I.A GKOr.HAPHIF. BOTANiyVE
Alexandre Braun, Henri Ooeppert, de Sternberp, Unger, Corda, Lindley, William Hutton, Schimper, Oswald Heer et Bunbury, la paléontologie végétale a suivi les progrès de la paléontologie animale, et nous pouvons nous faire une idée de la végétation des périodes géologiques pendant lesquelles vivaient les animaux étranges dont les dépouilles sont mêlées à celles des végétaux fossiles.
Dans l’origine, notre globe était une masse incandescente à moitié fondue, tournant autour du .soleil ; sa rotation sur ellemême, en aplatissant scs pôles et en renflant son équateur, lui a donné la forme qu’elle a conservée depuis. Pendant cette période, aucun être organisé ne pouvait vivre à sa surface. Après des milliers de siècles, le globe s’est refroidi ; l’eau, se condensant à sa surface, forma les mers ; dans ces mers apparurent les premiers animaux, les premières algues marines ; des des surgirent peu iipeu, une végétation terrestre s’y établit : c’étaient de grands arbres sans fleurs, appartenant à des familles cryptogames, qui ne sont plus représentés dans la flore actuelle que jwr d’humbles plantes. L’aspect de ces premiers arbres rappelle celui de cyprès gigantesques ou des arbres è feuilles pendantes (/)racfF««) des pays chauds. La terre ferme se réduisait alors à quelques archipels, la végétation était rare et clair-semée. Mais, dans la période suivante, de vastes et humides forêts couvrent une portion de la surface terrestre, des arbres au large feuillage ombragent les marais où paraissent les premiers reptiles. Ces arbres renversés, entassés les uns sur les autres pendant des siècles, ont formé la bouille, soit qu’ils tombassent sur place et subissent une transformation analogue à celle des mousses qui se changent en tourbe dans les marais des pays froids, soit qu’entraînés par de puissants courants, ils vinssent s’accumuler à l’embouchure des fleuves de cette époque. Des accumulations analogues se font encore actuellement à l’embouchure des grands fleuves de l’Amérique, et surtout duMississipi.
IXTRODL'CTION.
Depuis la période houillère jusqu’à celle de la craie, le caractère de la végétation reste le même : ce sont toujours des plantes cryptogames qui occupent le sol ; mais après le dépôt de la craie, des arbres semblables aux nôtres se mêlent aux formes primordiales. Les genres modernes vont sans cesse en augmentant de nombre dans les deux premières périodes tertiaires qui correspondent aux terrains des environs de Paris. A cette époque, la/ végétation est complètement changée ; les végétaux primitifs auxquels nous devons la houille ont disparu; le paysage a l’âspect de celui des pays chauds et des zones tempérées. Les arbres ressemblent à des saules, à des pins, à des palniiers. Enfin, dans la période tertiaire la plus récente, ce sont des arbres voisins de nos acacias, de nos érables, de nos peupliers, qui ombragent le sol ; c’est l’aurore de la végétation actuelle, de celle qui doit orner la terre à l’apparition de l’homme. Les arbres du Japon, les forêts de l’Amérique septentrionale, rappellent le mieux cette période végétale, et semblent relier ainsi la flore actuelle à la dernière des flores disparues.
Les plantes qui nous entourent n’ont pas paru simultanément sur toute la surface terrestre. Dès qu’une terre surgissait au- -dessus des eaux, quelques humbles lichens s'attachaient à la roche ; sur le terreau résultant de la décomposition lente de ces lichens, des mousses pouvaient se fixer ; h leur tour, elles préparaient le sol, oii se montraient quelques plantes annuelles, puis des espèces vivaces, enfin des arbustes et des arbrc.s. C’est ainsi que les récifs de coraux de l’océan Pacifique se revêtent de végétation dès qu’un mouvement du sol les a élevés au-dessus de la mer. Autour de nous, sur les murs abandonnes et les édifices en ruines, nous voyons la végétation s’établir en suivant la même progression : c’est l’humble mousse qui prépare le sol où les alsines, le muflier, la giroflée, puis des figuiers, des érables, des micocouliers, prennent racine, et égayent hi