‹ Du Spitznberg au SaharaChapitre 122 sur 210 · OÜ LE SAHARA FRANÇAIS. «3S · texte numérisé non relu

OÜ LE SAHARA FRANÇAIS. «3S

grand et petit Rhdne au-dessus d’Arles, et les serpentines, les variolites rares dans la Crnu, mais plus communes dans les dépôts situés au nord de cette plaine, nous ramènent forcément à considérer la vallée de la Durance comme étant le bassin de réception où se sont accumulés les cailloux qui se sont ensuite épanchés dans la Crau. Les cailloux de quart^ites des ulluvions du Rhône étant partout plus petits que ceux de la Crau, ceu.x-ci doivent provenir de la partie la plus rap)rochée des Alpes, celles du Dauphiné.

Lamanon, naturaliste distingué de Salon, tué par les sauvages de Maouna, une des Iles de l’archipel des N.ivigateurs, avec Delangle, second delà Pérouse, dans son expédition autour du monde, a le premier émis celte opinion (I); elle était soutenue avant lui par Peyrcsc, Gassendi et Sulery. Pour en démon trer l’exactitude, Lamanon collectionne avec soin les cailloux de la Crau, et y reconnaît dix-neuf variétés (2); puis, côtoyant cette rivière jusqu’à sa source, il observe qu’au-dessus de chaque affluent de la Durance, le nombre île ces variétés de cailloux dimi-. nue. Il remonte alors le cours de chacune de ces petites rivières, et trouve sur leurs bords les roches en place qui ont fourni les cailloux de la Crau. Il arrive ainsi à la certitude que jadis la Durance traversait le perluis de Lamanon pour se répandre dans la plaine qui s’étend entre les Alpines et les collines de Sainl-Chamas. Le Coulon, qui se jette maintenant dans la Durance en aval de Cavaillon, ne se versait pas alors dans celte rivière, car il a formé à son embouchure (3) une petite Crau entre Cavaillon et Saint-Remy.

(1) Journal de physique, t. XXII, p. 477, et de Seuseure, Voyaget danp les Alpes, § 1595.

(2) Ponce, Éloge de Lamanon (.Vngjjin e icgclopéiique, t. IV, p. 47, 1797;.

(3) Notice surin plaine de la Crau, par feu Lamanon (Annales des voyages, 1809, t. III, p. 289).

La CR Al

M. Elle de Beaumont (1) a vérilié l'exactitude des vues de Lamanon : comme lui, il a retrouvé dans la Cfau des échantillons de plusieurs roches en place dans les Alpes provençales, sur le trajet de la Durance ou de ses affluents : il a remonté le cours de ce torrent, et décrit les longues et larges terrasses composées de dépôts diluviens qui dominent ses rives.

Au printemps de 18.Â9, j’ai fait le même voyage avec mon ami M. Desor. Après avoir constaté sur le plateau entre Bcaucaire et Mmes, près d’.Aigues- .Mortes, puis dans la Grau elle-même, la nature des cailloux roulés de la surface, nous traversâmes le pertuis de Lamanon pour entrer dans la vallée de la Durance. A. mesure que nous remontions le cours de la rivière, les cailloux qu’elle charrie dans son lit augmentaient rapidement de volume, et précisément en raison invèrse de leur dureté relative, savoir : les calcaires, les grès, les porphyres, les cailloux quartztux, les serpentines et les variolites. Les quartzites seuls, les plus durs de tous, présenUûent un volume moindre que dans la Grau. Nous comprimes que les courants diluviens qui les avaient charriés jusque dans la plaine étaient plus rapides, plus puissants que les eaux actuelles de la Durance, même dans ses fortes crues ; mais la dureté de ces cailloux est telle, que le frottement les use beaucoup moins que ceux que nous avons mentionnés avant eux. Nous comprimes également pourquoi les cailloux calcaires, granitiques et les grès étaient si rares et si petits dans la Grau, tandis que leur grosseur augmentait à mesure que nous remontions vers leur point d'origine.

Les terrasses offraient les gradins, les talus, les surfaces nivelées de toutes celles que l’on rencontre dans les hantes mon- Ugnes. le long dus grands cours d’eau tels que le Uhin, dans les

(1) Heclierchet lur i/uelqiies-unet des réDolulions du globe (d»flat«s dr< sciences naturelles, lR3n. t. XIX, p. 60), et Leçons de géologie praligu‘'. 1845, t. I, p. 367,

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