‹ Du spiritualisme et de la natureChapitre 34 sur 91 · XXXVIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXXVIII PRÉFACE

il mesurerait sa valeur par l'espace qu'il couvre de ses racines et de ses branches. Or, ce rêve d'influence , la publicité, la vie politique le réalisent; et de là vient souvent leur attrait. L'idée que je jette sur le papier, se dit à lui-même cet écrivain , bientôt parcourra le monde. Que d'esprits vont s'en nourrir, la propager, la défendre! Qui sait si elle n'aura pas la puissance de prévenir ou d'amener des révolutions? La loi que je propose, se dit cet homme politique, le vote que je tiens dans ma main, décidera peut-être d'un changement de ministère, peut-être d'un changement de dynastie, de l'ordre intérieur ou de la guerre civile , de la liberté du peuple , de l'honneur de mon pays. Mais quoi ! je ne dispose pas seulement de la génération présente ; j'atteins avant qu'elles soient nées, les générations futures; il dépend de moi qu'elles soient intelligentes et morales, ou ignorantes et corrompues. Que parlé-je de la France? La paix du monde est en jeu, et peut-être dépend-il de moi de contenir la guerre ou de la déchaîner.

Quelle magie dans de telles pensées ! et faut-il s'étonner qu'elles fascinent les hommes ? Est-ce donc ici, comme il paraît, la véritable grandeur?

Page 1