‹ Du Spitznberg au SaharaChapitre 55 sur 210 · I N HIVERNAGE SGIENTI EIQUE EX LAPONIE · texte numérisé non relu

I N HIVERNAGE SGIENTI EIQUE EX LAPONIE

car j’ai ramassé moi-même au cap Nord, parmi les galels du rivage, une graine de Mimosa scandens, arbrisseau de l’Amérique méridionale, et l’on en trouve de semblables dans toutes les cabanes des pêcheurs de la côte.

Jusqu’au 7 octobre 1838, le thermomètre se tint au-dessus de zéro ; mais dans cette journée, il descendit au-dessous du point de congélation, et, après quelques oscillations, il s’arrêta à — 12” dans lanuit du 17. Kn novembre, son point le plus bas fut — 21°, 4. Au commencement de décembre, il ne s’éleva jamais au-dessus de — 10”, et atteignit, le 7, à minuit, son point le plus bas, qui fut de — 23”,5. Au milieu de décembre, il remonta de nouveau au-dessus de zéro et s’y maintint jusqu’au 22. Le 18, il s’était même élevé jusqu’à 6 degrés. La fin du mois ne fut pas rigoureuse ; mais, à partir du 1'^ janvier, le froid recommença, sans être aussi intense que dans le mois précédent. Vers la fin do janvier, le thermomètre oscilla de nouveau pendant quelques jours autour de zéro. En février, il se tint en général entre — 5° et — 12°; mais, dans la première semaine de mars, il retomba à — 20°, pour remonter à zéro vers le milieu du mois, et redescendre de nouveau à — 19° dans les derniers jours du môme mois. Avec le l'° avril, l’air devint plus tiède, et le dégel commença ; le thermomètre se tenait à quelques degrés au-dessous de zéro, et, malgré quelques recrudescences de froid, l’hiver pouvait être considéré comme fini, quoique le printemps n’cùt pas encore secoué le linceul de neige sous lequel la terre était ensevelie.

Quand on examine avec soin les causes de ces fluctuations, souvent très-rapides, de la température, puisque le tbermomètre variait quelquefois de G à 8 degrés eu quelques heures, on ne tarde pas à s’apercevoir qu’elles sont ducs principalement aux changements survenus dans la direction du vent, dont la chaleur n’est pas la même, suivant les contrées d’où il souffle. A Paris, en hiver, c’est en général par le vent de nord-est qu’il

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fuit le plus froid, tandis que l'ouest et le sud-ouest amènent le dégel. Cela provient de ce que le nord-est, avant d’arriver jusqu’à nous, s’est refroidi en passant sur les déserts glacés de la Sibérie et les plaines couvertes de neige de la Russie et de rAllemague septentrionale. Le sud-ouest, au contraire, originaire de régions voisines de l’équateur, souffle en balayant sur l’Atlantique les chaudes vapeurs du Gulfstreain.

A Bossekop, le vent le plus froid était celui du sud-est, le plus chaud celui du sud-ouest, et les vents intermédiaires venaient SC ranger, sous ce rapport, dans l’ordre suivant : est, nord-est, nord, nord-ouest, ouest. La disposition des mers et des continents autour du cap Nord et la température de l'Océan, qui est beaucoup plus élevée que celle de la terre, pendant l’hiver, expliquent ces anomalies. Le vent de mer, le sud-ouest, est le plus chaud, à Bossekop comme à Paris; mais les terres glacées, au

lieu d’étre dans le nord-est, se trouvent au sud-est, sur le plateau de la Laponie. Celte influence de la terre est si grande, que le vent du nord, qui souffle direcjtemenl de la mer Glaciale, est plus chaud que celui du sud, qui arrive de l’intérieur de la presqu'île Scandinave. •

On sait que la chaleur n’est pas la même aux différentes heures du jour et de la nuit : c’est ce qu’on nomme la variation diurne de la température. les plaines du nos climats,

on observe la marche suivante. Avant le lever du soleil, l’air est plus froid qu’à aucun autre moment de la journéé ; vers neuf heures du malin, sa température est égale à la moyenne du jour; puis elle continue à croître jusque vers trois heures de l’après-midi, époque à laquelle elle atteint son degré le plus élevé. A ]iartir de ce moment, elle décroît sans cesse, revient à la moyenne entre huit et neuf heures du soir, et atteint de nouveau son mi/iimutn avant le lever da soleil. On comprend aisément que ces variations soient un efl'el de la marche diurne du soleil, qui échauil'e de plus en plus la terre, à mesure qu’il

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