‹ Du Spitznberg au SaharaChapitre 161 sur 210 · PRÉS DE BONE · texte numérisé non relu

PRÉS DE BONE

notre tôte, des bouquets de pins maritimes, que nous distinguions dans les hauteurs, nous transportaient en imagination dans les Landes, aux bords de l’Océan; le peuplier blanc nous rappelait ceux du llhônc, et l’orme commun, le houx, le frêne, la viorne [Yiburnum opulus), les arbres et les arbrisseaux les plus communs de toutes les forêts de l’Europe moyenne. Nous étions, en effet, encore à 700 mètres au-dessus de la Méditerranée, les ravins ombragés dans lesquels nous descendions, tournés vers le nord, recevaient librement l’air frais de la mer; l’eau d’une source voisine marquait seulement 13 degrés au-^ dessus de zéro, et partout le sol schisteux était humide ou sillonné par de petits ruisseaux.

Nous suivions l’aqueduc romain qui conduisait les eaux du Bouzizi à l’ancienne Hippone, où elles étaient reçuès dans de vastes citernes qui existent encore. Le canal lui-même est composé, de deux murs cimentés, coiffés d’un toit formé de deux dalles appuyées l’une contre l’autre. La hauteur totale de l’aqueduc à son intérieur est de 2 mètres; un homme peut donc y circuler à l’aise. La végétation a envahi le toit de l’aqueduc, qui apparaît et disparaît tour à tour. .Arrivé à un ravin plus profond où coule un ruisseau, raqueduc le traverse; il est soutenu par quatre piliers supportant trois arceaux de grandeur inégale, celui du milieu étant plus large que les autres. Trois grands arbres, un chêne zen, un chêne-liége et un laurier, croissaient sur l'aqueduc lui-même, dont les piliers étaient tapissés de petites fougères [Polypodium vulgare et Asplénium trichomanes). La forêt présentait l’aspect le plus étrange. Les arbres et les arbrisseaux du nord de l’Europe se mêlaient à ceux de la région méditerranéenne. Le laurier, le figuier, le chêne-liége, le chêne vert, le chêne zen, le laurier-tin, l’arbousier, le cytise à trois fleurs, la bruyère en arbre, croissaient pêle-mêle avec les châtaigniers et autres ‘arbres que nous avons nommés ; les fougères avaient acquis des dimensions énormes, et rappelaient les fougères arborcs-

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