I.K CAIKE ET LES PYRAMIDES
jcslueusement dans le sable, au pied de la pyramide : sa croupe et sa tète éUiieiil seules visible.s. Je. me rappelai qu’il décorait le sommet d’un temple que des fouilles ont mis un jour à nu il y a quarante ans, et qui, le lendemain, était de nouveau submergé par la marée du déserf. Je songeai que ces pyramides sont l’œuvre. de générations et de j)euples entiers sacrifiés à l’édification de ces masses prodigieuses dont la destination est encore une énigme. Tombeaux, digues contre le désert, monuments astronomiques, la science hésite, et le sphinx est là, couché dans le sable, éternel gardien de l’énigme historique qu'il propose depuis des milliers d’années aux générations qui passent devant lui.
Je restai une heure au haut du monument, écrasé, pour ainsi dire, par la grandeur fantastique du spectacle et les pensées qu’il fait naître; puis je descendis, en m’élançant d’échelon en échelon, pour rejoindre Achmet, (}ui dormait, avec les conducteurs des ânes, au pied de la pyramide. Mais je voulais voir le •sphinx de près; j’y courus avec mon Arabe, lorsque tout à coup deux bouruüus blancs sortent d’un tombeau et s'élancent vers moi. Quelle mise en scène pour une attaque de .Bédouius ! L’Opéra n’en a pas de plus belles ! Cependant tout se borna à des exigences menaçantes. Je renvoyai veiss .\chmet, que j’avais chargé de toutes les dépensés, ces prétendus chefs des pyramides, toujours à l’allùt pour prélever sur les visiteurs européens le tribut de la peur ou de 1a générosité. Je savais que ces Arabes sont insatiables, un buscltàch ne fuit qu’irriter leur soif, au lieu de l’apaiser. Cependant ils ne nous quittaient pas, et espéraient arracher pur l’importunité l'argent qu’ils n'avaient pu obtenir p;ir surprise. Je mis fin à leur poursuite en les menaçant delà colère du consul général de France, M. Sabatier, dont l’énergie et la vigilance sont la sauvegarde des Français qui voyagent en Egypte. ' '
En revenant, nous suivîmes le ménic dieinin. Je ne me lassais