I PRÉFACE
mixte renfermait ou l'omnipotence de la nation, ou le pouvoir déguisé d'un seul ; on se débattait autour de son berceau , convaincu que son enfance décidait de son avenir.
D'autres visaient plus haut : ils ne prétendaient pas modifier une forme de gouvernement, mais réformer le monde et jeter la sociélé dans un moule nouveau- Ce mouvement universel avait besoin d'un centre et d'une règle : il les trouva; des esprits d'élite fondèrent pour le progrès le Globe1, qui restera aussi pour leur honneur.
Il est impossible de dire quel fut alors l'enivrement général au milieu de cette activité féconde. Les théories de la philosophie, de l'histoire, de la littérature, sortaient des cours et des livres pour passer dans les journaux, entre toutes les mains. Une découverte de la chimie ou de la physique devenait vulgaire à l'instant; je me trompe, devenait populaire. En effet, ce n'était pas la curiosité seulement, l'amour du vrai, qui faisait le succès de ces travaux : la science était alors un parti. Quand une vérité nouvelle parais-
1 Voyez dans la Revue des Deux Mondes l'article du 1er août 1844, de M. de Rémusat.