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ASTRONOMIE, ÉTOII.ES FILANTES

la montre pour noter l'apparition et le trajet des étoiles filantes. Ln grand feu fut allumé dans l’intérieur de la tente; mais la fumée était telle, qu’ils ne pouvaient y rester qu’en se tenant près de la porte, 1e dos tourné vers le foyer. Heureusement, dans l’après-midi, le thermomètre était remonté, et se tint dans la nuit à k degrés au-dessous de zéro. Toutefois de violentes rafales de neige fine et piquante venaient à tout moment assaillir les observateurs, et le ciel, alternativement serein et nuageux, se couvrit et se découvrit plus de vingt fois dans le courant de la nuit. Os obstacles réunis les empêchèrent de compter au delà de trente et un météores. Ceux de nous qui, pendant l’hiver, ne sortent jamais que bien enveloppés de fourrures et se réchauffent promptement par une marche rapide, ne sauraient se figurer combien tes sensations sont différentes lorsqu’on est condamné à l’immobilité par des observations qu’il faut enregistrer à mesure qu’on les fait. Avec des gants on ne saurait écrire rapidement, et l’on a beau s’agiter dans un espace borné, le froid s’insinue peu à peu à travers les vôtcfinents, vous saisit et ne vous quitte plus. Quand le temps est calme, ce froid est supportable ; il ne l’est plus dés que l’air est en mouvement, le thermomètre ne fiit-il qu’à 2 ou 3 degrés au-dessous de zéro : aussi nos deux astronomes payèrent-ils leurs excès météorologiques, l’un de quelques jours de fièvTe, l’autre d’une légère ophthalmie qu’il avait contractée dans la tente enfumée.

Pendant la nuit du 7 au 8 décembre, le thermomètre se tint entre 20 et 23 degrés au-dessous de zéro. Le ciel était d'une pureté admirable, et en une heure et demie MM. Lottin et Bravais comptèrent cinquante-deux étoiles filantes. Cette même nuit fut notée à Newhaven aux États-Unis, en Chine, à Bruxelles, à Parme et à Toulon, pour le nombre extraordinaire de ces météores. Dans celle du 2 au 3 janvier, on voyait une ou deux étoiles filantes toutes les cinq minutes, et cette nuit a été

1*2 UN HIVERNAOR SClENTIKIort: EN LAPONIE.

signalée depuis lors par MM. Wartinann et ijuetelet pour la fréquence de ces apparitions.

SKBIK MtTKOUOLOCIOlE.

Indépendamment de ces observations détachées, nos savants avaient oi^anisé, dès le 6 septembre, un service météorologique de jour et de nuit. La journée était partagée en trois périodes, l’une de douze heures, savoir : de huit heures du matin à huit heures du soir, les deux autres de huit heures du soir à huit heures du mutin. Chacun d’eux était tour à tour chargé, pendant ces périodes, d’ohser\er tous les instruments.' La hauteur du baromètre et du thermomètre était notée toutes les deux heures, et souvent toutes les heures, ainsi que la direction du vent, rètal du ciel, et la température de la terre à sa surface. Parmi les six appareils magnétiques, quelques-uns étaient hoservés aussi souvent que les instruments météorologiques, d’autres à des intervalles plus longs. A certaines époques convenues, on suivait de cinq en cinq minutes la marche de l’aiguille magnétique pendant vingl-(|uatrc heures consécutives. Suppléant au nombre par le zèle, nos courageux physiciens restaient quelquefois trois heures de suite l’ueil fi.\é à la lunette dans une cabane glaciale, où le thermomètre dcsrcndail h — 10 degrés, sans qu’ils pussent allumer du feu, parce que les variations de la température auraient agi sur celles de l'aiguille. Après ces trois heures, ils couraient, au inilieu*de la nuit, par le verglas, la neige et le vent, à un autre observatoire où les attendait un travail aussi pénible et non moins fastidieux. Mais ils étaient animés par le feu sacré de la science et soutenus par l’espoir de voir jaillir un jour quelque découverte nouvelle de ces longues suites de chilTres qu’ils accumulaient incessamment: matériaux précieux où tous les savants de l’Europe peuvent puiser avec une entière confiance les éléments

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de leurs trav.iux métênrolof'iques. La nuit, quand une brillante aurore boréale éclairait le ciel, alors tous étaient à leur poste: les uns suivaient la perturbation des aiguilles aimantées ; les autres, en plein air, souvent par 20 degrés de froid, notaient les diverses phases du phénomène ou mesuraient sa hauteur audessus de l’horizon. Les tètes de vis de leurs instruments étaient tellement froides, qu’ils étaient obligés de les garnir de drap : sans cette précaution, leurs doigts restaient collés au cuivre par l’bumidité de la peau qui se congelait à l’instant. Quand leurs mains, roides et engourdies, refusaient de tenir le crayon ou de diriger l’instrument, ils n’avaient d’autre moyen pour les réchautfer que de les frapper violemment l'une contre l’autre jusqu’à ce que 1a douleur y rappelât un peu dé chaleur et de sensibilité.

Malgré tous les obstacles que leur opposait un climat rigoureux, ils ont accompli, dans l’espace de huit mois, une masse (le travaux telle, que je désespère de les indiquer dans celte analyse. Forcé de choisir, je me bornerai à quelques résultats qui peuvent être facilement exposés ; la d'rscussion des autres se trouve dans le grand ouvrage publié par l’Klal sous le titre de : Voyages de la coroette la ItEciiEnr.iiE en Scandinavie, en Laixtiiie et auSpitiberg.

TEMPÉIUTIBE.

Bossekop n’a pas un climat très-rigoureux, eu égard à sa distance du pôle. Cela tient au voisinage de la mer du Nord, qui est sans cesse réchauffée par Iqs dilîérenles branches du Gulfstream. Ce grand courant d’eau chaude prend sa source dans le golfe du Mexique, où sa température est de 27 degrés et au-dessus; il contourne les côtes de l’Écosse, vient longer celles de la Norvège, et se perdre enfin dans l’océan Glacial et la mer Blanche. L’existence de ce courant ne saurait être niée,

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