‹ Du Spitznberg au SaharaChapitre 45 sur 210 · I.K fil*lTZHKK · texte numérisé non relu

I.K fil*lTZHKK

grands lacs Wcniiernet Wcttern de la Suède, des crustacés (1) qui non-seulement sont deses|ièces arctiques, mais encore des , espf-ccs marinesapparteiiiinl soit à la mer Glaciale, soit au golfede Itothnie. La présence de ces animaux prouve qu’à l’époque glaciaire, ceslacs connnunifjuaientavec la mer Baltique, et formaient des fiords ()rofonds comme ceux qui découpent actuellement les côtes occidentales de la Scandinavie. Peu à peu la presqu’île se souleva comme elle le fait encore aujourd’hui, les fiords devinrent des lacs alimentés par des cours d’eau superficiels et des sources souterraines. La plupart des animaux marins périrent, mais quelques-uns s'habituèrent peu à peu à vivre dans une eau moins salée, et persistèrent jusqu’à nos jours. Les huîtres et beaucoup d’animaux des étangs saumâtres nous présentent le inèiiie phénomène. Organisés pour habiter des eaux dont le degré de salure varie beaucoup dans le cours de l’année, suivant les pluies ou l’évapora^tion, ils finissent par s’accoutumer à l’eau douce, l'n changement brusque leur serait fatal, mais une transition ménagée permet à l’organisme de prendre de nouvelles habitudes. La salure des fiords varie également suivant que les rivières et les ruisseaux, gonflés par la fonte des neiges ou les pluies continues, y apportent une grande masse d’eau douce, ou bien que tous les affluents étant arrêtes par les froids de l’hiver, les tempêtes du large poussent le^ eaux salées jusqu’au fond des canaux les plus reculés. Ün comprend donc que les crustacés dont les ancêtres peuplaient ces fiords, remj)lacés actuellement par les deux grands lacs suédois, soient restés caches dans les grandes profondeurs de ces nappes d’eau douce, témoins vivants de la dépression de la | Scandinavie au-dessous de la mer Glaciale qui l’entourait alors, et de son soulèvement lent et graduel à partir de cette époque.

(1) Mysis relicta, Hammarus loiicalus, Iduljiea etUomoii, Pontop rct.A alfiuis»

KPOOUE ULACIAIKE.

Partout sur les côtes de Suède et de Norvège on trouve, audessus du rivage actuel, des traces évidentes d’anciens rivages, qui permettent non-seulement de constater, mais encore de niesuier le soulèvement de la côte. Ces lignes d’anciens niveaux de la mer correspondent à des lits de coquilles arctiques, et la géologie, d’accord avec la zoologie, nous démontre à la fois l’existence d’une période glaciaire, et l’oscillation perpétuelle de la croûte terrestre, attestée dans presque tout le pays par le soulèvement ou l’affaissement des côtes dans les lies et sur les continents (1).

Les terres voisines du pôle sud nous offrent, comme celles du p<Me nord, l’image non affaiblie de l'époque glaciaire. Les rivages de Sabrina, d’Adélie et de Victoria, découverts par Dumont d’Urville et James Ross, sont ensevelis sons les glaciers, comme le Spitzberg et le Groenland. La mer est sillonnée par des légions de glaces flottantes que les courants entraînent vers le nord. A la Nouvelle-Zélande, Hochstettcr a vu, sur la courte pente île la chaîne centrale, des glaciers s’arrêter à 20D mètres seulement au-dessus de l’Océan, et entourés d'une riche végétation de fougères arborescentes. Partout l’ile porte les traces non équivoques d’une époque où ces glaciers descendaient jusqu’à la mer. .Ainsi la période de froid a régné sur tout le globe, et c’est vainement qu’on chercherait à l’expliquer par des changements locaux dans la configuration des terres et des mers. Une cause générale peut seule rendre compte d’un phénomène qui, rayonnant des deux pôles du globe, s’est étendu sur la moitié de chacun des hémisphères terrestres.

Ici se termine cette longue et sérieuse étude ; nous sommesnous trompé en pensant que le lecteur nous suivrait sans fa-

(t) Voyez, sur ce sujet, le mémoiiedc Bravais sur les lignes d'ancien niveau de la mer {Voyages en ScanJiiiavic de la corvette la Itecherthe, Géographie physique, t. 1, p. 1), et une Élude de M. E. Keelus {Hevue des deux mondes, l''^ janvier ISti.i).

ligue pendant que nous déroulions sous ses yeux le tableau sévère des terres et des mers les plus septentrionales de l’Europe, séjour de plantes et d’animaux qui peuvent vivre sans chaleur pendant l’été, et résister pendant l’hiver à des froids effrayants pour rimaginalion la moins impressionnable. Des hommes, des héros, Barentz, Franklin, les deux Ross, Richardson, l’arry, Maclure, Maclintock, IngleGeld, Belcher, Penny, Bellot, Kane, les ont aflVontés, mais ils étaient animés par des sentiments qui élèvent l’homme au-dessus de toutes les diOiciiltés et le rendent indilférent à tous les dangers, le feu sacré de la science et l'amour de la véritable gloire, celle qui consiste non pas à tuer son semblable, mais à servir et à honorer l’humanité.

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