‹ Du Spitznberg au SaharaChapitre 147 sur 210 · PROMENADE BOTANIQUE · texte numérisé non relu

PROMENADE BOTANIQUE

membres infatigables : car ces enfants, qui couraient derrière moi, avaient couru’ toute la journée, et devaient courir le lendemain comme s’ils avaient reposé toute la nuit. ■

Nous approchions cependant. Une flaque d’eau nous séparait des pyramides; un vigoureux Arabe me prit sur ses épaules pour me la faire traverser: de l’autre côté, je me trouvai sur le sable du désert. Je marchai 5 grands pas 'vers les gigantesques constructions, qui n’étaient qu’à une demi-lieue de distance; en approchant, je vis le sable accumulé contre le pied septentrional de la grande pyramide. Nous gravîmes le talus, qui nous conduisit près de l’entrée du monument; de ce point, j’escaladai avec l’Arabe les puissantes assises qui le composent : ces assises ont plus d’un mètre d’épaisseur, et l’on se bisse péniblement de l’une à l’autre. Au milieu, nous flmes une halte pour respirer ; puis nous continuâmes et arrivâmes au sommet. Nous étions à 166 mètres au-dessus du sol, à 6 nftètres plus haut que la flèche de la cathédrale de Strasbourg, la plus élevée de l'Europe. Le sommet de la pyramide est une petite plate-foimic oii sont restées quelques grosses pierres isolées. Comment peindre la vue fantastique dont je jouissais seul, et que la lumière silencieuse de la lune éclairait assez pour que les objets fussent visibles sans être parfaitement distincts ? Au nord, le désert, dont les ondulations se perdaient dans l’obscurité; au sudouest, les trois autres pyramides, la seconde, celle de Helzoni, très-rapprochée; entre les deux, des tombes en forme de rectangles, alignées l’une à côté de l’autre comme dans un cimetière ; au sud, l’immense sépulcre fouillé par le colonel Campbell; à l’orient, les collines qui dominent le Caire, le Nil débordé et les palmiers s’élançant du sein de ces nappes immobiles. D’un côté, la fertilité la plus prodigieuse ; de l’autre, la stérilité la plus absolue, et les pyramides placées sur la limite des deux régions. Mais ce qui attirait et fascinait, pour ainsi dire, mes regards, c’était ce sphin.x gigantesque, couché ma-

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