‹ Du Spitznberg au SaharaChapitre 12 sur 210 · I.A liKlUîKAl'HlK UOTANiytK · texte numérisé non relu

I.A liKlUîKAl'HlK UOTANiytK

et à l’irrigation permanente provenant de la fonte des neiges, nous explique la variété et la vivacité de couleur des fleurs alpines : elles sont chauffées en dessous, comme les plantes que nous élevons sur couche ou dans nos serres. La chaleur de la terre supplée à riiisuffisance de celle de l’air.

Le sol n’agit pas uniquement sur les végétaux par sa température; sa compacité ou son état de désagrégation, sa dureté, sa densité, sa perméabilité, ses qualités physiques en un mot, jouent un rôle capital. Chacun sait en effet que l’on ne trouve pas les mômes plantes sur du sable, des terres argileuses ou des rochers compactes. Cette influence est-elle prédominante, ou bien les plantes sont-elles également sensibles à la composition chimique du sol’/ Telle espèce exige-t-elle pour se maintenir la présence de certaines substances telles que la potasse, la

mauvais temps, avec un ciel clair ou nuageux, donnent, pour la tcmpvralurc moyenne du sol entre six heures du matin et six heures du soir, 1 1*,75, celle de l’air n’étant que de 5", 40. Il devenait évident que l’échaulfement du sol était deux fois plus fort que celui de l’air ; m.ais nous ne savions pas quelle avait été pendant les mêmes périodes réchaufTement relatif de la terre cl du sol dans la plaine suisse. Depuis longtemps je désirais combler cette lacune et eouslater quel était avec un ciel pur et un air c.almc, .au même instant physique, réchauffement relatif d’une même espèce de sol sur un sommet élevé et dans une plaine découverte. Bagnères-de-Bigorre et le pic du Midi me parurent réunir toutes les conditions désirables pour faire ces expériences. La distance horizonl.ale des deux points, mesurée sur la nouvelle carie de l’état-major, n’est que 14 450 mètres. Les deux points sont sous le même méridien. Le pjc, parlailcmcnl isolé de la chaîne principale des Pyrénées, s’élève .4 2877 mètres audessus de la mer : ce chiffre mérite (ouïe confiance, le pic du Midi étant un des points principaux de la triangulation qui a servi de base à la nouveBe Carto de France. D’un autre cOté, j’ai pu rattacher par un seul coup de niveau le point * où j’observais, dans le jardin de mon ami le docteur Coslallat, à Bagnères, au nivellement général des chemins de fer de France ; ce point est à 551 rnclrea au-dessus de l’Océan. La différence de nivean'des deux stations est donc de 2320 métrés. Eli outre, la vallée de Bagnères n’esl point une de ceatvallées étroites où la réOexion des rayons du soleil exagère les températures, puisque sa largeur, prise sur ta crêtd des coteaux qui la bornent au levant et au couchant, atteint 2800 mètres. On voit qu’il serait dilTicilc de trouver dans les Alpes

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INTRODUCTION

chuux, la niagnésie, la silice? Sur ce point, les botanistes et les agriculteurs sont divisés. Un savant dont la Suisse regrettera longtemps la perte, Thurniaiin, a soutenu la prédominance des conditions physiques. Habitant la petite ville de Porentruy, au milieu de la chaîne calcaire du Jura, non loin des Vosges, qui sont granitiques, et du petit groupe volcanique du Kaiserstuhl, Thurmann avait été frappé de voir les mêmes espèces végéter sur des sols d’une composition physique analogue, mais dont les éléments chimiques étaient totalement différents. Ainsi il retrouvait les mêmes plantes sur un escarpement calcaire, un sommet volcanique ou un dôme granitique ; d’autres végétaient également bien dans des sables ou des éboulements provenant de roches très-diverses.

M. Henri Lecoq a signalé beaucoup de faits de ce genre en

ou dans les Pyrénées deux stations plus lavurables pour faire les observations correspondantes que j’avais en vue : elles n'eussent point été comparables si un thermomètre avait été placé à la surface du sol naturel de la montagne, tandis que l'autre aurait reposé sur le sol du jardin de M. Costallat. Pour que les expériences fussent probantes, il lallail observer réchauffement de la même terre aux deux stations. J'ai choisi le terreau résultant de la décomposition du bois que l'on trouve dans les vieux saules creux \ c’est une terre végétale, puisque l'on voit souvent des plantes telles que des ronces, des chèvrefeuilles, des sureaux, etc. , y pousser avec une grande vigueur ; elle est, de plus, homogène, comparable à elle-même et facile à se procurer dans tous les pays. La moyenne des températures de l'air à l'ombre dans les vingt observations faites par un beau soleil, un ciel pur et un air calme, a été à Bagnéres de 22°, 3 ; sur le pic, de 10°, 1 seulement. La température moyenne de la surface du sol a été k Bagnères de 36°, 1 ; sur le pic, de 33°, 8. L'excès moyen de la température du sol sur celle de l'air aux deux stations est donc comme 10 : 17, c’est-à-dire presque double sur la montagne. Il y a plus : en moyenne, l'éthauffement absolu du sol de Ja plaine a été supérieur de 2°, 3 à celui du sommet; toutefois, le 10 septembre.^ de 10 heures à 1 1 heures 30 minutes, la température du sol au sommet du pic a été plus élevée de 6°, 9 que celle du sol à Bagnéres, quoique la moyenne de l'air fût de 23°,2 dans ce point de la ville, et de 13°, 8 sur le pic du Midi.

\ 5 centimètres de profondeur, l'écliauffement relatif du sol a été le même. Ces expériences mettent hors de doute la plus grande puissance calorifique du soleil sur la montagne que dans la plaine.

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