IV PRÉFACE
de Voltaire étaient encore dans toutes les mémoires, et ce n était pas assez d'un éloquent appel au sentiment pour relever une doctrine des arrêts justes ou injustes de l'histoire et de la raison.
On reconnut tout ce qu'il y avait à faire, et on ne recula pas : on se mit hardiment à fonder des croyances.
Aussi voyez quelle activité règne alors, comme on se dispute les âmes. D'accusé qu'il était, le catholicisme se fait accusateur, entre les mains de MM. de Bonald, de Maistre et de la Mennais; il attaque à son tour les philosophes du dix-huitième siècle et retourne contre eux la raison et l'ironie. Dans leur emportement, il est vrai, ces écrivains attaquent la philosophie elle-même et prétendent la convaincre d'impuissance ; mais ils rencontrent beaucoup de curieux, qui observent avec plaisir l'audace et l'habileté de leurs coups, peu de soldats; ils ne doivent avoir d'armée qu'après leur mort. Plus sage et plus approuvé, M. Frayssinous montre dans le christianisme le gardien fidèle des croyances qui consolent l'humanité.
En même temps, la philosophie, la vraie phi-