PREFACE. XXV
nous enseigne à accepter les faits accomplis , à révérer en eux la Nature souveraine par qui ils sont. Après de tels raisonnements la conscience est plus en repos, et une conversion s'opère hardiment.
Certes, j'admire la soumission aux décrets de Dieu. Lorsqu'un homme qui a servi avec loyauté un pani, observant la marche des événements, continue et irrésistible, voit dune vue claire que ce parti a fait son temps, que la vie s'est retirée de lui, et qu'il est condamné ; quand, dans celte âme honnête il se livre un cruel combat entre d'anciennes affections et la raison inexorable, et que la raison l'emporte , je m'incline à ce grand spectacle, et je salue le transfuge à son passage. Mais comment ne pas s'indigner quand des considérations si hautes ne servent qu'à colorer la lâcheté ?
On prétend, lorsqu'on se soumet aux faits accomplis , accepter le jugement de la Nature , c'est-à-dire le jugement de Dieu sur les affaires humaines. Est-on bien sûr de ne se tromper jamais? Que de faits ont été regardés comme accomplis , qui ne l'étaient pas , qui ne devaient jamais l'être ! Les partis sont sujets à l'illusion ;