PRÉFACE. XXXIII
des réformes qui sont accomplies aujourd'hui , le prie de tracer, à laide de sa puissante raison, une esquisse du drame qui a eu pour dénoûment ces mêmes réformes ; une fois ce plan proposé, il le ramène parmi nous, en dissipant tout à coup l'enchantement. Concevez-vous quelle sera la honte de ce pauvre homme à la vue de son chef-d'œuvre? Alors, sans doute, présumant, par ce qu'est l'action de la Providence dans un si petit intervalle, de ce qu'elle est à travers les siècles, il confesserait qu'elle dispose de res* sources infinies, infiniment au-dessus de notre habileté et de nos conjectures, et il renoncerait à deviner Dieu.
Ainsi la foi dans la Providence a été singulièrement tournée au mal. La croyance au progrès, à l'enchaînement des effets et des causes, et à la sagesse souveraine qui tire parti de tout en faveur de l'ordre, a engendré l'égoïsme, la servilité et le mépris de la morale.
La source de tous ces désordres est ]a confusion de deux choses parfaitement distinctes : la loi morale et les lois qui règlent le mouvement des sociétés, la loi du progrès par exemple. La