DE HAMMA PRÈS D’ALGER
oi'i rété est trop court, telles, par exemple, que l’olive gordaiet de la régna, dont le volume égale celui d’une grosse prune, atteindraient les mêmes dimensions en Algérie. La production de l’huile d’olive pourrait s’élever H des milliers de barriques, si elle entrait dans la consommation des habitants du nord de l’Europe. Les peuples septentrionaux, ne la connaissant pas, s’en tiennent à leurs huiles de noix, d’œillette, de colza. C'est ainsi qu’un habitant de Montpellier, voulant reconnaître l’hospitalité qu'il avait reçue dans une maison de Hambourg, envoie à la maîtresse un baril de la meilleure huile de Provence : à la vue de ce liquide dense et verdâtre, la ménagère allemande s’ébahit, et le livre à la domestique pour en garnir la lampe, tandis que l’huile de noix continuait à figurer sur sa table.
C’est l’insuflisance de notre marine marchande, c'est la timidité de nos négociants, qui forcent le producteur agricole à se limiter. Nous ne savons pas, comme les Anglais, faire naître chez les autres peuples des goûts qui seraient pour la France des sources abondantes de richesse. Il est fort heureux qu’ils nient appris d’eux-mèmes à connaître nos vins de Bourgogne, de Bordeaux et de Champagne, sans cela nous n’aurions pas eu l’idée de les leur offrir; iis ignoreraient leur existence comme ils ignorent celle de la plupart des bons crus du Languedoc, qu’ils y viennent chercher, tandis que nos marins devraient les leur porter.
Me voilà loin de l’Algérie ; j’y reviens pour parler du mûrier. La production de la soie, en France, ne suflisant pas à l’industrie, nous devons l’étendre. En Algérie, on retrouvera, sur les pentes de l’Atlas, tous ces climats favorables au mûrier, qui s’échelonnent des plaines du Languedoc au haut des Cévennes et des montagnes de l’Ardèche. On récoltera donc des feuilles des qualités les plus diverses. L’élévation constante de la température à partir du mois d’avril, la rarelé des orages, rendent les éducations faciles ; elles réussissent parfaitement et réussi-