I.E MONT VENTOUX
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mode d'agrégalion , son degré d’humidité, sont des conditions l'ondamentales. Le labourage, le binage, le drainage, n’ont d’autre but que de donner au sol les qualités physiques que les plantes cultivées réclament pour payer l’agriculteur de ses soins. Ainsi donc, sur une montagne dont la structure géologique ne serait pas homogène, on ne saurait comparer logiquement la végétation des différentes zones, et encore moins celle des deux versants. L’influence du sol compliquerait celle des agents atmosphériques, et l’on risquerait d’attribuer à l’air et à sa température des effets provenant de la terre, ou vice versû. Sur le Ventoux, cette confusion est impossible; le sol est partout d’une composition physique et chimique uniforme : la montagne entière est calcaire, et recouverte d’une couche de fragments de la môme roche, presque de la même gi'osseur. Les agents atmosphériques déterminent seuls ou empêchent la végétation de telle ou telle espèce.
La rareté des sources est encore une condition favorable : partout la terre est également sèche; il n’y a point, comme sur d’autres montagnes, des prairies humides et des pentes arides. Nulle part le sol n’est arrosé par des filets d’eau permanents, et même celui de la Fontfiliole se perd au milieu des pierres. Le déboisement du Ventoux, si déplorable sous tous les points de vue, est une circonstance heureuse pour les études de topographie botanique. Il favorise l’uniformité de la végétation. Si la montagne était partiellement ombragée par d’épaisses forêts, comme celles de la grande Chartreuse, les parties boisées seraient occupées jiar des espèces différentes de eelles qui garnissent les parties dénudées; un versant couvert d’arbres n’eût pas*élé comparable au versant opposé qui en eût été dépouillé. Les forêts, d’ailleurs, s’opiiosent à la dissémination lies graines, altèrent les lois du décroissement de la température, abritent certaines parties, Tntrctienncnt l'humidité autour d’elles; en un mot, elles rompent l’uniformité, condition essen-
ASCENSIONS AU VENTOL'X. 40S
tielle d’une étude du genre de celle que nous voulons entreprendre. Les vents violents eux-mûnies, fléapx du Ventoux et de la Provence, sont ici une circonstance favorable en pe qu'ils disséminent les graines sur toute la surface de la montagne, de telle façon que les plantes poussent partout où le climat leur permet de vivre. Le botaniste est donc le seul qui ne répète j>as avec les Provençaux du siècle dernier : « Le mistral, le parlement et la Durance sont les trois fléaux de la Provence. » Le parlement n’existe plus, et beaucoup le regrettent; la Durance, dérivée en canaux, rafraîchit Marseille et ses environs, fertilise la Grau et arrose les parties élevées du département de Vaucluse. llestc le mistral, que l’on continue de maudire, non sans raison.