I.K BOSl'HOKE t)E CONSTANTINOPLE
En entrant dans le golfe de Smyrnc, les navires sont obligés de serrer de fort près sa côte méridionale, pour ne pas échouer sur les alluvions de l’Hcrmus qui barrent déjà les trois quarts du golfe. Désireux de connaître la végétation de ces alluvions, je me lis débarquer le jour suivant sur la presqu'île de Cordelio. Je trouvai un terrain, cultivé en vignes et en céréales, couvert de nombreuses habitations ; chaque champ était entouré de talus élevés sur lescjuels fleurissait abondamment le vulgaire pissenlit. Les pistachiers térchiuthes formaient de grands arbres, et je vis quelques beaux pieds isolés du chêne qui fournit la noix de galle {Quercus infvctoria, 011.). Les champs cultivés étaient couverts du A'entroij/iyllum rubrum, Link, courbés sous le poids de leurs lourdes panicules, et dans les haies le Cvp/ia- Inria jo/ipensis, Coult., portait encore quelques fleurs attardées. .\u bout d’une heure et demie, j’arrivai au pied des collines porphyritiques qui sont les jiremiers échelons du Yamanlar. J’y^ trouvai \e Slernberyia lulea, Kern., dont les fleurs sorUiient de terre; la montagne elle-même était K)uverte de pins d’Alep, de chênes kermès, au milieu desquels je découvris un pied fort épineux de Pirus elœagni folia, l’ail., chargé de fruits. En revenant vers la mer, je vis une tortue [Cistudo eurupœa, Hihr.) dans un fossé plein d’eau, et découvris hientôt qu'elles y étaient aussi nomhrcusesquc les grenouilles le sont en Europe; en une demi-heure j’en avais pris douze, ayant depuis 10 jusqu’à 30 centimètres de longueur. Je regagnai le bord dans l’aprèsmidi, et nous partîmes le soir.