SUR LE MONT-ROSE
• Eanunevlus glacialis, Hutcbinsia pelra>a, R, Br. ; Thiaspi cepefolium, Koch ; T. corymbosum, Gaud. ; T. rotundifolium, Gaud. ; Cardamina bellkUfülia, L.; Silene acauUs, L. ; 'Ceraslium lalifolium, L. ; Clierlcria sedoidei,
!.. ; Pülentilla alpestris. Hall. ; Saxifraga aijoides, S. bryoides, S. biflora. Ail. ; S. exarata, Vill. ; S. niuscoides, S. oppositi folia, S. relusa, Couan ;
S. stellaris ; Achillæa hybrida, Gaud. ; ArtemUla mutellina, Vill. ; A. spicala, Wulf. ; Aster alpinus, Chrysanthemum alpinum, Erigeron utiiflorus, Phyteiuna 'paucillorum, L. ; Myosotis nana, Linaria alpina, Vcronica alpina, Gentiana veriia, G. imbricata, Froelil. ; Androsace glaci.ilis, Hoppe; Primula Dyiiiana Lagasca ; Oj'{/rùi dip!/"», berbacea, 8. relicuto/a.
'Agrostis rupestris, AH.; Triielum subspicalum, Pal. Beauv. ; Feslurn Halleri, AH. ; F. ovina, Poa alpina, P. laxa, Hæncke; P. minor, Gaud. ; Kœeria birsuta, Gaud.; Elyna spicala, Schrad. ; ‘Luzula spicala, DC. ; Carex Inigra, AH.
La proportion des plantes du Spitzberg est également d'un • cinquième comme aux Grands-Mulets, et Cerastium latifolium,
CH. MABTIVS. 7
l.K SI'ITZBKKii.
Salix herbaceti, J.uzula spicatn et Agrostis rupi'.^trig, suni les seules plantes laponnes étrangères au Spilzbcrg. Les 33 autres espèces sont exclusivement alpines.
Au point culminant du col Saint-Théodule, qui mène de la vallée de Zermatt, en Valais, dans le val Tornanche, en Piémont, se trouve encore un ilôt dépourvu de neige, mais entouré de tous C(Més d'immenses glaciers. C’est là que de Saussure, séjourna en 1789.
Ce point est situé à 3350 mèlres au-dessus de la mer. Je le visitai avec MM. 0- Sella et lî. Gastahli, le 17 septembre 1852, et j’y recueillis sur les schistes serpentineux les plantes suivantes, dont M. Reuter a bien voulu vérifier les déterminations :
végEtacx hhaséhooaiie> mi rmsT cclminant au coi. sAiNT-THÉonuLr.
ttanunculus glacialis, I.. , Thiaspi rolundifolium, UamI. ; llraba pjrcnaica, L. ; D. lomeiitosa, Wahl. ; Ueum repUuis, L. ; Saxifraga planifolia, Lap. ; S. muscoides, Wulf. ; S. opposili folia, I,. ; l’jrelhrum alpiiiuni, Willd. ; Erigeron uniflorus, L. ; Arlemisia spicala, I..; Androsarc pcnniiia, Gaud. ; Poa laxa, H.Tncke.
Cette liste est loin d’être complète, et cependant sur 13 plantes il y en a 3, imprimées en italique, qui se retrouvent au Spitzberg. Je désirerais vivement que quelque jeune botaniste, suisse ou italien, prit à tâche de faire la tlorule de cette intéressante localité. Cela serait d’autant plus facile, qu’il y existe depuis dix ans un petit hôtel dans lequel M. Dollfus-Aussct a séjourné en 186à, du 22 août au 3 septembre : la température la plus élevée qu’il ait notée à l’ombre a été de 6°, 2, et la plus hase de — 16°, 0. On voit que le climat est d’une rigueur qui ne le cède en rien àccluidu Spitzberg, et il est très-probable que des herborisations attentives faites dans les mois de juillet, d’août et de septembre fourniraient une notable proportion d’espèces indigènes du Spitzberg et de la Laponie septentrionale.
Ce tableau ne serait pas achevé si nous ne jetions pas un coup d’œil sur les Pyrénées, pour savoir si la flore arctique y a laissé quelques représentants depuis le retrait des glaciers qui, dans cette 'chaîne comme dans'Ies autres, descendaient jusque dans les plaines de la France et de l’Espagne.
La végétation des Pyrénées ressemble beaucoup à celle des Ali)es. M. Zetterstedt compte en tout 68 plantes alpines communes aux Pyrénées, aux .\lpes et aux montagnes de la Scandinavie, et une seule, le Menzieza(Phyllodoce) cœrulœa, qui ne se trouve qu’en Scandinavie et dans les Pyrénées.
llumond, a|)rés trente-cinq ascensions faites au pic du Midi de Bagnéres, en quinze années, et comprises entre le 20 juillet et le 7 octobre, s’est appliqué à recueillir toutes les plantes du cône terminal dont la hauteur est de 16 mètres, le sommet à 2877 mètres au-dessus de la mer, et la superficie de quelques ares seulement : il y a observé 71 plantes phanérogames. La liste est bien complète, car les recherches ultérieures des botanistes ne l’ont point accrue. M. Charles Desmoulins, qui fit l’ascension le 17 octobre 18iü, ne cite que le Stellnria cerastoides qui avait échappé aux yeux perçants de Hamond. Sur ces 72 plantes végétant entre 2860 et 2877 mètres, il y en a 35 qui existent egalement sur le Faulhorn (1) : c’est le fonds commun de la végétation des hauts sommets ; 7 {Poa cenisia, Oxyriu digyna, /•.’riyci-on uni/lorus, Draba nivalis, Armaria ciliata, Sileiie ncaulis et Saxifraga oppositifoliu) se trouvent à la fois sur le pic du Midi, par 43° de latitude, au-dessus de 2860 mètres, et au Spitzberg sous le 78' degré, au bord de la mer. Uelativcmcnt au nombre total des espèces, la flore du pic du Midi est plus riche en plantes du Spitzberg que celle du Faulhorn, car leur proportion est de 10 pour 100, au lieu de 6 comme sur le sommet alpin. Faut-il attribuer cette différence à la plus grande
(1) Ce sont les espèces imprimées en italique dans la liste de» plantes du Kaulhnrn (pa(;e 90).
i.K >prr/uKi<r..
élévation <lu picou ii d’autres circonstances liées à la dislriliution originaire des végétaux'? C’est ce que personne ne saurait dire dans l’état actuel de nos connaissances. Mais cette ressemitlance dans la végétation des deux sommets éloignés prouve une communauté d’origine, et indique un fonds commun de végétation qui a été modifié ensuite par des circonstances dépendantes du climat, de la position géographique, du mélange avec des plantes de pays voisins ou même des espèces dérivées de celles des dernières flores géologiques dont nous retrouvons les restes dans les terrains les plus récents. Toutes ces considérations justifient la proposition par laquelle je commençais ce chapitre : « La plupart des plantes du Spitzberg sont les enfants perdus de la flore européenne, et un certain nombre d’entre elles se sont maintenues depuis l’époque glaciaire sur les sommets des Alpes et des Pyrénées, et dans les localités humides ou tourbeuses de l’Europe moyenne. »
fai ne ini SriTZBERCi.
Maminirém),
Parlons d’abord des mammifères terrestres, qui ne sont qu'au nombre de quatre. L’ours blanc [l'rsus marilimui, L.) est le plus connu. Rare sur les cètes en été, il ne se voitgiière qu’au nord du Spitzberg. PaiTy en a rencontré un sur la banquise par Si' 30' de latitude, dans sa tentative pour atteindre le pèle en marchant sur la glace. L’animal fut tué par les matelots; mais, de leur cèté, les ours se vengèrent à leur façon. Lorsque Parry et ses con»paguons foulèrent de nouveau la terre, le H août t8‘J7, en abordant à Koss-inlet, après avoircheminé sur la banquise pendant quarante jours, les provisions avaient été mangées par les ours, Nelson, qui fit l’expédition de Phipps comme midshipman, soutint seul un combat contre un ours, et quand on deman-
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dail à cet adolescent grêle et délicat, qui devait devenir un jour le premier des amiraux, comment il avait eu l’audace de sc mesurer avec un animal aussi redoutable, il répondit simplement: «Je voulais rapporter sa peau à mon père. » MM. Torell et NordenskiOld ont vu des oure dans leurs excursions vers le nord duSpitzberg. L’estomac d’un de ces animaux était rempli d’herbe. Ils ne sont donc pas uniquement carnivores, quoique cependant les phoques et les morses soient leur proie habituelle. Aussi les ours ne quittent guère les glaces flottantes, qui sont également le séjour habituel des chiens et des bœufs marins.
.\utantTours blanc est rare, autant le renard bleu (Canis laynpus, L.) est commun. Kn été, son pelage est d’un brun sale ; en hiver, il devient blanc ou d’un bleu ardoisé très-foncé. C’est une fourrure très-recherchée dans le Nord; mais pour l’avoir dans toute sa beauté, il faut tuer l’animal pendant l’hiver. En entrant dans la baie de Bell-sound, au Spitzberg, leS.â juillet 1838, nous fûmes frappés par la vue de grandes croix russes déformé triangulaire, plantées sur le bord de la mer; dans le voisinage était une cabane, et sur le rivage un petit navire abandonné. Ces croix recouvraient les corps de pauvres serfs russes qui étaient venus passer l’hiver au Spitzberg pour chasser le renard bleu. Quelques-uns étaient morts du scorbut, les autres avaient survécu. Nous apprîmes depuis qu’ils étaient venus d’Arkhangel, et ne se trouvant plus assez nombreux pour armer leur bateau, ils avaient rejoint dans une embarcation un rtavire norvégien qui était en vue. Autour de la cabane nous vîmes les restes des pièges qu’ils avaient tendus pour prendre des renards bleus. Ces animaux creusent de profonds terriers à plusieurs ouvertures, et garnissent de mousse la chambre qu'ils habitent. En été, les oiseaux qui viennent pondre au Spitzberg et élever leurs petits, fournissent à ces renards une pâture abondante ; alors ils deviennent très-gras. Nous en jiigeAnies par plusieurs"' individus qui furent tués par les ofliciers de la Hcchcrchv. Eu