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|>ciiiii:iule ibérique, savoir : les montagnes au-dessus du détroit de Gibraltar, en Espagne, et la Sierra de Monchique, dans les Algarves de Portugal. Ces faits m’étaient connus, et l’on conçoit ((u’ils ajoutaient au ])laisir que nie causait la vue de ce bel arbrisseau croissant spontanément dans la vallée d’Hainana: il me rappelait son congénère des Alpes, aux limites duquel j’avais si souvent suspendu mon baromètre, et son autre congénère de Laponie, que j’avais trouvé exilé sur les montagnes (|ui environnent Kaatiord, sous le 70' degré de latitude. Humble représentant de ce genre brillant, le Rhododendron luppontcunt, maintenant jusque sous les glaces du pôle le privib-ge <le son type, emliellissait de ses fleurs modestes cl de son étroit feuillage des rocliei's que la neige couvre pendant huit mois de l’année.
Nous revînmes du Krayé par le môme chemin, et le soir môme nous quittâmes Beyrouth : c’était assez pour le regretter, pas assez pour jouir pleinement de ses beautés.
J.VKFA.
En longeant les côtes de la Palestine, nous vîmes de loin le promontoire du Carmel, d’on l’ascétisme rayonne sur le inonde rutholique, et bientôt nous nous trouvâmes devant .laffa, le port de Jérusalem, l’ancienne Joppé, brûlée par Judas Machabéc, ravagée par Vespasien, conquise par les croisés, assiégée par Bonaparte, et emportée par lui après une lutte acharnée, malgré h peste qui décimait son armée. Ceffe ville, comme on le voit, a subi plus d’une fois les vicissitudes de la guerre. Elle est bâtie en amphithéâtre, comme Alger et comme Syra. C’est là que débarquent les pèlerins de Jérusalem. L’immense majorité se compose de Grecs schismatiques; puis viennent les Arméniens, enfin les catholiques européens. On compte aussi un certain nombre de juifs : ce sont des vieillards qui vont à Jérusalem
PROMENADE BOTAMyiE.
pour y mourir, et reposer sous les pierres de la vallée de Josaphat, dans la terre d'Abraham, d'Isaac et de Jacob.
Bien de plus oriental que la porte par laquelle on sort de Jaffa pour aller à Jérusalem. Elle s’ouvre sous une tour bfttie par les croisés : en dehors est une fontaine surmontée d'une inscription arabe et sans cesse entourée de chameaux, les uns accroupis, le? autres debout, le cou tendu et s’abreuvant dans le bassin. Plus loin sont les nombreux cafés qui n’auraient pu trouver place dans l’étroite enceinte de la ville ; ils n’ont qu’un rez-de-chaussée, et les terrasses sont occupées par une population bigarrée : des Arabes pillards de la Palestine, des Turcs indolents, des Arméniens voyageurs, des (Jrecs, des juifs, des nègres, un rendez-vous des peuples de l'Orient attirés par l'ap- ' pftt du lucre ou la ferveur de la dévotion. La campagne voisine est un jardin d’orangers arrosés par des puits à roue, de bananiers aux fruits délicieux, de grenadiers, de cotonniers arborescents, A’Opvntia, dont les troncs, devenus cylindriques, avec l’âge, forment de véritables arbres. Dans les haies, je vis le Zizjiphus lotus, dont le fruit, fort médiocre, n’est pas celui qu’Homère avait en vue dans sa légende des Lotophages, et Vh'p/iedra althsima s’élevant à 3 mètres, soutenu par les arbustes voisins.