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depuis longtemps, que les couronnes qui accompagnent les belles aurores boréales se trouvent toujours dans la région du ciel où irait aboutir l’aiguille d’inclinaison suflisammcnt prolongée. Cette dépendance étroite entre la direction de l’aiguille et la position de la couronne sur la voûte céleste montre la connexion intime qui rattache les aurores boréales aux perturbations du magnétisme terrestre.
L’aiguille, librement suspendue par son centre, obéit à deux forces, l’une horizontale, l’autre verticale. Pour mesurer les variations de ces deux forces, il faut deux appareils dilférents; ils furent observés avec persévérance. On constata que l’intensité de la force horizontale augmente lorsque l’aurore va paraître; ensuite elle diminue, et, lorsque celle-ci arrive au zénith, elle est moindre qu’avant l’apparition de l’aurore. Quant à l’intensité verticale, clic est plus faible pendant les aurores boréales.
Quelle est la liaison qui cîtiste entre ce phénomène et les forces qui déterminent la position de l’aiguille aimantée? C’est là un des plus grands problèmes de la physique moderne, et sa solution conduirait probablement à la connaissance de la nature intime de ces forces mystérieuses, et de l’aurore boréale ellemême. Félicitons, en attendant, nos compatriotes et leurs collègues d’avoir avancé la solution de la question en étudiant simultanément l’action des aurores boréales sur tous les appareils magnétiques connus à l’époque on ils ont observé.
MESURES CÉPHALOMÉTBIOUES.
La nature inanimée a été le principal, mais non le seul objet des études de la commission du Xord. Le Finmark est le rendez-vous commun de trois races distinctes : les Norvégiens, les Finlandais et les Lapons. Ces races dilfèrcnt par rintelligence, la langue, la physionomie, la taille, les mœurs et le costume.
CH. MARTISS. Il
162 UN HIVEHNAtiK SC I ENTIKI 0 l'E EN LAl'OME.
Jadis on se ffit contenté de ces caractères distinctils; mais depuis que toutes les sciences tendent de plus en plus vers l’exactitude, les descriptions pittoresques ne suffisent plus. La tète étant le siège des organes des sens et de l’intelligence, sa forme est d’une grande importance pour caractériser les races liumaines, et tous les voyageurs ont coutume de rapporter quelques crânes des pays qu’ils ont visités. Kn dehors des difficultés physiques et des inconvénients moraux qui entravent ce genre de collection, il était matériellement impossible d’y songer dans le Finmark. On n’aurait pu reconnaître dans un cimetière les tètes des trois races qui s’y trouvent confondues. D’ailleurs l’utilité de ces collections est moins réelle qu’on ne le croit généralement. En effet, on rapporte deux ou trois crânes qu’on regarde comme des tyiies, tandis qu’ils peuvent fort bien être complètement exceptionmds. Or, que dirait-on d’un voyageur qui priiseiiterait le v.istc crâne de Cuvier ou la petite tète de certains idiots comme étant le type crâniologique de notre pays ?
Lu crâne type, en ethnologie, c’est celui qui i>rèsente une forme et des dimensions moyennes également éloignées des extrêmes de grandeur et de petitesse. Mais comment reconnaître ce crâne moyen ? Rien ne l’indiquera; car on ignore précistv ment quelles sont ces dimensions moytmnes qu’il est essentiel de connaître. Si l’on pouvait mesurer les diamètres de la tète sur des hommes vivants, toutes l(;s difficultés seraient levées à la fois. Le céphalomèire du docteur Anihelme jtermet de le fa'n’e. C’est un instrument composé de deux cercles de cuivre, l’un fixe, qui entoure 1a tète, l’autre iu(d)ile, qui se meut d’avant en arrière. Cet instrument, fondé sur le principe des coordonnées polaires des géomètres, donne la distance du centre du crâne à tous les points de sa périphérie. Ce centre se trouve au milieu de la ligne droite qui joint les deux trous auditifs. Après avoir mesuré le cràne^ d’un individu avec ce céj)halomètrc , on peut reproduire exactement sa forme el sa grandeur avec le
MESURES CÉPHALOMÈTRIQUFS. 183
plâtre ou l'argile. Mais tant de soins ne sont pas nécessaires : il sufiU de mesurer la distance d’une vingtaine de points de la périphérie du crâne à son centre,' sur une courbure qui, parlant de la racine du nez, vienne aboutir au milieu de la nuque. On obtient ainsi la coupe du crâne par un plan vertical qui séparerait la tête en deux moitiés symétriques, l’une gauche et l’autre droite. Gette coupe antéro-postérieure caractérisera parfaitement la forme de l’ensemble. On complète, si l’on veut, cette mesure médiane par des mesures latérales, correspondantes à des coupes transversjdes allant d’une oreille d’autre, et qui sépareront la tête en deux parties non symétriques, l’une postérieure et l’autre antérieure. C'est ainsi que nous avons opéré. Bravais et moi, sur cent quarante individus, qui se prêtaient volontiers à cette opération. Le tout était de décider le premier ; ensuite les autres venaient en foule, attirés par l’atlrait d!une l^ible récompense.
Ces mensurations faites sur un grand nombre de têtes appartenant â une même nation permettent de prendre 1a longueur moyenne de chacun des rayons qui, du centre du crâne, viennent aboutir à la périphérie; puis, avec tous ces rayons moyens, on construit une tête fictive qui sera réellement le type de 1a race, puisqu’elle offre les dimensions moyennes du crâne qui la caractérise. Il est possible, il est probable même que nul individu en particulier ne possède le crâne moyen de sa race ou de sa nation : ce crâne moyen est idéal ; mais il n’en représente pas moins le type cérébral de la nation ou de la race. Ces résultats numériques pourront remplacer désormais l’étude de crânes isolés, dont les formes et les dimensions sont nécessairement individuelles, et ne permettent point de s’élever à des considérations générales sur la configuration de la tête dans les différentes variétés de l’espèce humaine.
101 l'N HIVr.HN AGF. SCI F.XTI l-iy l' K EN LAI’OME.
CON’CI.ISIOSS ET ESFÉRANXES.
Tel est le résumé fort incomplet et fort abrégé des travaux exécutés, dans l’espace de huit mois, par MM. Lotlin, Bravais, LilliehUok et Siljestroem. Le 18 avril 1839, MM. Lottin et Lillieliüok reprirent le chemin de Stockholm, et traversèrent en traîneau le plateau de la Laponie. .M. Siljestroem partit plus tard, et parcourut les Alpes norvégiennes, depuis Bossekop jusqu’à . Christiania. Bravais resta pour continuer la série météorologique, et achever l’étude des lignes d’ancien niveau de la mer. Knfin. dans les premiers jours de septembre, il quitta Bossekop à son tour, pour revenir en France avec les membres do la commission que la /Iccherche avait ramenés une seconde fois dans le Nord.
Les deux voyages de la corvette, et l liiveniage qui les a séparés, sont le premier essai d’une expédition scientifique oii l’on a longuement s*!journé dans un pays pour l'étudier sous tous les points de vue. C’est au public scientifique à juger si ces campagnes sont préférables à celles oii l’on touche à un grand nombre de points sans s’arrêter longtemps dans chaque relâche. En y réfléchissant, on trouvera .sans doute que les avantages se compensent, et que chaque genre de voyage profile aux diverses branches des connaissances humaines d'une manière diflérenle. On doit donc louer sans réserve le roi Louis-Philippe, que des souvenirs de jeunesse disposaient d’ailleurs à encourager une expédition dans le nord de l’Europe ; approuver hautement le ministre de la marine qui l’a ordonnée, et féliciter M. Gainiard, président de la commission, dont les démarches actives et persévérantes ont assuré la réalisation des volontés ministérielles. Grâce à eux, la France est entrée la première dans une voie où l’.\nglelerre n’a pas tardé à la suivre, en ordonnant l’expédition du capitaine James Ross, et la fondation de nombreux oh>er-
Conçu sioNs et e.''PERances.