‹ Du Spitznberg au SaharaChapitre 138 sur 210 · RHODES · texte numérisé non relu

RHODES

plutôt c'est une réunion de neuf platanes soudés, formant trois groupes très- rapprochés. En commençant par l’est, on voit d’abord deux troncs réunis, ayant à un mètre au-dessus du sol une circonférence de 10“ ,80 : le feu y a creusé une cavité dç 5 mètres d’ouverture. Puis vient un tronc isolé dont le pourtour est de d“,40. Le dernier groupe se compose de six troncs réunis, formant une ellipse courbe dont la circonférence est de 23 mètres, savoir: 13 mètres pour l’arc extérieur, 10 mètres pour l’intérieur, qui est concentrique au premier. Cet énorme tronc était aussi creusé par le feu : un clieval se trouvait à l’aise dans la cavité qui lui servait d’écurie. .l’estime à 60 mètres environ la plus grande hauteur du massif. La projection de la cime sur le sol couvre une surface irrégulière de 112 mètres de pourtour. Quelques branches mortes dépassent le dôme de feuillage, mais de longues branches vivantes retombent de tous côtés, chargées de feuilles plus découpées que celles du .platane d’Occident. C’est à la fois une merveille botanique et un arbre à enchanter un paysagiste. Théophile Gautier l’appelle non pas un arbre, mais une forêt. Son institict de poète ne l’a pas trompé, ce mot /brèt peint l’impression produite par ce géant. C’est un massif dont le tronc semble unique, quoique multiple en réalité. Des lentes que le platane abrite, je découvrais la rade de Duiukdéré, où le Boyal- Albert, vaisseau de 120 canons portant le pavillon de l’amiral Lyons, était mouillé précisément en face du palais d’été de l’ambassade russe, comme une menace ou au moins comme un avertissement.

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