‹ Du Spitznberg au SaharaChapitre 159 sur 210 · I.F. JAHIMN I) ACCLIMATATION · texte numérisé non relu

I.F. JAHIMN I) ACCLIMATATION

cepondiinl aucune ne pourntil être distraite du genre naturel Ficus dont elles font toutes partie, et leur atlinilé secrète se révèle quand on les voit ainsi réunies.

Les Palmiers remplissent une longue ellipse : quarante espèces, déjà acclimatées, ont passé trois hivers sans abri. Quati'evingts sontà l’essai en pleine terre ou dans des vases. Mais déjà le groupe représente les formes principales de la famille, et l’on voit que ces arbres élégants, originaires de toutes les parties chaudes ou tempérées du globe, justifient le mot de Linné, qui les appelait les princes du règne végétal. Je mets en note la liste de ces palmiers (1), en distinguant par un astérisque ceux qui ont déjà donné des fruits mûrs et des graines fertiles.

Le groupe des Cycadées est voisin de celui-ci. L’affinité de formes des deux familles se révèle aux yeux; mais l’aspect étrange des Zamia, des Ceralozamia, des Dioon, des Cycas, des Fncep/ialarlüs, nous rappelle que ces végétaux viennent tous au cap de Bonne-Espérance ou dans l’Australie, dont la végétation singulière semble appartenir à une époque géologique différente de la nôtre.

Dans le groupe des Broméliacées, on remarque de fortes touffes de Bromelia sceptrum ; les Tillandsia farinosa, amæna

(i) * Chamœrops lomenlosa, Fiilch. ; *C. birrho ; C. hystrix, Fras. ; C. Martiana, Wall. ; C. excelsa, Ttiunb. ; C. humilis, L. ; C. palmelto, Mich. ; * Sabal Addiisonii, (lucr. ; S. /laruncnse; ' Lalania borbonica, Willd. ; Raphis llabelliforniis, L. ; fl. koundoun ; Thrinax parviflora, Sw. ; T. argentea, Lodd; T . graminifulia ; T. maurUiaformis ; Corypha cerifera, Arrud. ; C. gerbanga, Bl. ; Rrahea dulcis. Mari. ; II. condupUcala; * Phœnix leonensis; P.dactyüfcra, L. ; P. sylvesiris, lloxlt. ; P. farinifertt, Roxb. ; * P. pumila, Aub. ; P. recUnata, Jacq.; Oieodoxa regia, R. Br. ; Cocos s|)cc. Datil, Bonp. ; C. peruviana ; C. plumosoy Lodd; C. botryophora. Mari.; C. coronala , Mart. ; C. schisofihylla , -, * C. ftexiwsa. Mari.; C. lapidca,

Cærln. ; * C. australis, Boiipl. ; l'ulchironia senegalensis, Leslib. ; Areca sapida, Forsl. ; * Diplostemiim marilifiiutn, Mari.; Carynta «refis, L. ; C. propiuquii, Blum. ; C. Cumingii, Lodd; Arenga saccharifera, Lab.; Jiibma speclabilis, H. B. ; Ceroxyloti anriicola, Spr.

DE HAMMA PRÈS D'ALUER.

el zebrina; les Æchmeu fulgem et distichmtha; les Pitcaimia angusti folia, intermedia, purpurea; les Bilbergia pyramidalis et purpurea; et pour joindre Tutile à l’agréable, l’ananas de la Martinique, qui donne en pleine terre, sous le ciel d’Alger, des fruits doux et parfumés.

Le Bananier {Musa paradisiaca, L., et M. sapientium, L.) est une des précieuses acquisitions du littoral algérien. Les bananes y mûrissent parfaitement, et le bananier fait partie de la culture maraîchère des environs d’Alger et d’Oran. L’exemple de M. Hardy, qui pendant longtemps le cultivait seul sur une grande échelle, a donc profité à la colonie; aussi a-t-il formé un groupe de ce genre où l’on remarque. Musa zebrina, discolor, speciosa, vittata, Troglodytarum, et surtout le monstrueux Musa ensele de Bruce, originaire d’Abyssinie. Il semble se retrouver ' dans son pays : de son énorme tronc bulbiforme, court et trapu, s’élance un bouquet de feuilles elliptiques de 3 à ù mètres de long, soutenues chacune par une forte nervure saillante en dessous et colorée du plus beau rouge. La plante produit une impression analogue à celle que nous éprouvons à la vue des formes massives du rhinocéros ou de l’hippopotame, les plus lourds des quadrupèdes. Les autres genres des Musacées, tels que les Strelitzia, les Bavenala et les Heliconia, sont également représentés par plusieurs espèces.

Le groupe des Myrtacées est placé dans le voisinage' du Musa ensete, pour rendre le contraste plus sensible : ces arbres élancés, au feuillage fin, nous représentent l’élégance opposée à la masse. Les div erses espèces de goyaviers, et surtout le Psidium piriferum, donnent des fruits en abondance, tandis que les pommes-roses (Jambosa vulgaris, malacensis, caulifîora et terniflora) réjouissent l’œil par les houppes d’étamines qui jaillissent de leurs fleurs . Le feuillage lustré des myrtes {Myrtus commuais, pimenta, caryopkylloides) brille au soleil à côté des Melaleuca et des Eucalyptus .

l.E J AIîUIX 1) ACCUMAÏATIOX

Je ne m’arrêterai pas au groupe des Bonibacées, arbres de l’Asie, de l’Afrique cl de l’Aniériqüe tropicales, atteignant dans leur pays des proportions énormes, et dont les troncs portent de grosses épines qui simulent des clous. Le Bombai ceiba, le Chorista speciosa, VEriotbeca parvifîora et les Carolinea insignis, minor et macrocarjm, etc., ont parfaitement réussi.

Les trois massifs des Bignoniacées, des Apocynées et des Vcrbénacées sont les plus élégants de tous : véritables jardinières dignes d’orner les plus beau.\ parterres, elles charment les yeux et embaument l’air de leurs parfums. Dans les Bignoniacées, diverses espèces de Spathoden, les Tecoma stans, capensis et fulca, le Jacaranda mimouvfolia, sont d’une beauté sans pareille. Les Vcrbénacées, qui ne réveillent dans l'esprit du botaniste européen que des souvenirs de plantes à fleurs insignifiantes, forment une corbeille splendide entourée d’un cordon de Pelrœa volubilis. Les toufles se composent de Cnllicarpa fleevesii, arbnrea cl lomentosa ; Cilliareiylon caudutum et villosum; Clerodendron augusli folium cl devonianum ; Durnntn bracbi/opoda et ellisia; y'itex nrborea ; yEgiphylla mttrliniccnsis, cl le Teclona grandis, dont le bois est si estimé dans l’Inde sous le nom de bois de teck.

Les Apocynées nous offrent les espèces odorantes du genre américain Plumiera, représenté par les Plumicra nlba, rubra, macropliylla, bicolor cl acuti folia; le Cerbera manghns cl le Benumontia grandiflora de rinde; les Carissit, \cs Al lamandii, les Tabeniœmonfana des tropiques, et le Tnughinia venenifera de Madagascar.

Je m’arrête dans cette énumération, inléres-sanlc seulement pour ceux auxquels chacun de ces noms latins rappelle une image ou un sou\ enir. Qu’il me suflisc d’ajouter que des groupes semblables sont formés par le.s Malvacécs, les .\raliacées, les Tiliacées, les Sapindacées, les Doinbéyacées, les Papilionacéc.s, ci les genres Brara’iin, Pimdamis, Yucca, rte.

DK HAMMA PKKS D'AI.CEK. ’ 517

L’intervalle de douze ans qui s’était écoulé entre mes deu x visites au jardin de Hamma me permit d’apprécier l’activité de la végétation africaine. L’avenue des dattiers forme actuellement une colonnade élevant à 1ü mètres au-dessus du sol l’ogive dessinée par les feuilles entrecroisées des arbres situés vis-à-vis l’un de l’autre, tandis que les régimes de fruits, disposés circulairement au-dessous du panache, rappelaient le chapiteau de la colonne. La pyramide de V Arnucariu excelsa s’élève à 20 mètres de haut j le Grevillea avait crû de 6 mètres ; le Jacaranda mitnosæfolia, le Prosopis julii/lora, les Citliarrxylon, étaient de grands arbres, et le tronc élargi du bel-soinbra (Phytolacca dioica) formait sur le sol un empâtement de 5 mètres de diamètre.

Quittons les parties basses du Jardin, et élevons-nous sur la colline. On y monte par une route carrossable bordée d’^abord de Grevillea robusta, puis d’une haie d’orangers; plus haut, par des Eucalyptus ylohulus qui croissent de 3 à à mètres par an. Cet arbre, originaire de la Tasmanie, appelé Gum-tree par les colons anglais, est le roi des forêts de ces contrées: il s'élève, dit-on, à 80 mètres, et son tronc est d’une épaisseur proportionnée à cette hauteur. Sur les pentes qui séparent les allées,

M. Hardy a planté les nombreuses espèces de Mimosa' d'Australie, des Grevillea, des Hanksia, des Protea et des coûifères de ce pays : les Araucaria, les Dammara, les Podocarpus,

\es Dacrydium, les Phyllocladus, les Frenela, les Casuarina, qui prospèrent admirablement, tandis que les essences européennes ne réussissent pas sur le littoral algérien, mais offrent des chan- ' • ces de succès dans les hautes régions de l’Atlas où croissent le cèdre du Liban (d le sapin pinsapo des montagnes de l’Andalousie. La colline est couronnée par un bois de pins ^s Canaries de laf)lus belle venue. Au-dessous se trouve une channante maison mauresque, avec sa cour intérieure rafraîchie par un bassin entouré de pilastres sur le.sqiiels s’appuient les branches d'une vigne séculaire; sous la maison sont des terrasses plantées^ » •

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