‹ Du spiritualisme et de la natureChapitre 30 sur 91 · XXXIV PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXXIV PRÉFACE

loi morale enjoint à la volonté ce qu'elle doit faire, la laissant libre d'obéir ou de désobéir; elle est comme nos lois civiles, qui prétendent régler le libre arbitre sans l'entamer, et le supposent ; l'autre, la loi du progrès , est pareille aux lois physiques, fatale, invincible, attirant à elle tous les faits, libres ou non. Les actes de la volonté humaine, aussi bien que les événements qui se passent dans les corps inanimés, tombent inévitablement sous son empire , s'ordonnent, par sa vertu , dans un certain ensemble , concourent à un certain but, indépendant de nos prévisions et de nos desseins. Je puis vouloir la contrarier si elle m'est connue ; mais une fois mon action accomplie, elle m'échappe et appartient désormais à cette loi même que je combats. Je suis maître de mon acte, non de ses résultats; si je travaille sciemment dans le sens du progrès , je hâte sa marche; si je m'efforce en sens contraire, je provoque une réaction suffisante ; et ainsi , de force ou de gré , je sers cette Providence souverainement habile, pour qui , selon une heureuse expression, tout est moyen, même l'obstacle.

Ces considérations sont-elles vraies, notre loi est le progrès, notre règle la morale. Et il n'y a

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