LE JARDIN D'ACCLIMATATION
tainement comme réussissent les Mahonais qui se font colons en Algérie, non dans l’espoir chimérique de faire fortune en quelques années, mais pour être possesseurs du sol qu’ils cultivent, au lieu d’arroser de leur sueur le champ d'un propriétaire inconnu. Le village du fort de l’Kau, un des plus beaux qu’il soit possible de voir, est là pour prouver la vérité de ce que j’avance. Dans le discours qu’il a prononcé à la distribution des médailles de l’exposition agricole de 1852, le préfet d’Alger, M. Lautour-Mézeray, a cité de nombreux exemples de la prospérité du colon modeste, intelligent et laborieux, à c6té de la misère de celui qui ne possède aucune de ces qualités.
L’Algérie a besoin d’être bien connue en France; elle n’a point été sufiisamment explorée par les savants, les agriculteurs, les économistes. On l’a peinte tour à tour comme un Eldorado ou un enfer; elle n’est ni l’un ni l’autre : c’est un pays vierge, fertile, doué du climat propre aux régions qui avoisinent les tropiques, et susceptible par conséquent de donner des produits que nous pourrons vendre aux étrangers, au lieu de les leur acheter. Cette perspective est assez belle pour que les ouvriers des campagnes secouent enfin cette torpeur, et dépouillent cet esprit casanier qui leur fait préférer la misère et la domesticité sur lé sol natal au bien-être et à l’indépendance dans une France nouvelle, séparée de l’ancienne par un bassin d’eau salée que la vapeur franchit en quelques heures.
LE JARDIN D’aCCUMATATION ER 1864.
Je revis le Jardin d’essai én 1864 après douze ans d’intervalle. Grâce à la protection intelligente des gouvernements qui se sont succédé en Algérie, sa superficie avait été augmentée, dans la plaine, de 8 hectares assainis par un système complet de drainage; sur la colline, de 21 hectares. La superficie totale du jardin était donc portée à 58 hectares. Ces nou-