DE HAMMA PRÈS U ALGER
veaux terrains ont été utilisés île la manière suivante. Dans la partie la plus déclive, au pied de la colline, une grande pièce d’eau a été creusée ; une île est au milieu, plantée de bambous et de bananiers entourés de plantes amies des terrains liumides et appartenant aux familles des Aroidées, des Scitaminécs et des Cypéracées, telles que les Colocasia, les Caladium, les Hedychium, le Globa nutans et le Cyperus papyrus. Dans l’eau mômi^ s’étalent les Nymphœa albn, cmmlea, cyanea, rubra, Ortgeziana, thermalis, denlala cl scuti folia; les Nelumbiumspeciosum et caspictim, VAponogelon distacbyum, et le Calla œthiopica. A cet aspect, on se croirait transporté dans l’Inde : on a sous les yeux un morceau détaché du célèbre jardin botanique de Calcutta.
Le reste du terrain a été disposé de la manière la plus pittoresque et la plus instructive à la fois. De larges allées, où les voitures peuvent circuler, tournent autour de massifs de forme et de grandeur dilférentcs, dont chacun se compose d'un ensemble de végétaux exotiques appartenant tous à la même famille naturelle. C’est une heureuse idée. L’homme du monde est frapj)é par l’aspect de ces formes variées qui s’harmonisent cependant si heureusement entre elles. Le botaniste admire dans leur libre développement des végétaux qu’il ne connaissait que par des échantillons desséchés ou parles individus rachitiques des serres européennes : il se pénètre de cette image complexe qu’on appelle la jjhysiomiuie d’une famille naturelle, image placée sur la limite de la science et de l’art, guide souvent plus sûr que les analyses les plus minutieuses. Celui qui perçoit nettement cette image et en conserve le souvenir est doué du tact , botanique analogue au tact médical, faculté que l’étude développe, mais dont le germe est en nous.
Le premier groupe est celui des Figuiers. Quelle étonnante variété de port, de forme, de feuillage, dans ces espèces appartenant, les unes à l’Inde, les autres à l’Améri(ine méridionale! et ui. UAKms. 33