XXX PRÉFACE
comme on doit plus considérer l'ordre du monde qu'un simple fait, qui paraît et s'efface, les desseins de Dieu que les desseins des hommes, il est juste aussi de distinguer une grande et une petite morale , et de donner à celle-là la prééminence. Que si elles se trouvent d'accord, c'est une rencontre désirable ; que si elles se combattent, il n'y a pas d'hésitation permise, la grande l'emporte. Ces maximes conduisent beaucoup plus loin qu'elles ne semblent. On croit d'abord qu'elles se bornent à donner une autre marque pour distinguer les événements, mais qu'elles les distinguent, et permettent d'approuver les uns, de condamner les autres; mais ouvrez l'histoire, tous les faits sont liés entre eux ; supprimez celui-ci , celui-là disparaît, et le mouvement général s'arrête, Dès lors il faut tout accepter, et on tombe dans un optimisme heureux , qui nous fait voir en beau toutes les pages de l'histoire , palliant les plus révoltantes ou même en supprimant l'horreur. Ici, comme plus haut, la science ruine la conscience.
Mais laissons les jugements sur le passé qui dérivent de cette doctrine, et voyons les œuvres présentes qu'elle inspire. Elle nous ordonne ,