ; mais il y a un autre monde au delà de celui-ci, où Dieu règne, et nous recevant au sortir de la terre, purs ou impurs, donne à chacun suivant ses mérites. Faire abstraction de l'existence future, quand on juge l'existence actuelle, c'est juger d'une pièce sur un seul acte, sur la seule exposition, sans tenir compte d'un dénouement qui pourtant en fait bien partie.

Sans contredit un tel raisonnement est simple

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