‹ Du spiritualisme et de la natureChapitre 18 sur 91 · XXII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXII PRÉFACE

coite point. Pourquoi donc sacrifier le présent, qui est à nous, à un avenir que nous ne connaîtrons pas? pourquoi nous tourmenter sans relâche de ce qui sera quand nous ne serons plus ? Au lieu de s'inquiéter dans la froide saison si l'été viendra, il est plus sage de se faire sa place au soleil, et de la faire aussi large que possible. Ainsi on quitte le long espoir et les vastes pensées, on arrange sa vie le plus commodément qu'il se peut dans ses bornes étroites; on s'anime les uns les autres par l'exemple, dans cette poursuite de l'intérêt privé ; quand tout le monde se précipite vers une jouissance, les timides conçoivent une sorte de honte de rester en arrière , et de montrer de la vertu à contre-temps ; l'entraînement est universel.

Voilà donc l'égoïsme engendré par la foi dans la Providence. Ce n'est pas tout : quand nous devons apprécier les actions humaines, nous les jugeons d'ordinaire au nom de la morale. 11 existe, en effet, une loi qui prononce sur les pensées et les œuvres des hommes. Elle n'est ni difficile à consulter, ni difficile à interpréter, ni d'une autorité médiocre ; accessible à tous , savants et

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