‹ Du Spitznberg au SaharaChapitre 140 sur 210 · I.ATAKIEll · texte numérisé non relu

I.ATAKIEll

ancien fort démoli, dont il ne reste que renccinle quadrangulaire, sont hantés par un grand nombre de ces grands lézards épineux {Su-ltio vulyaris, L.) que j’ai vus dans toutes les parties d)aud(;s du pourtour du la Méditerranée, depuis Smyrne jusqu’à Malle.

LATAKIEU.

Nous n’avions pas encore abordé les cotes du la Syrie proprement dite, celles que domine le Liban. Latakieh est la première ville où nous touchâmes ; c’est l’ancienne Laodicée. Les forts qui défendent le port ont été bâtis par les croisés avec (les colonnes antiques couchées horizontalement. La mer a démoli une partie de ces déplorables constructions, et la vague roule sur la gi'ève ces colonnes qui jadis supportaient les frontons des temples et les entablements des palais. Les environs de Latakieh m’ont rappelé ceux de Nice : l’olivier et le figuier sont les arbres dominants; un promontoire sinueux s’avance dans la mer, comme celui de Saint-Hospice, et le rivage est aussi profondément décou|>é ({ue celui de Villefranche et de Beaulieu.

Je remarquai près de la ville du magnifiquus caroubiers et dus oliviers dont le tronc noueux est évidemment formé par 1a soudure de troncs partiels coiTespondant chacun à une branche de l’arbre. Tout était déflcuri, sauf Onouisarenaria, IX!., et Dulinii metel, ornés encore de quelques Heurs attardées, tandis que Colclucum Steveni et Muscari pamflorum, Desf., commençaient à élever leurs petites corolles au-dessus du sable. Semblable à une prèle gigantesque, VL'phedra cumpylopoda, Boiss., était couvert de fruits rouges du plus bel effet.

TKirUEI.

Quelques heures après avoir quitté Latakieh, nous étions mouillés devant Tripoli, lu triple ville, suivant son étymologie

>;il. MAHIINS. Ul

MKOMEXADE BOTANiyLE.

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grecque. En cfTel, le port, ou la Marina, comme on l’appelle, est éloigné de la partie principale, séparée elle-même en deux quartiers par im torrent. Un chemin large et verdoyant, rayé de petits sentiers tracés parles énes qui transportent sans cesse les habitants, mène de la ville au port. La route était bordée de hautes cannes de Provence en fleur. Les Datura stramonium et D. metcl se trouvaient au milieu d’autres plantes européennes amies des localités humides. M. Blanche, consul de France à Tripoli, et de plus excellent botaniste, me fit remarquer dans les fossés le Dolichos nilntirus, Del., elle Leersin gracitis, Boiss.

Nous traversâmes les rues étroites et voûtées do Tripoli pour gagner un ravin profond situé derrière la citadelle. C’est l’endroit le plus frais et le plus romantique que j’aie admiré en Orient. Le sentier est à mi-côte; les cimes des orangers, des figuiers, des platanes, des azédarachs, s’élevaient jusqu’à nous, tandis que leurs troncs se cachaient dans l’abîme. A travers les éclaircies du feuillage, nous apercevions les eaux d’un torrent formant de petites cascades écumeuses en franchissant les barrages qui arrêtaient son cours. Partout, sous les arbres, des Turcs accroupis sur des nattes fumaient, jouaient aux échecs et prenaient le café, que les cadfdgis empressés chauffaient près d'un foyer rustique formé de quelques pierres assemblées. Audessus du sentier, la pente était nue ou hérissée A’Oitunlia figue d’Inde, dont les formes bizarres contrastaient avec eelle.s des arbres du ravin. Sur le sommet de la colline se dressaient les murs jaunes, unis et lhassifs, d’une grande forteresse carrée bâtie par Raymond IV, comte de Toulouse, qui y fut enseveli en 1105. .\u haut du mur crénelé, une sentinelle turque, immobile comme une statue, regardait dans le vide. .Nous atteignîmes bientôt la maison d’nn derviche solitaire. Dans ces ermitages on trouve du café et des rafraichissenients comme jadis chez les ermites des montagnes de la Suisse. Le derviche ne put nous admettre, parce que le harem, composé de sept femmes,

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