I.E JAKDIN 1) ACCLIMATATION
font de mieux en mieux à mesure que l’expérience des colons se formera par la pratique.
En 1853, la province d’Alger a produit ‘J3 337 kilogrammes de soie, qui se sont parfaitement vendus sur le marché de Lyon. Si les sériciculteurs de l’Algérie profitent des exemples de leurs compatriotes du midi de la France, ils verront que toutes les chances de succès sont pour les petites magnaneries. La réunion d’un grand nombre de vers dans un même local est et sera toujours une cause de mortalité, que les meilleures dispositions hygiéniques pourront amoindrir, sans les faire disparaître.
Je ne m’étendrai pas sur la culture de l’oranger, du tahac, des plantes odoriférantes employées pour la parfumerie, des primeurs, qui ont donné les meilleurs résultats. Deux mots sufliront. Le tabac de l’Algérie est supérieur aux tabacs du Lot. Une seule maison de commerce a expédié en France 3 millions d’oranges et 600 000 citrons, et aux portes mêmes d’Alger, sur la roule de Hussein-Dey, on longe pendant plusieurs kilomètres dos champs d’artichauts qui alimentent pendant l’hiver le marché de Paris.
La culture du colon en .Algérie est le point capital qui préoccupe à juste titre les agronomes et les économistes. La question agricole me parait résolue. Le coton en herbe, surtout celui de Géorgie, est une j)lanle qui, pour germer, a besoin d’une température assez élevée et d’une certaine dose d’humidité. Toutes cos conditions se rencontrent en Algérie, dans le mois d’avril. Puis arrivent les chaleurs et les sécheresses; mais, après avoir atteint un certain développement, le coton n’a plus besoin d’eau pour ])rospérer. Les soins se réduisent donc à un labour au printemps ; ))uis quelques binages si les mauvaises herbes paraissent, et le pincement des cimes pour faire refluer la sève dans les branches latérales. La récolte est prompte et facile, des femmes et des enfants peuvent y suffire. La réussite du colon
DE H\MMA PKÉS D’ALGEIt.
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pn‘ Algérie rr’est pas nne probabilité, c’est un fait. Au premier avril 1833, la récolte était de 1500 kilogrammes; et pour démontrer à toute la colonie que cette culture pouvait réussir, même dans les plus mauvais sols, M. Hardy a ensemencé des sables du bord de la mer et le sol d’une ancienne route préalablement défoncée : il a recueilli AOO kilogrammes de coton de Géorgie, dont la longueur, la finesse et l’élasticité ne laissent rien à désirer. Reste le cété commercial de la question. -Les colons de l’Algérie, où la main-d’œuvre est à un prix élevé, pourront-ils lutter contre le travail moins rétribué de l’Égypte et de l’Inde? Tel est le grand problème que le gouvernement, éclairé par les économistes, est appelé à décider. .le ne le discuterai pas, je ferai seulement remarquer que le jour ou la colonie sera peuplée par les prolétaires qui languissent en France, le jour où ce ne seront plus des ouvriers sans travail, mais des paysans qui émigreront en Algérie, non pas avec l’idée folle de faire rapidement une grande fortune, mais avec la pensée de devenir de petits propriétaires, ce jour-lii ce problème sera près d’ÔIre résolu. Des filatures s’élèveront au milieu des champs de colon; et très-probablement le bas prix des denrées alimentaires, l’exonération des frais de transport du coton exotique en France, compenseront les avantages des salaires moins élevés de l’Inde et de l’Égypte. Il faut donc louer sans réserve le chef de l’État d’avoir encouragé par un prix de 100 000 francs cette importante culture.
Il est bien évident qu’un ouvrier chapelier ou autre, jeté dans un village d’Algérie, et y continuant la vie peu régulière qui a pécessité son émigration, ne réussira jamais dans la culture même la plus facile, et reviendra en France défiler le long chapelet des déceptions algériennes. Mais qu’un bon ouvrier des champs s’établisse après un apprentissage de quelques mois à la Pépinière centrale, puis commence d’abord une [)etile exploitation qu’il accroîtra d’année en année, ce cultivateur réussira cer-