I.E MONT VENTOCX
pas 1125 mètres^ tandis que le sdmmcl du Venteux s’élève à 1911 mètres au-dessus de la Méditerranée. Cette altitude est une des mieux déterminées de la France. Le soiiimel du Venloux, point géodésique du premier ordre, fait partie du canevas ou réseau primordial de la carte de l’état-major. Partant du niveau moyen de la Méditerranée au pliare de Plaider, près de Marseille, un savant ingénieur-géographe, Joseph Deleros, détermina cette hauteur en lt^23 par quati-e opérations très-concordantes, et rectifia les anciennes hauteurs, toutes notablement exagérées. Vers l’est, le Ventoux se continue avec la montagne de Lurc, qui sc prolonge jusqu’à Sisteron, dans les Basses- Alpes. A l'ouest, il plonge brusquement dans la plaine et se termine près de la petite ville de Malaucène. Nulle montagne mieux que le Ventoux ne montre cette disposition, si générale dans les chaînés calcaires du monde entier. L’un des versants, celui qui regarde la plaine, est long et très-inclinc à l’horizon; l’autre, celui qui fait face aux Alpes, est court et abrupt. La montagne, disent les géologues anglais, a une jambe longue {long leg) et une jambe courte {short leg). Cette forme résulte du mode même de structure. Les couches qui composent le Venloux se déposèrent d’abord horizontalement au fond d’une mer géologique; lorsqu’elles furent consolidées, une force dont la nature est encore un mystère, mais dont la direction était tangentielle à la surface du globe terrestre, détermina la rupture de ces couches, qui se relevèrent en faisant un mouvement de bascule du nord vers le sud. .\ussi le versant sud est-il en pente douce, parce que l’on marche sur le plan des couches relevées. Le versant nord est abrupt; c’est un escalier gigantesque, dont les mômes couches, brisées et rompues, forment les marches : la tranche en a été mise à nu par le relèvement de la montagne, et l’on escalade péniblement cette paroi inégale et esc.arpée, qui contraste avec la faible pente du versant méridional. On choisit donc de préférence, pour les ascensions au “ï., . '
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Ventoux, le versant méridional, tandis que l’on descend plus vite, sinon plus facilement, par le cétc septentrional.
Le mont Ventoux appartient tout entier à une même rormalion géologique, le terrain néocomien, ainsi nommé parce qu’il a été signalé pour la première fois dans la ville même de Neufchâlel en Suisse. Ce terrain appartient à la portion inférieure de l’étage crétacé, étage très-développé en France, aussi bien dans le nord que dans le midi. Dans le nord, il forme un cercle presque continu autour de Paris, en passant par Alençon, Angers, Chàtellerault, Auxerre, Saint-Dizier et Rethel. Entre Auxerre et Saint-Dizier, on observe une bandq dépendant du terrain néocomien, qui sépare la craie proprement dite des plaines de la Champagne des terrains jurassiques de la Bourgogne. Dans cette contrée, les assises néocbmiennes ne sont pas relevées comme au Ventoux : elles ont conservé leur horizontalité, ou n’ont subi que de légères inflexions. C’est au milieu des couches marneuses voisines du Ventoux, et figurées comme néocomiennes par M. Scipion Gras, auteur d’une carte géologique du département de Vaucluse, que M. Eugène Haspail a découvert en 1842, près de Gigondas, un reptile fossile gigantesque : il lui a donné le nom de Neuslosaurus, ou lézard nageant. Cet animal avait 5"',55 de long. Par son organisation, il
est intermédiaire entre les crocodiles vivants et les grands rep-
tiles fossiles appelés Ichthyosaures ou lézards-poissons. Ceux-ci habitaient des mers géologiques plus anciennes, au sein des-, quelles se déposèrent successivement les terrains triasiques et jurassiques, tandis que le néocomien inférieur est postérieur à toute la série de ces terrains. Aussi l’organisation du Neuslo- $aurus se rapproche-t-elle plus du plan des reptiles actuels que celle des Ichthyosaures ou Sauriens ichthyoïdes.
Quand le Ventoux a surgi, il a relevé les couches des terrains plus modernes formés après lui dans les mers géologiques postérieures à l'océan néocomien ; c’est ce que l’on voit admirahle-