‹ Du spiritualisme et de la natureChapitre 31 sur 91 · PRÉFACE. XXXV · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XXXV

pas une grande morale et une petite ; il n'y en a qu'une seule, l'antique, la vraie, la bonne morale. Pour la connaître, il suffit d'écouter sa conscience; et il n'a pas paru bon à Dieu que, pour être une créature morale, il fallût être un historien savant ou un profond métaphysicien ; que, pour décider entre le bien et le mal , nous eussions à deviner des énigmes.

Songe uniquement à ton bien-être, me dit-on; Dieu veille sur l'univers et le conduira sans toi. Non, je ne suis pas seulement un corps, je suis aussi une âme immortelle dont les intérêts passent avant ceux de la matière. Je garderai cet ordre que m'indique la raison.

Respecte les faits accomplis, me dit-on encore. Non; les lois universelles, sages et bonnes en elles-mêmes, donnent entrée dans le monde à la fois au bien et au mal. Quand ils sont ainsi mêlés, la morale les sépare ; elle conserve à chacun son essence, au bien son caractère aimable, sa force attrayante ; au mal son caractère odieux et repoussant. Rien au monde ne peut changer leur nature ni la mienne, qui est de m'armer pour la justice contre l'iniquité.

Pénètre les desseins de Dieu, pour t'y confor-

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