LES FORMES DU DÉSERT
Le mot de désert réveille l’idée d’uniformité : l’association d'idées n’est pas exacte. Uniforme dans l’espace que le regard etnbrasse, le désci’t n’est pas uniforme, si on l’étudie même dans une étendue limitée comme celle que nous allons décrire. Il affecte trois fornjes principales, reconnues par M. Desor et adoptées par nous ; le désert des plateaux, — le désert d'érosion, — le désert de sable.
Le désert des plateaux, ou la steppe saharienne, c’est la surface unie que nous avons aperçue du col de Sfa avant d’atteindre Biskra. Des couches horizontales de limon et de gypse ou sulfate de chaux se sont déposées sur les bords de la mer saharienne. Le gypse reposant sur le limon se compose de plaques juxtaposée? simulant im dallage régulier ; je l’appellerai "gypse pavimenteux. Il revêt la surface de vastes plateaux qui n’ont point été entamés par les eaux : que ces eaux soient des courants marins à l’époque où le Sahara était une mer, ou des torrents diluviens descendant des montagnes après l’émersion, pou importe; le gypse, résultat de la forte évaporation de la mer saharienne, a résisté et forme les plateaux dont nous parlons. La surface en est si unie, que des voitures pourraient rouler pendant des lieues sur ce pavé naturel, qui résonne comme une voûte sous les pieds des chevaux. Un plateau de ce genre, le petit désert de Mourad, s’étend depuis Biskra jusqu’aux berges du grand lac salé, le chott Melrir des Arabes. La surface du gypse n’est pas partout à nu : le plus souvent elle est couverte d'une couche de petits cailloux arrondis, presque tous quartzeux, offrant les teintes les plus variées, depuis le blanc le plus pur jusqu’au rouge le plus vif ; ils sont môlés de cailloux calcaires noirs et fendillés à la surface. D’où viennent ces cailloux, évidemment •roulés par les eaux? On l’ignore. Ils sont les témoins mysté-