‹ Du Spitznberg au SaharaChapitre 176 sur 210 · I.KS OASIS · texte numérisé non relu

I.KS OASIS

mutilation, le boiii-geun terminal se reproduit, et le palmier se rétablit peu à peu. L’opération peut être renouvelée jusqu'à trois fois.

La tête des palmiers s’élève à environ 15 mètres au-dessus du sol. L’air circule sous le vaste parasol formé par leurs cimes rapprochées, mais le soleil n’y pénètre pas. Ue l’ombre, de l’air et de l’eau, tels sont les trois éléments qui permettent les cultures les plus variées dans les jardins de palniiers, malgré les chaleurs brûlantes de l’été. On y remarque d’abord des arbres à fruits : le figuier, le grenadier, l’abricotier; quelquefois la vigne, l’olivier; plus rarement le pêcher, le poirier et l’oranger. Les légumes sont communément cultivés pendant l’hiver ; ce sont les navets, les choux, les oignons, les carottes, les fèves et le piment (t), condiment indispensable de ces sauces arabes (merga) destinées à relever les forces digestives de l’estomac chez des peuples qui s’abstiennent de vin et de liqueurs alcooliques. On remarque encore des potirons, des courges, des pastèques; de petits carrés de luzerne qui fournissent jusqu’à huit coupes par an ; le henné (2), qui sert à teindre en jaune les ongles des femmes arabes, et le tabac rustique (3), cultivé surtout dans le Souf. En hiver, on voit dans les clairières des oasis, ou alentour, des champs verdoyants : ce sont des orges et quelquefois des blés hâtifs qui sortent de terre. La culture du coton n’est encore qu’à l’état d’essai, mais grosse d’avenir, dans les terrains arrosables par de l’eau douce ou peu chargée de sels. Étudions maintenant les diverses espèces d’oasis, en commençant par les oasis des plateaux ou de la steppe:

Des torrents sortent des monts Aurès et desZiban, qui bordent le Sahara oriental. Un chapelet d’oasis s’est égrené sur leurs bords : telles sont celles d’Ei-Kantara, d’El-Outaia, de

(I) Capsicum annuum.

,2) Lawsonia inermit.

(3) Nicotiana ruHiea.

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