PRÉFACE. V
losophie, celle qui depuis son origine n'a pas cessé un moment de prêcher les vérités salutaires, celle qui, naguère encore, par la voix de Rousseau, corrigeait sévèrement un siècle trop épris des sens, la philosophie, dis-je, retrouve son autorité. M. Rover-Coliard commence la lutte contre le sensualisme, M. Cousin combat Condillac et Locke, et traduit Platon, fondant le spiritualisme à la fois dans la raison et dans la tradition des siècles. Benjamin Constant recueille du sein des religions le sentiment religieux, qui en est l'âme.
Ce fut un beau spectacle à l'honneur du christianisme et de la philosophie, de voir ces deux grandes puissances, confondues dans des croyances généreuses, graver sur les intelligences une même empreinte, donner une même impulsion aux volontés, l'auteur des Méditations poétiques, vivement ému à la lecture du Phédon, s'animant tour à tour aux paroles du Christ et de Socrate, et ne sachant plus démêler ces inspirations.
Dans la politique, on étudiait avec une curiosité inquiète le gouvernement constitutionnel né de la veille; on sentait que ce gouvernement