‹ Du spiritualisme et de la natureChapitre 41 sur 91 · PRÉFACE. XLV · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XLV

menses séparent, et qui ne se connaîtront jamais, rapprochés par de généreuses sympathies , partager leurs joies et leurs douleurs ; de voir enfin le sublime sentiment de la fraternité humaine s'étendre, embrasser le globe, sans s'arrêter devant un fleuve ou une montagne.

Puis, c'est ainsi que s'acquiert l'expérience : avec la publicité actuelle, la brièveté fatale de la vie est compensée par la multitude des observations; l'intelligence, toujours également restreinte par la durée, se met à Taise dans l'espace. Enfin, un plus grand nombre d'hommes sont initiés a la vie intellectuelle , excités qu'ils sont par de perpétuelles provocations.

Voilà de grands avantages, si grands qu'ils consacrent à jamais la nouvelle institution qui les procure. Cependant il est à craindre qu'elle ne renferme un danger considérable. La faculté qui s'émeut en nous doit être ménagée , sous peine qu'elle s'épuise. Or, comment ne s'épuiserait-elle pas avec un tel régime? Blessés chaque jour, à chaque instant, par les injustices impunies, par la persistance des abus , par la durée des pouvoirs ou des partis qui nous répugnent, spectateurs passionnés, actifs quelquefois, des combats

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