I.A GÉOGRAPHIE ROTAS'lQl’E
OU sur un autre. Leur mort nous rappelle que dans les contr(!‘es d’où ils proviennent, le mercure. ne descend jamais au-dessous du point de congélation.
Ce que j’ai dit des végétaux est également vrai des animaux : leur acclimatation est une cliimèrc. Chaque espèce vit et se reproduit dans certaines conditions de température et d’alimentation ; en dehors de ces conditions, elle meurt. C'est au zoologiste intelligent de découvrir celles dont la nature plus flexible se prête aux variations de nos climats septentrionaux ; mais il doit renoncer à la prétention de modifier leur organisme. Le renne n’a pu se naturaliser dans les montagnes de l’Élcosse, dont le climat et la constitution physique sont si semblables à ceux de In Laponie. Le cheval au contraire est le fidèle serviteur de l’homme sur toute la terre, depuis les déserts brûlants de l’Arabie jusqu’aux froides montagnes de l’Islande et de la ' Scandinavie. Le chien a suivi l’Esquimau jusque dans ces contrées couvertes de neiges éternelles où la mer elle-même ne dégèle plus ; mais ce n’est point l’art humain qui a transformé ces animaux et plié leur constitution à des influences si diverses : la nature avait tout fait, l’homme en a seulement profité. Le.s animaux des pays chauds, que leur organisation n’avait pas acclimatés d’avance, ont toujours péri en Europe ; la phthisie les a invariablement emportés. L’homme seul peut braver impunément tous les cliniats, parce qu’il modifie son vêtement, son habitation, sa nourriture, et parce qu’il connaît l'usage du feu ; mais l’animal ne s'habitue pas plus à un climat que l’homme ne le ferait, s’il voulait vivre nu et sans abri dans les régions septentrionales, comme il le peut impunément dans quelques contrées privilégiées des zones tropicales. Son intelligence, son industrie, l’ont rendu cosmopolite ; par son organisation, il ne l’était pas. Je n’ai garde de vouloir décourager les météorologistes, les botanistes et les zoologistes qui se livrent n des essais de naturalisation : il faut en faire l>educoup.
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INTRODUCTION
et l’expérience prouve que les témérilés mêmes ont souvent été suivies de succès. Quel est le botaniste qui aurait cru que l’Agave, le Dasylirim gracile, le Jubœa spectabilù, originaires d’Amérique, le Lagerstrcerniacl \e IVelumbium do l’Inde, pourraient vivre dans le midi de la France ; que le paon, la pintade et le kangurou s’accommoderaient de nos hivers? Mais, tout en proclamant l’importance et l’utilité de ces tentatives, il ne faut pas abuser le public sur le but qu’on peut atteindre. Naturaliser des plantes et des animaux est possible ; les acclimater ne l’est pas.
A côté de ces questions d’un intérêt tout pratique, la géographie botanique en soulève d’autres d’un ordre essentiellement philosophique. Comment la végétation actuelle s’est-elle établie à la surface du globe? Chaque espèce était-elle originairement représentée* par un seul individu, père de tous ceux qui existent actuellement, ou bien un certain nombre d’individus ont-ils paru simultanément sur plusieurs points? En un mot, pour parler le langage des naturalistes, y a-t-il eu originairement des centres de création multiples et distincts d’oil les plantes se sont répandues en s’irradiant, jusqu’à ce qu’elles fussent arrêtées dans leur migration par des conditions incompatibles avec leur existence ? A l’apparition de la végétation actuelle, la surface terrestre était-elle disposée comme aujourd’hui, ou bien la distribution des terres et des mers et le relief du sol différaient-ils de l’étal présent? 'foutes ces questions et d’autres encore ont vivement éveillé la curiosité des botanistes et des géologues penseurs. Ces problèmes ne sont pas résolus, tous .sont encore enveloppés d’ojjscurités ; mais la lumière commence à poindre. Ma tâche est de résumer en peu de mots le plus clair de nos connaissances sur ce sujet. Toutefois, avant d’arriver à l’apparition des végétaux actuels, je dois donner une idée de ceux dont les analogues n’existent plus, mais qui sont conservés à l’état fossile dans le sein de la terr<^. Grèce aux travaux de MM. Adolphe Urongniart,